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Seen from Space: ballon rond, pépites et gravier

Vendredi 8 Mai 2026

Seen from Space: ballon rond, pépites et gravier

Football et télévision : l’actualité récente nous a encore livré au moins deux épisodes d’un récit quasi inépuisable autour de ces deux phénomènes. D’abord, l’attribution à Canal+ des compétitions UEFA qui a surpris pour son caractère international mais aussi pour l’identité de l’heureux élu. Ce qui suscite en plus des questions pour son volet belge, puisque Canal+ n’est plus présent chez nous. Ensuite, plus récemment, l’accord finalement trouvé entre DAZN et Telenet pour la retransmission par cette dernière des matches du championnat belge. Actualité chargée, donc, qui témoigne de l’intérêt du ballon rond pour les opérateurs du grand écran. 

Faut-il donc voir le football comme l’arme absolue pour les audiences TV ? Et surtout pour les audiences live ? Pas si vite ! 

Bien sûr, chaque année, quelques compétitions figurent en tête des palmarès d’audience, affichant souvent des parts de marché royales. Bien sûr, certains soirs de finale, on s’agglutine autour de grands écrans dans l’espoir de célébrer les exploits d’une équipe nationale ou d’un club prestigieux. Mais reconnaissons-le, ce n’est pas tous les jours. Ce n’est même pas toutes les années. En tout cas, certaines années sont plus fastes que d’autres. 

Quand on établit un top des audiences "foot" sur les trois dernières années complètes, 2023 à 2025, cette dernière n’apparaît quasiment pas. Il faut dire que 2024 était une "année avec", où se disputaient l’Euro. 2025 était moins doté et cela se ressent. 
Nos graphiques de cette semaine traduisent bien le phénomène : sur base du contenu "football", nous avons extrait pour les trois dernières années la durée des émissions et les volumes d’audience qui s’y attachaient, toutes chaînes confondues. Le tout est exprimé en parts du total : parts de l’offre, soit la durée de diffusion d’un côté, parts de la demande, soit le temps de consommation des Belges d’au moins 12 ans. Et là apparaît un découplage assez flagrant, qui évoque même la fameuse "long tail" : un petit nombre d’émissions, de matches en l’occurrence, monopolise une majorité des spectateurs quand une pléthore d’autres retransmissions ne réunissent que de maigres quantités de spectateurs. 

Bref, il ne suffit pas de diffuser du football sur ses antennes, il s’agit surtout de diffuser les compétitions qui comptent. Ainsi, les "grandes" chaînes arrivent à capter de fortes audience avec une part d’offre très restreinte, surtout lorsqu‘on les compare à l’opérateur spécialisé - et payant -, DAZN. Ceci étant, concernant DAZN, il ne s’agit ici que de ses audiences TV. Or, son appli peut également être visionnée via d’autres appareils. Pour la programmation des chaînes de TV et les annonceurs soucieux de toucher du monde, il y a donc les pépites, quelques compétitions de haut vol, et un flot de "gravier" : l’or ne se trouve pas nécessairement partout.

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