Nl

INTELLIGENCE

Seen from Space : Gagner (ou ne pas perdre) l'attention pour la pub vidéo

Dimanche 30 Août 2026

Seen from Space : Gagner (ou ne pas perdre) l'attention pour la pub vidéo

Le titre de la publication est fort ambitieux et même un peu exagéré par rapport au sujet traité : on parle ici du "UK Media Consumption Report" publié tout récemment par Attest, un institut d’études britannique. Le document se base sur une enquête effectuée en juin dernier auprès de 1.000 répondants âgés entre 18 et 64 ans. En fait, ce rapport consacre une grande partie de ses analyses à l’attention. Son chapitre "The price of attention" s’intéresse justement à ce qui peut détourner les consommateurs britanniques (sont-ils très différents des Belges ?) de cette publicité qui s’invite périodiquement sur les écrans. 
Une vidéo publicitaire non-skippable ? Selon l’étude, la réaction la plus courante (à 45%) est de ne pas y faire directement attention,  et ce parmi toutes les tranches d’âge. Un gros tiers (35%) dit continuer stoïquement à regarder. Un sur six coupe le son, et une toute petite proportion quitte purement et simplement. Pas d’attention "directe" ne signifie toutefois pas aucune attention. Dans son exposé au Media Date du 25 août, Les Binet rappelait l’importance du son même en situation d’attention nulle ou très faible. En fait, les vrais "avoiders" sont ceux qui coupent le son ou arrêtent de regarder. Et ils sont proportionnellement moins nombreux parmi les jeunes répondants : dans cette enquête comme dans d’autres, l’acceptation de la publicité semble généralement plus grande parmi les jeunes générations que chez leurs aînés. 

Et finalement, qu’est-ce qui risque de faire fuir les spectateurs ? L’abondance de pubs, leur longueur, leur répétition excessive, l’ennui qu’elles peuvent générer ou le fait qu’elles ne soient pas pertinentes. Pas vraiment de surprise ici. 

Les réactions les plus appuyées sont celles des répondants les plus âgés, qualifiés par le rapport de "Baby boomers", mais dont la tranche d’âge se limite aux répondants âgés de 62 à 64 ans (soit une petite fraction de cette génération). On a plus de surprise avec la réaction de rejet par rapport aux pubs générées par IA, proportionnellement plus faible que les autres motifs invoqués. Le rejet des messages qu’on sait fabriqués par l’intelligence artificielle est en moyenne de 24%, mais atteint 33% chez les 18-29 ans, soit la tranche qualifiée de Generation Z qu’on aurait pu croire plus technophile.

L’étude a aussi sondé les répondants sur leur tolérance à la répétition. Pour la télévision , la fréquence est considérée excessive à partir d’une séquence par 15 minutes. Pour la vidéo sociale, cela deviendrait trop à partir d’un intervalle de 12 minutes. Sachant que par ailleurs la durée de vision journalière TV et streaming est - toujours selon ce UK Media Consumption Report - de l’ordre des 3 heures (176 minutes) cela fait quand même beaucoup d’interruptions…

Retour sur la présentation "Go big or go home" de Les Binet : selon lui, la vidéo publicitaire qui laisse le choix au consommateur est finalement beaucoup plus efficace que celle qui s’impose pour toute sa longueur. Bien sûr, à court terme, le non-skippable, la fréquence excessive ou la surabondance publicitaire ne font pas fuir tout le monde. L’étude Attest montre en effet qu’à court terme on ne perd pas nécessairement tous les consommateurs, ni toute l’efficience en forçant l’attention.  Les Binet nous enseigne que l’attention gagnée rapporte beaucoup. Mais pas tout de suite.

Archive / INTELLIGENCE