Nl

TECH

De la nécessité d'un mouvement #BELGIANTECH par Benoît De Nayer (ATMOS)

Jeudi 5 Février 2026

De la nécessité d'un mouvement #BELGIANTECH par Benoît De Nayer (ATMOS)

Un écosystème tech dynamique, mais bridé

Je consacre une part importante de mon activité à accompagner des jeunes pousses des deux côtés de la frontière linguistique. Récemment, j'ai côtoyé plusieurs entreprises qui illustrent l'extraordinaire dynamisme du secteur TECH belge : Amoobi, Leexi, Crossuite, Conneqtr, Gowlz, j'en passe et des meilleures.

Toutes ces entreprises sont confrontées au même type de problème : arrivées au seuil fatidique de deux ou trois millions de revenus annuels, leur marché local s'épuise. Toutes font alors le même constat : il faut se tourner vers les marchés internationaux pour croître, mais ça ne s'improvise pas, et le moins que l'on puisse dire, c’est qu'elles ne sont pas aidées par la complexité institutionnelle de notre pays pour assurer la visibilité en dehors de nos frontières.

Un enjeu de souveraineté économique

C'est d'autant plus crucial en ces temps troublés, où l'on prend conscience des risques que fait peser sur l'économie européenne l'hégémonie technologique américaine et chinoise. Il est plus important que jamais de faire émerger des acteurs solides, enracinés dans notre tissu économique. Trop souvent, les entreprises wallonnes et flamandes ne parviennent pas à croître suffisamment pour affronter la concurrence mondiale et se font absorber par des acteurs extra-européens.

Des initiatives locales insuffisantes

Or, si les initiatives locales visant à accompagner les startups dans leur développement pullulent - certaines avec un véritable succès, telles le Wintercircus de Gand -, leur impact reste très limité au niveau international. Soyons de bon compte : personne n'a grand-chose à faire du niveau régional belge.

Bref, notre écosystème est inexistant sur la mappemonde de la TECH.

À contrario, La French Tech a acquis, depuis plusieurs années, une renommée mondiale. De même, aux Pays-Bas, Techleap a mis la TECH néerlandaise sur le devant de la scène. Ce qui est intéressant, ces initiatives combinant le public et le privé. Dans ces pays, les gouvernants ont bien compris que l'initiative privée seule ne pouvait pas aboutir à une réelle fédération des efforts.

Il me semble que ces exemples devraient inspirer la réflexion de nos politiques. Sans revoir fondamentalement les mécanismes de répartition des compétences dans notre pays, il y a la place pour plus de collaboration pour faire advenir une vraie plateforme mettant en avant notre technologie et nos entreprises sur la scène mondiale.

Archive / TECH