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Le plus grand risque de l'IA, ce n'est pas de perdre mon job. C'est l'effondrement de mes capacités cognitives, par Rob Hill (CEO, Ogilvy Social.Lab)

Vendredi 19 Décembre 2025

Le plus grand risque de l'IA, ce n'est pas de perdre mon job. C'est l'effondrement de mes capacités cognitives, par Rob Hill (CEO, Ogilvy Social.Lab)

Il est sans doute un peu tôt pour les bonnes résolutions, mais en 2026, je veux utiliser l’IA de manière plus réfléchie.

L'IA représente un changement sismique dans notre façon de travailler. Un vrai changement de paradigme. Mais c’est aussi une menace existentielle, non pas parce qu'elle va "me remplacer", mais parce que, si je n’y prends pas garde, elle peut remplacer "ma lutte". Et c'est dans cette lutte que naissent la compréhension, le goût, l’intuition et la pensée originale. C’est là que se résolvent les tensions et que les vraies décisions se prennent.

Et je dois l’admettre : je vois déjà les signaux d’alerte dans mon propre travail…

Je peux produire des choses qui ont l’air solides, mais qui sonnent creux.
Je peux aller plus vite, mais penser moins.
Je peux commencer à ressembler à tout le monde.

Quand j’utilise l’IA pour éviter les difficultés - formuler le problème, affronter la nuance, exercer mon jugement, faire ce saut d’imagination -, je ne me contente pas de risquer un résultat médiocre. Je m’habitue à ne plus me forger d’opinion.

J’en suis coupable. C’est séduisant. C’est magique. Et ça commence à m’engourdir.

Alors voici mon "reset", une résolution préventive pour les mois à venir :

1. Commencer par l'humain, puis utiliser l'IA

Je ne veux plus débuter par des prompts. Je veux commencer par une intention : une tension, une conviction, un point de vue, une question qui dérange. Je me servirai de l’IA pour élargir le champ des possibles, pas pour fabriquer des certitudes.

2.  Faire du "sens" mon vrai métier

L’IA peut générer, redimensionner, traduire, résumer, tester. Mais je suis responsable du sens : compréhension, insight, goût, subtilité, tension. C’est moi qui décide ce qui mérite d’être dit, et pourquoi.

3. Concevoir le transfert de manière intentionnelle

"Humain + IA" n’est pas automatiquement mieux. À l’avenir, je veux être beaucoup plus clair sur quand faire confiance au modèle, quand le contourner, et sur quels critères je base mes décisions.

4. Protéger ce qui m'est propre

L'empathie. Le jugement. L'imagination. Les conseils. Ce ne sont pas des soft skills. Ce sont mes remparts. Mon avantage réside dans ma façon de penser et de ressentir les choses, et l'IA devrait amplifier cela, et non l'éroder.

Si je n’y prends pas garde, l’IA ne me rendra pas plus efficace, elle me rendra interchangeable.

Je ne veux pas être celui qui maîtrise le mieux l'IA.

Je veux être celui qui l'utilise sciemment pour continuer à apprendre.

Ce n'est qu'une réflexion...

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