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33 to Follow 2025 - le Who's who: Dorien Luyckx (Eos)

Dimanche 8 Février 2026

33 to Follow 2025 - le Who's who: Dorien Luyckx (Eos)

Dans cette rubrique, avec nos collègues de Pub et The Media Leader, nous vous présentons les lauréats de la promotion 2025 des 33 to Follow, une initiative de CommPass, en collaboration avec les précités et Media Marketing.

Cette semaine, zoom sur Dorien Luyckx, Responsable commercial chez Eos Science.

Pouvez-vous nous résumer brièvement votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui et décrire votre fonction actuelle ? 

Après ma formation en journalisme digital à Londres, j’ai commencé à travailler chez De Tijd comme journaliste dans le domaine de la technologie. 
 
En 2018, j’ai suivi une formation en journalisme entrepreneurial à New York afin d’en savoir plus sur les aspects business du journalisme et sur la manière de concilier objectifs financiers et journalistiques. 
 
De retour en Belgique, j’ai passé cinq ans à l’Université d’Anvers pour mon doctorat sur les modèles économiques des médias d’information, plus particulièrement sur le stakeholder marketing et le service-dominant logic. 
 
Mon principal objectif était d’étudier comment peut s’établir une relation équilibrée entre les médias d’information, le public et les annonceurs. C’est là qu’en 2020, on m’a demandé de siéger au conseil d’administration de l’ASBL Eos Wetenschap, dont j’ai ensuite pris la direction en 2023. 
 
Quel a été le moment ou la réflexion qui vous a décidée à travailler dans le secteur marcom ?
 
Je ne pense pas appartenir à ce secteur. J’utilise plutôt le marketing et la communication pour renforcer les objectifs sociaux d’Eos. Je suis par ailleurs en contact avec des clients potentiels pour voir comment Eos peut répondre à leurs besoins en matière de communication et de marketing. 
 
Pourquoi avoir choisi l’entreprise pour laquelle vous travaillez actuellement ? 
 
Si mon travail n’a pas un but social plus large, il y a peu de chance qu’il me satisfasse. Chez Eos Wetenschap, je peux contribuer à accroître l’accessibilité du journalisme scientifique. 
 
Si vous pouviez changer une seule règle du secteur, laquelle serait-ce ? Y a-t-il un mythe que vous aimeriez déconstruire ? 
 
Eos Wetenschap est certes une ASBL, mais cela n’exclut pas la recherche de profit. La différence, c’est que nous ne distribuons pas nos gains aux actionnaires, mais que nous les investissons dans nos objectifs sociaux : faire découvrir la science et l’innovation à un public plus large, mettre en avant les scientifiques de chez nous, stimuler les enfants et les jeunes et rendre la science accessible. On se concentre souvent sur les entrepreneurs et les entreprises qui apportent principalement une valeur ajoutée aux investisseurs. 
 
Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais il serait bon d’accorder aussi une place aux organisations qui se consacrent à la croissance et au profit au nom d’objectifs sociaux.
 
Quel mot ou concept de notre industrie vous déplaît le plus ? 
 
Chaque secteur a ses particularités, mais j’en ai vraiment assez de ce jargon et de ces abréviations qui créent des clans.
 
Je pense que pour innover, il est important de pouvoir regarder par-delà les murs et d’interagir avec des gens d’un secteur ou d’un monde totalement différent du vôtre. Si vous effrayez les autres par votre langage hermétique, vous n’arriverez à rien. 
 
Si vous ne parvenez pas à expliquer quel est votre champ d’action sans utiliser de mots compliqués, vous feriez mieux de vous demander si vous savez vraiment de quoi vous parlez.
 
Quelle importance accordez-vous à la problématique/discussion sur les médias locaux par rapport aux médias internationaux ? Pensez-vous que notre secteur a un rôle social à jouer, indépendamment de son impact économique ? 
 
Individuellement, les gens savent depuis longtemps que la manière et l’endroit où ils dépensent leur argent ont un impact social (plus local, plus durable, plus éthique, etc.). C’est de plus en plus important, surtout pour la génération Z et les plus jeunes. Cela vaut aussi pour notre industrie. 
 
Voulons-nous continuer à dépenser des millions, voire des milliards, dans des entreprises qui sapent nos valeurs sociales, alors qu’il existe des alternatives locales tout aussi bonnes, qui contribuent en outre à construire notre société et à la financer ?
 
Quelles sont les qualités d’un bon professionnel des médias en 2026 ? 
 
Savoir écouter attentivement les besoins précis d’un client et réfléchir à l’impact social des décisions prises. 
 
Quelles sont vos sources d’inspiration ? 
 
J’essaie de me tenir au courant des changements et des innovations qui concernent les médias d’information. The Guardian est un excellent exemple à suivre, mais son niveau est difficile à atteindre en Flandre. 
 
Je suis également une grande fan de Nws.nws.nws, qui a su se faire une belle place sur Instagram grâce à un journalisme très ciblé. 
 
Quelle est votre plus grande fierté professionnelle à ce jour ? 
 
Mon doctorat m’a offert l’opportunité d’approfondir un sujet qui m’a permis de remettre en question le business model de la plupart des plateformes (de publicité) et d’examiner comment les médias d’information constituent une alternative à valeur ajoutée grâce à leurs atouts et à leur relation avec les gens. J’ai alors pu collaborer avec Nu.nl, Mediafin et DPG Media, et mes recherches ont ainsi eu un impact immédiat sur ceux qui en tirent un avantage pratique. 
 
Où vous voyez-vous dans cinq ans et pourquoi ?
 
Je souhaite continuer à développer Eos pour pouvoir collaborer avec davantage de journalistes scientifiques. Je pense donc que dans cinq ans, j’en serai toujours la directrice.  
 
Au vu des tendances actuelles, l’accès à un journalisme scientifique correct et indépendant gagnera encore en importance. Eos est un phare et un bastion pour la science et la technologie en Flandre.
 

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