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Inku : la marque d'abord, la production ensuite

Jeudi 16 Avril 2026

Inku : la marque d'abord, la production ensuite

L’intelligence artificielle s’impose à tous les niveaux de la chaîne de valeur du marketing et c’est particulièrement vrai pour la production d’assets digitaux.

De nombreux outils existent, promettant vitesse de production et volume mais sans toujours respecter l’identité et la charte graphique des marques. C’est précisément à cette problématique que s’attaque Inku. La startup louvaniste propose un outil de production génétiquement construit pour tenir compte des attributs des marques.

Pour mieux comprendre cette proposition, nous avons rencontré Gus Vanherf, cofondateur d’Inku.

Pour commencer, d’où vient ce nom, Inku ?

Inku signifie "encre" en japonais. Ce nom symbolise notre ambition de permettre aux entreprises de produire leurs contenus elles-mêmes, avec leur propre encre, leurs propres codes visuels et sans dilution de leur identité.

Ce positionnement "brand first" est né d’un constat de terrain. Avant de fonder Inku, nous avions créé Inect, une agence spécialisée en intelligence artificielle qui développait des solutions sur mesure pour des entreprises confrontées à l’émergence des outils génératifs. Très vite, un paradoxe nous a sauté aux yeux : les entreprises voulaient aller vite, produire plus mais refusaient de perdre le contrôle de leur marque.

Tous les clients nous disaient la même chose : oui à l’IA, mais pas au détriment de la marque. Ils voulaient du volume, mais surtout le respect de l’ADN de leurs marques.

C’est là que nous avons compris qu’il fallait aller plus loin que la simple génération de contenu. Il fallait construire un système où la marque est centrale, et à partir duquel on peut créer tout type de contenu.
Comment Inku répond à cette ambition ?

D’abord en faisant le constat que la production marketing est fragmentée. Les équipes utilisent une multitude d’outils, testent des solutions d’IA en parallèle, multiplient les itérations au risque de perdre toute cohérence. Résultat, une explosion des contenus, mais une dilution progressive de l’identité de la marque.

Inku s’attaque à ce problème en amont, en développant ce que nous appelons une "brand engine". Concrètement, il s’agit d’un framework développé pour ingérer l’ensemble des assets d’une marque - guidelines, visuels, produits, codes graphiques, etc. - et en extraire une logique cohérente, exploitable par l’IA.

On ne se contente pas d’y appliquer des règles. On recrée les relations entre les éléments d’une marque pour en capter l’essence. La plupart des entreprises disposent de guidelines incomplètes, souvent implicites, parfois même uniquement présentes dans la tête des équipes. Notre objectif est en quelque sorte de formaliser l’informel, ce qui reste un processus itératif ; la brand engine s’améliore avec l’usage et intègre des nuances. Les marques évoluent, la brand engine aussi.

Comment fonctionne la plateforme ?

Le processus démarre par la constitution de cette "brand engine". Ensuite, l’utilisateur accède à la plateforme de création centralisée grâce à laquelle il peut générer des visuels, des vidéos, des formats publicitaires ou du contenu social sans se soucier des aspects techniques. C’est une des particularités de notre proposition : le système choisit lui-même les modèles d’IA les plus pertinents, orchestre leur utilisation et garantit un résultat conforme à l’identité de la marque. L’utilisateur ne doit plus penser en termes d’outils mais en termes de création.

Notre approche tranche avec celle des plateformes classiques, souvent centrées sur la production type Canva ou Adobe, qui tentent ensuite d’y intégrer des guidelines. Inku prend le problème à l’envers : la marque d’abord, la production ensuite.

Quelles sont vos cibles privilégiées ?

Notre technologie peut théoriquement convenir à tout type d’organisation, mais nous ciblons en priorité des entreprises pour lesquelles la marque constitue un actif stratégique. Il s’agit généralement de grandes entreprises, en croissance, actives sur plusieurs marchés et confrontées à un besoin massif de contenus mais aussi à des problématiques de cohérence entre équipes, régions ou canaux. Pour résumer, je dirais que plus une marque est forte, plus notre solution est pertinente.

Géographiquement, nous travaillons le marché belge avec déjà des activités en Allemagne. Notre objectif est de nous déployer en Europe - Pays-Bas, France, Royaume-Unis, Nordics -, avant de penser aux USA. Depuis notre lancement il y a moins d'un an, nous collaborons déjà avec une vingtaine de clients

Quel est votre positionnement par rapports aux agences créatives ?

La question est évidemment sensible. L’automatisation de la production remet mécaniquement en cause une partie de leur modèle économique de ces agences, par ailleurs elles-mêmes actives sur les outils de production automatisés.

Inku ne se positionne pas frontalement contre elles, mais nous accompagnons une transformation déjà en cours vers un modèle hybride où la stratégie et la créativité restent humaines, mais l’exécution largement automatisée. Certaines entreprises choisissent de reprendre le contrôle en interne, d’autres préfèrent collaborer avec leurs agences en s’appuyant sur notre plateforme.

Quelles sont vos prochaines étapes de développement ?

Nous travaillons à élargir notre périmètre en intégrant des données de performance, de tendances de marché ou encore des insights consommateurs. L’ambition est de connecter la data, la créativité et la marque dans une boucle continue pour transformer notre plateforme en véritable cockpit marketing, capable non seulement de produire, mais aussi de recommander. 

Inku s’inscrit dans cette tendance du marketing industrialisé, piloté par la donnée et amplifié par l’IA, mais en se concentrant sur la singularité de chaque marque. Sa promesse est claire, permettre aux entreprises de produire plus, plus vite sans jamais perdre leur "encre".

Photos © Jelle Jansegers

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