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Droits voisins : le ligne de front s'est déplacée, par Fred Bouchar (MM)

Samedi 18 Novembre 2023

Droits voisins : le ligne de front s'est déplacée, par Fred Bouchar (MM)

C’est un sujet finalement assez peu évoqué. « Les société d’IA doivent respecter et rémunérer les droits voisins des éditeurs de presse », déclarait récemment Thierry Hugot dans une interview publiée sur le site de We Media. Le CCO-CMO de Rossel est l’un de ceux qui ont porté le fer contre Google dans ces matières. Aujourd’hui, il ouvre un deuxième front. 
 
« Chez Rossel, tout comme chez d’autre éditeurs européens, nous avons décidé de bloquer le contenu de nos titres pour les robots de l’IA (…) Ce genre d’outils se sert de nos contenus sans citer de sources et ils le réécrivent, souvent de manière inappropriée parce qu’ils n’ont pas la finesse d’un journaliste. En outre, nous ne sommes pas payés pour. »
 
Ce que reconnait d’ailleurs la créature d’OpenAI : « Oui, certains sites web et éditeurs peuvent utiliser des techniques pour restreindre l'accès des robots d'indexation ou des algorithmes d'entraînement, y compris ceux utilisés pour entraîner des modèles comme GPT. Ces techniques peuvent inclure le fichier robots.txt, qui indique aux robots d'indexation les parties du site qu'ils sont autorisés ou non à explorer. »
 
« L'accès à certaines sources peut être limité pour diverses raisons, notamment des considérations liées aux droits d'auteur, à la protection des données, ou simplement à la politique de l'éditeur concernant l'accès automatisé à leurs contenus en ligne », poursuit l’IA. « Cela signifie que, même si GPT a été entraîné sur une grande diversité de données, il peut y avoir des lacunes dans les types spécifiques de sources auxquelles il a eu accès. »
 
Depuis la mise en place de GPTBot en août dernier, de nombreux médias ont en effet pris l’initiative de restreindre l’accès au robot d’indexation, et ils ne sont pas les seuls : selon Originality.ai, plus du tiers des 100 sites web les plus visités bloquent également ce bot. 
 
Thierry Hugot : « Nous plaidons au niveau européen pour que les sociétés d’IA comme OpenAI soient forcées à être transparentes sur les sources utilisées. Ensuite, nous voulons être rémunérés pour nos droits voisins, et ce, de la même manière que Google nous rémunère aujourd’hui. » 
 
Pour le coup, c’est Microsoft qui est dans le viseur des éditeurs. Principal bailleur de fonds d’Open AI, elle intègre plusieurs de ses outils dans son moteur de recherche Bing. « Par le passé, nous avons longtemps lutté contre Google, mais nous ne pouvons accepter que Microsoft, qui n’a jamais consenti à rémunérer nos droits voisins, puisse utiliser ChatGPT pour voler notre contenu », ajoute celui qui est également président du département digital de We Media.

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