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Seen from Space: en voiture, l'audio à la carte progresse à vitesse limitée

Dimanche 14 Juin 2026

Seen from Space: en voiture, l'audio à la carte progresse à vitesse limitée

Tout récemment, les acteurs de la radio se sont inquiétés d’une tendance évidemment défavorable pour eux : les constructeurs automobiles auraient tendance à "oublier" d’équiper les nouveaux véhicules d’un récepteur radio. L’argument : de plus en plus connectées, les voitures qui sortent aujourd’hui des chaînes de montage n’ont plus besoin d’une radio pour faire entrer le vaste monde dans leur habitacle. Il est vrai aussi que les messages publicitaires de l’industrie auto évoquent fréquemment Apple Car Play ou Android Auto, et pas vraiment les récepteurs DAB dont l’Europe prescrit l’installation comme autoradios depuis 2021. 

Contrairement à certaines idées reçues, l’écoute radio en voiture n’est pas le comportement le plus courant pour l’écoute radio en général. La part la plus importante de cette écoute se déroule en effet dans le foyer, même parmi des populations actives et supposément mobiles. L’écoute radio en voiture, c’est 13-14% du temps total d’écoute de la radio selon les dernières données CIM AudioTime disponibles.
Ces données décrivent aussi l’ensemble des comportements d’écoute en voiture - pas seulement la radio donc - tels que déclarés par les répondants de l’étude, des individus âgés entre 12 et 74 ans et interrogés en ligne chaque automne depuis 2021. AudioTime nous enseigne aussi que la radio "live" reste majoritaire parmi les comportements d’écoute en voiture. Bon an mal an, la durée de ces usages reste assez stable. Mais on constate aussi une tendance encore modeste à la diversification des comportements. Il y a bien sûr le basculement  progressif de la réception analogique FM au profit du DAB. Mais, données mobiles aidant, certains comportements d’écoute digitaux commencent à se faufiler doucement dans la palette des usages : on parle ici aussi des parts limitées dévolues aux podcasts ou aux différés radio, en passant par la musique détenue en propre. 

Au fil des cinq ans de données AudioTime, le cumul de ces usages tend à écarter lentement la courbe de l’audience radio live de celle de l’ensemble des modes de consommation audio en voiture. Ici aussi, l’utilisation à la carte des médias s’insinue dans les comportements, même si c’est à vitesse limitée. On peut donc comprendre la crainte pour les flux linéaires de la radio, a priori plus faciles à consommer avec un appareil ad hoc, directement disponible dans l’habitacle d’une voiture. Bref, la disponibilité physique n’est pas un détail . Ceci étant, un simple smartphone et une connexion mobile correcte permettent toujours de suivre des programmes radio, y compris "live". Le défi alors est la disponibilité mentale chère à Byron Sharp et ses disciples. C’est là-dessus aussi que devraient jouer les professionnels de la radio.

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