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Mark Daemen (Neverwhere.ai): "Notre objectif est de démocratiser les données"

Jeudi 19 Février 2026

Mark Daemen (Neverwhere.ai):

Le mois dernier, après une longue carrière dans les médias, notamment chez Corelio/Mediahuis et Roularta, Mark Daemen a annoncé qu’il rejoignait Neverwhere.ai en tant que Business Developer.

Basée à Gand, cette start-up a récemment lancé une app intuitive permettant d’obtenir des data-insights en temps réel. Nous avons rencontré Mark Daemen pour en savoir un peu plus sur les ambitions de son nouvel employeur.

Quelles sont exactement les activités de Neverwhere.ai ? En quoi votre offre se distingue-t-elle des autres outils et systèmes ?

Commençons par la raison d’être de notre start-up. En fait, celle-ci n’est pas purement technologique. Nous vendons certes une solution technique, mais notre véritable objectif est de démocratiser les données. Neverwhere.ai souhaite que celles-ci soient plus facilement et plus rapidement disponibles, plus utiles et accessibles au plus grand nombre de collaborateurs d’une organisation. Tout le monde n’a pas besoin de voir toutes les données disponibles, mais seulement celles qui sont nécessaires pour bien effectuer son travail.

De nos jours, on constate que, pour exploiter leurs données, les entreprises utilisent des outils comme Microsoft Power BI. C’est un formidable outil, mais son utilisation nécessite une expertise considérable. Si vous n’êtes pas spécialiste, vous devez faire appel à quelqu’un qui sache écrire ou créer des rapports en SQL. Et attendre. Parfois quelques minutes, souvent plusieurs heures, généralement plusieurs jours. Et pendant ce temps, votre question, qui nécessite pourtant une réponse immédiate, reste en suspens. Ce qui génère de la frustration et ralentit la prise de décision.

Neverwhere.ai permet d’avoir accès aux données grâce à un agent qui interroge votre base de données. Vous pouvez ainsi extraire tout ce qui s’y trouve de manière rapide et claire, selon vos préférences. Fini, les rapports standardisés : chacun peut composer sa propre vision mais aussi la partager avec ses collègues. Les entreprises peuvent ainsi mieux répondre à la diversité de leurs équipes.

Quel marché visez-vous ?

Nous travaillons principalement pour des entreprises de taille moyenne, de tous les secteurs, aussi celui du marcom et des médias. Ainsi, Sylvester Productions est venue chez nous pour mieux comprendre leur data et afin d’améliorer leur gestion de projets. Nous avons travaillé avec Teamleader Orbit, pour qu’ils puissent mieux comprendre et suivre les projets effectués, mais aussi mieux évaluer les projets à venir.

Géographiquement, nous sommes actifs sur les marchés belge et néerlandais ; ce dernier est peut-être un peu plus mature, mais l’urgence s’accroît en Belgique, car les entreprises semblent avoir davantage besoin de mieux comprendre leurs chiffres. Nous investissons aussi en Belgique francophone. L’outil étant neutre sur le plan linguistique, il peut techniquement fonctionner dans toutes les langues.

Quelle est la position de Neverwhere.ai par rapport à ses concurrents ?

Actuellement, toutes les grandes plateformes telles que Copilot ou Anthropic se développent sur le marché des entreprises. Cela ne nous effraie pas, car nous utilisons les LLM disponibles sur le marché pour nous concentrer sur un use case spécifique parmi les possibilités qu’ils offrent. En d’autres termes, nous nous occupons uniquement de l’analyse des données business. Nous sommes très proches des clients à qui nous apprenons comment entraîner leurs données. Ce training et cet input humain sont déterminants pour la qualité du résultat et le bon fonctionnement ultérieur du système.

Dans quelle mesure les données utilisées par l’outil sont-elles protégées ?

C’est évidemment crucial. Nous ne stockons aucune donnée d’entreprise dans des Large Language Models. Notre tâche consiste à traduire les questions en langage naturel vers SQL, les données restant dans la base de données propre au client. Il n’y a aucune fuite vers le LLM lui-même.

Neverwhere.ai est basé sur un modèle SaaS. Pourquoi une entreprise devrait-elle faire ce choix ?

Parce qu’il s’agit avant tout de maintenance. Et parce que c’est rapide et accessible. La mise en œuvre de notre outil prend quelques semaines, pas des mois, et une entreprise peut déjà l’utiliser pour moins de 10.000 euros. Nous nous occupons de la maintenance, des mises à jour et de la connectivité avec les sources de données.

Vous venez du secteur des médias. Qu’en retenez-vous ?

Probablement la rapidité et la flexibilité dont doivent faire preuve ses acteurs. Au vu des nombreuses et rapides évolutions que le secteur a connues ces derniers temps, un spécialiste des médias a l’habitude de la disruption : il a appris à gérer le changement, la technologie et la dynamique internationale.

D’autre part, j’enrichis aussi mon nouveau job d’une certaine connaissance du marketing et du storytelling. Ce qui m’est très utile : ce ne sont pas simplement des logiciels que nous vendons, mais bien l’objectif de démocratiser les données afin qu’elles soient accessibles à tous au sein d’une organisation. C’est un discours que les entreprises comprennent très bien aujourd’hui.

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