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Fusion IPM-Rossel : les régulateurs européens se saisissent du dossier

Vendredi 22 Mai 2026

Fusion IPM-Rossel : les régulateurs européens se saisissent du dossier

Le projet de fusion entre IPM et Rossel prend désormais une dimension européenne. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé que le Media Board européen, qui rassemble les régulateurs audiovisuels des États membres de l’UE, allait examiner l’opération au regard du règlement européen sur la liberté des médias (EMFA). Cette procédure vise à évaluer l’impact potentiel de la concentration sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale.
 
Le CSA indique avoir parallèlement remis une nouvelle contribution à l’Autorité belge de la concurrence (ABC), chargée d’analyser l’opération sous l’angle du droit de la concurrence. Le régulateur belge avait déjà transmis une première analyse en août 2025, mettant en avant plusieurs points d’attention concernant le pluralisme de l’information dans le paysage médiatique francophone.
 
Le projet de concentration par absorption d’IPM par Rossel a été officiellement notifié à l’ABC le 13 avril dernier. L’autorité doit désormais déterminer si l’opération est susceptible d’entraver la concurrence effective sur les marchés concernés, notamment en renforçant une position dominante. Dans ce cadre, les groupes peuvent proposer des engagements destinés à limiter les effets négatifs de la fusion.
 
Selon le CSA, les éventuels remèdes ne devraient pas se limiter au secteur de la presse écrite. En raison des activités audiovisuelles des deux groupes et des effets "cross-médias" attendus, le régulateur estime que les mesures de protection du pluralisme devraient également concerner les activités radio et télévision.
 
Le CSA rappelle que le règlement européen EMFA prévoit un mécanisme spécifique d’évaluation des concentrations médiatiques, distinct du contrôle classique de la concurrence. Depuis l’entrée en vigueur d’un décret adopté en avril 2026, le CSA est officiellement désigné comme autorité compétente en Fédération Wallonie-Bruxelles pour mener ce type d’analyse. Toutefois, les modalités concrètes d’application doivent encore être précisées par le gouvernement et par un accord de coopération avec les autres autorités belges concernées.
 
Dans l’attente de ce cadre juridique complet, le Media Board européen peut intervenir directement et rendre un avis consultatif sur l’opération. Le CSA souligne enfin que les institutions européennes ont déjà pointé par le passé le niveau élevé de concentration des médias en Belgique et appelle les parties prenantes à préserver un haut niveau de pluralisme dans le paysage médiatique francophone.

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