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INTELLIGENCE

Seen from Space: Les paradoxes des médias sociaux en Flandre

Dimanche 12 Avril 2026

Seen from Space: Les paradoxes des médias sociaux en Flandre

Maintenant bien installée et reconduite d’année en année, la vaste étude Digimeter est devenue une bible en matière de consommation média et d’adoption du digital au sens très large. Tout en restant évidemment limitée à la Flandre. Bien dommage puisqu’on y trouve une mine d’informations et de données qui gagneraient à être généralisées sur l’ensemble du territoire belge. D’autant que certaines approches du Digimeter sont assez originales, comme ces questions d’attitudes vis-à-vis des médias sociaux abordées dans nos graphiques et pour lesquelles un très décent historique existe désormais. 
 
Cet historique permet donc de confirmer la persistance d’un "paradoxe de dépendance" qui avait déjà été évoqué précédemment. En quoi consiste-t-il ? On constate au fil des années une relative stabilité de l’utilisation des réseaux sociaux. Dans le même temps, plus de 60% de leurs utilisateurs estiment ces mêmes réseaux sociaux bien trop chronophages. Ce ratio a presque doublé depuis la première fois où la question a été posée, en 2017 et reste pratiquement au même niveau pour la 3e année consécutive.
 
Par rapport à d’autres perceptions des médias sociaux, le côté chronophage est assez uniformément réparti entre les âges. Mais - c’est là qu’on touche au paradoxe -plus d’un répondant sur 4 (26%) déclare ne pas pouvoir passer un seul jour sans Facebook & Co, une proportion qui est même de 30% chez les moins de 25 ans. D’une manière générale, l’âge est nettement plus porteur de différences que l’indication du revenu. 
Nouveauté de l’édition 2025 : une proposition intitulée : "Je perds parfois la notion du temps sur les médias sociaux, alors que j’aurais préféré utiliser ce temps autrement". Et là, le diagnostic est clair : un répondant concerné sur deux (50% tout juste) se déclare d’accord avec cette affirmation. Et il se trouve 72% des moins de 25 ans et 64% des 25-34 ans pour exprimer ce malaise. 
 
Raison pour laquelle IMEC, maître d’œuvre de l’étude met très logiquement en avant les attitudes très contradictoires des utilisateurs flamands des réseaux sociaux (on peut d’ailleurs douter que ces attitudes soient spécifique au Nord du pays). On remarquera aussi que le "fear of missing out" (36%) -la crainte de manquer quelque chose si on se déconnecte des réseaux- confirme une relative stabilité après une forte chute en 2022. 

Un autre paradoxe consiste en l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux au moins de 13 ans que vient de décider en solo l’exécutif flamand. Sachant que les plateformes concernées ne sont censées s’adresser qu’aux 13 ans et plus, une telle obligation semble relever de l’évidence.
 
Maintenant on sait que les vérifications effectuées par les plateformes ne sont pas d’une grande opiniâtreté.  Est-ce qu’une injonction provenant de la seule Flandre (qui représente un peu plus d’1% du total de la population de l’Union Européenne) est vraiment de nature à les faire changer ?
 
On notera en tout cas que les répondants du Digimeter se prononçaient massivement (à 77%) pour des mesures claires concernant l’usage des médias sociaux en-dessous de 14 ans. Une mesure claire a donc été décidée. S’agira-t-il d’une mesure réellement efficace ? L’avenir nous le dira sans doute très vite.

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