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Seen from Space - Digital News Report 2026 : des indicateurs au plancher

Dimanche 21 Juin 2026

Seen from Space - Digital News Report 2026 : des indicateurs au plancher

Basé sur une enquête YouGov réalisée en ligne dans 48 pays, dont la Belgique, le Digital News Report (DNR) de l’Institut Reuters confirme d’année en année son statut d’étude de référence par rapport à pas mal de sujets : consommation des médias en général et de l’information en particulier, attitudes par rapport aux médias d’information, analyse de tendances nouvelles, etc. : la palette est large. 

Les échantillons belges de plus de 2.000 répondants annuels (2.039 pour l’année 2026) garantissent une certaine solidité des résultats. Et bien sûr des comparaisons sont possibles d’une année à l’autre ainsi qu’entre pays si on le souhaite.
Les données tout récemment publiées ont été recueillies en janvier-février 2026.  En parallèle d’une diminution de l’intérêt des Belges pour l’information - diminution qui concerne aussi bien les francophones que les flamands -, le nombre de sources d’information régresse drastiquement en 2016 et 2026 : de près de trois (2,82) en 2016, on est passé à un tout petit peu plus de deux cette année, et même moins de deux sources d’information en moyenne par semaine si on exclut les podcasts et les robots conversationnels, qui ont été ajoutés à la liste en 2025. 

2026 est une année de relative stabilisation pour les réseaux sociaux, la presse et la radio. Agents conversationnels et podcasts constituent (pour le moment ?) des médias de niche pour l’information, mais se caractérisent aussi par une forte variabilité sur l’âge. Ainsi, les chatbots sont utilisés par pas moins de 17% des 18-24 ans et 11% des 25-34 ans (contre 7% sur l’ensemble de la population).

Payer pour l’information en ligne reste aussi un comportement assez peu répandu : après une forte expansion dans la période post-pandémie, la proportion de ceux qui déclarent avoir payé pour s’informer au cours de l’année passée se stabilise depuis autour des 15%, avec de faibles différences sur le plan linguistique. 

Évolution inquiétante pour les producteurs d’info : la confiance  en l’information s’établit cette année à son niveau le plus bas depuis qu’elle est mesurée dans le DNR. Jugez plutôt : à 49% chez les néerlandophones et 28% pour les francophones, la réponse positive à la question "je pense à la plupart de l’information la plupart du temps" n’a jamais été aussi modeste, avec un fort et persistant écart entre les deux communautés linguistiques. 

Enfin, si on se penche sur les réseaux sociaux utilisés par les répondants pour "trouver, lire, regarder, partager ou discuter de l’information" (une approche très large donc), Facebook arrive toujours assez largement en tête, et les différentes enseignes Meta occupent d’ailleurs presque toutes le haut du podium, même si YouTube s’intercale en quatrième position. A 10% comme plateforme liée l’information, TikTok réalise son meilleur score jusqu’ici. Sachant que le réseau de ByteDance est proportionnellement une machine de guerre sur les moins de 25 ans. 

Pour le monde publicitaire, ces données apparemment lointaines apprennent deux choses. D’une part que la monétisation des médias d’information auprès de leurs utilisateurs ne progresse pas. Ce qui signifie qu’une autre source de revenus pour les médias - la publicité précisément - reste cruciale voire le devient encore plus. L’autre implication est un univers sociétal crispé, méfiant et potentiellement divisé.          

Les indicateurs au plancher ne témoignent pas d’une grande harmonie.

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