Nl

TRAINING&BOOKS

The Future 100 : 2026, année "dysoptimiste"

Dimanche 1 Février 2026

The Future 100 : 2026, année

L’édition 2026 du rapport "The Future 100" de VML Intelligence (près de 300 pages !) s’ouvre sur un paradoxe assumé. Le monde entre dans une période qualifiée de "dysoptimiste" : une vision de l’avenir qui reconnaît la gravité des crises - climatiques, sociales, technologiques - sans pour autant céder au fatalisme. Au contraire. Dans ce contexte instable, la créativité, l’ingéniosité et la résilience deviennent des réponses actives à l’entropie ambiante.
 
Designers, marques, créateurs et consommateurs ne cherchent plus à fuir la réalité, comme ce fut le cas dans les années post-pandémie. Ils cherchent à la transformer. C’est ce mouvement profond - "métamorphique" - qui irrigue les 100 tendances du rapport, réparties sur 10 secteurs, de la culture à l’innovation, en passant par le marketing, le luxe, la food ou la technologie.
 
De l’entropie à la régénération
 
La notion d’entropie résume assez bien l’état d’esprit de 2026. Là où la dégradation, la pénurie ou le chaos semblaient autrefois synonymes d’échec, ils deviennent aujourd’hui des points de départ créatifs. Dans la mode, l’architecture ou le design, la rupture, l’usure et l’imperfection sont revalorisées comme signes de renouveau.
 
Cette logique s’étend aux villes elles-mêmes. Des projets de villes modulaires, circulaires ou "rewildées" cherchent à réparer plutôt qu’à dominer les écosystèmes. À Amsterdam, Singapour ou Barranquilla, la nature est intégrée à l’infrastructure urbaine pour améliorer la santé, la qualité de l’air et le lien social. La ville du futur n’est plus seulement intelligente : elle est adaptative et vivante.
 
Réalités hybrides : quand le vrai et le faux se confondent
 
L’un des grands axes du rapport concerne la dissolution progressive des frontières entre réel et virtuel. Dans ce monde d'hyperréalité, le contenu généré par IA, les univers narratifs adaptatifs et les identités numériques deviennent aussi significatifs que leurs équivalents physiques.
 
Pour la génération Z et plus encore pour la génération Beta à venir, cette hybridation est naturelle. Près de 70% des Gen Z déclarent aimer l’idée de s’évader dans des réalités alternatives via la technologie, et près d’un sur deux affirme entretenir une relation émotionnelle significative avec une IA.
 
Mais paradoxalement, plus la technologie progresse, plus le besoin de connexion humaine s’intensifie. 80% des consommateurs préfèrent toujours parler à un humain lorsqu’ils achètent, et 87% valorisent les expériences qui favorisent le lien. Les marques doivent naviguer entre ces deux pôles : puissance technologique et chaleur humaine.
 
L’économie de la transformation
 
C'est sans doute la tendance la plus structurante du rapport : celle des "expériences transformatives". 88% des consommateurs souhaitent des expériences porteuses de sens, et 87% affirment que les meilleures expériences sont celles qui les transforment durablement.
 
Cette évolution marque le passage de l’économie de l’expérience à ce que Joseph Pine appelle l’économie de la transformation. Dans ce modèle, la valeur ne réside plus dans le service ou le produit, mais dans le résultat : une meilleure santé, une nouvelle compétence, un changement de perspective.
 
Dans l’univers du marketing, le rapport met en lumière un rééquilibrage du pouvoir. Les créateurs ne sont plus de simples relais d’influence : ils deviennent des médias, des investisseurs, voire des co-propriétaires de marques. Le marché de la "creator economy" pourrait atteindre $480 milliards d’ici 2027.
 
En parallèle, les marques expérimentent des modèles plus ouverts, donnant naissance aux "brand democracies" : co-création produit, décisions partagées avec les communautés… Les frontières entre marque, client et collaborateur s’estompent. Dans un monde de défiance généralisée, l’authenticité et la participation deviennent des leviers de confiance.
 
Au-delà de la diversité des tendances, le rapport de VML porte un message clair : la technologie seule ne sauvera pas le futur. Ce sont les usages, les valeurs et les choix humains qui détermineront si les sociétés de demain seront résilientes ou fragiles.
 
Les marques ont un rôle à jouer, non comme simples vendeurs de produits, mais comme guides, architectes d’expériences et acteurs culturels. Celles qui sauront aider les individus à naviguer l’incertitude, à se transformer et à se reconnecter créeront non seulement de la valeur économique, mais aussi du sens.
 
« Cette année est celle où il faut renforcer notre résilience, non seulement pour tenir bon, mais aussi pour créer un espace où imaginer ce qui va suivre. Pour beaucoup, c'est une transformation, avec de nouvelles réalités qui seront source d'évasion et de réconfort », concluent Emma Chiu et Marie Stafford, Global Directors de VML Intelligence.
 
The Future 100 est disponible ici.

Archive / TRAINING&BOOKS