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Seen from Space - Ventes de la presse : la recomposition digitale est en marche

Dimanche 19 Avril 2026

Seen from Space - Ventes de la presse : la recomposition digitale est en marche

On le sait : le suivi CIM de la distribution de la presse - autrefois trimestriel, aujourd’hui annuel - avait depuis longtemps (dès 2008) intégré les exemplaires digitaux payants "similaires" au papier, ce qu’on appelle "replica". Les données de diffusion ont par la suite (en 2020 précisément) englobé les « accès payants au site non couplés à l’édition digitale ou à l’édition papier », ce qui est repris sous l’appellation "Web only". 

2022 amenait une autre innovation : une nouvelle catégorie hybride, intitulée "alternate", qui reprend dorénavant les abonnements alternant exemplaires papier et exemplaires digitaux "replica". 

Plutôt que de réattribuer à chacun des deux modes de diffusion, papier vs replica, les différents exemplaires au prorata du nombre de jours concernés, comme on l’avait fait jusque là, on a levé l’obligation pour les éditeurs d’établir une distinction entre les différentes plateformes pour les abonnements combinés. En sacrifiant au passage l’exhaustivité de la distinction entre exemplaires papier et éditions digitales, quelle qu’en soit la plateforme. 

Pour ce qui concerne 2025, les données disponibles actuellement proviennent des déclarations des éditeurs, qui seront authentifiées cet automne.
Dans l’état actuel de l’information, l’année dernière se caractérise globalement par une relative stabilité de la diffusion payante des journaux (+0,4% par rapport à 2024), correspondant à un quasi statu quo pour les titres du Nord du pays (+0,2%) et une légère augmentation (+1,3%) dans le Sud.

Derrière ce tableau presque immobile, des trajectoires différentes se discernent. On imagine la satisfaction chez Mediafin, dont les titres écofin De Tijd et L’Echo se sortent plutôt bien de la comparaison, et chez Rossel, où les titres du groupe Sudinfo signent aussi une belle progression par rapport à l’année précédente.  D’autres seront probablement moins heureux.

Si on examine les données par mode de diffusion, ce qui frappe, c’est la forte régression de la part des éditions "strictement papier", qui ne concernent désormais plus qu’à peine un achat sur deux. Avec un report principalement - voire uniquement dans le Sud - vers les éditions "replica" (PDF donc).

Si les deux régions sont à peu près alignées pour la part de marché du print strict, la Flandre se caractérise par un mix assez varié de modalités d’accès, le Sud semble assez séduit par la solution "replica". Il faut dire que par rapport aux tarifs pratiqués sur les éditions papier cette modalité bénéficie d’un différentiel de prix assez attractif chez la plupart des éditeurs francophones. En tout cas si on se base sur les prix moyens renseignés dans les données publiées par le CIM. 

Pour les marques de presse, la recomposition digitale semble d’ailleurs toujours plus importante. Les toutes récentes données de diffusion montrent d’ailleurs un contraste frappant entre la presse quotidienne - stable en diffusion, on l’a vu - avec ses éditions fortement numérisées et les ventes de magazines payants, qui s’appuient encore très majoritairement  sur leurs éditions physiques. Les ventes de ces exemplaires régressent de 6,5% en 2025 si l’on ne tient compte que des éditions papier, mais seulement de 5,8% si l’on tient compte dans la comparaison des éditions digitales des différents magazines. 

Il est clair que les éditions papier n’ont pas vocation à disparaître. En tout cas pas dans un futur proche. Mais on assiste bien à une recomposition où la place des éditions physiques est amenée à diminuer. Et les données CIM ont le grand intérêt de montrer année après année cette évolution qui pourrait s’accélérer à terme.

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