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La semaine vue par... Marie Guérin (BeInfluence)

Vendredi 6 Février 2026

La semaine vue par... Marie Guérin (BeInfluence)

Dans cette rubrique, nous tendons le micro à celles et ceux qui ont récemment occupé le devant de la scène pour partager ce qui a retenu leur attention dans les médias ces derniers jours.
 
Cette semaine, c’est au tour de Marie Guérin, depuis peu PR Director chez BeInffluence.

 
« La semaine avait commencé sous les projecteurs. Les Grammy Awards ont ouvert le bal avec leur rituel bien rodé : glamour, performances spectaculaires, sacres attendus. Et puis, très vite, la scène s’est déplacée. De l’esthétique vers le politique.
 
Plusieurs artistes ont utilisé leur temps de parole pour dénoncer la politique migratoire américaine et les pratiques de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Bad Bunny s’est imposé comme l’une des figures centrales de cette séquence, prolongeant une prise de position qu’il porte de longue date. Ces discours n’étaient pas isolés : ils entraient en résonance directe avec l’actualité. Cette semaine encore, un enfant de cinq ans, arrêté par l’ICE, a été libéré. Jesús!  
 
La pop culture a toujours été politique. Mais ce qui me frappe aujourd’hui, c’est la frontalité retrouvée. Face au trumpisme, ce sont désormais les figures les plus exposées – artistes, athlètes, créateurs – qui portent publiquement des lignes de fracture idéologiques. Non par posture, mais parce que leur visibilité les place au cœur du débat. L’annonce de la présence de Bad Bunny lors du Super Bowl 2026 s’inscrit dans cette tension culturelle : le divertissement comme miroir d’une Amérique divisée. 
 
Ce signal trouve un écho glaçant dans un autre temps fort de la semaine : la publication du rapport annuel 2026 de Human Rights Watch. Le constat est sans appel : 72% de la population mondiale vit désormais sous des régimes autocratiques, un niveau comparable à celui de 1985. États-Unis, Russie, Chine, mais aussi des zones de conflit comme l’Ukraine, Gaza ou le Soudan : le recul démocratique est global, documenté, structurel.
 
Ce rapport éclaire la radicalité des prises de parole culturelles, la crispation politique autour des médias, et la fragilité croissante de l’espace public. Et là, vous me voyez arriver…
 
Parlons de Jacqueline Galant. En Belgique, cette fragilité s’est incarnée de manière très concrète avec les propos de la ministre des Médias visant la RTBF et sa ligne éditoriale. 
Suggérer que des nominations à venir pourraient « rééquilibrer l’échiquier politique » n’est pas une critique médiatique : c’est une mise en cause de l’indépendance éditoriale. La réaction a été immédiate : condamnations politiques, mobilisation du secteur, et alerte formelle déposée par la Fédération européenne des journalistes auprès du Conseil de l’Europe pour ingérence politique, en référence notamment au European Media Freedom Act. J’ai lu avec beaucoup d’attention l’article de Fred Bouchard dans Media Marketing : tout y est dit. Le problème n’est pas partisan. Il est démocratique. Réduire la liberté de la presse à une logique d’équilibre concurrentiel, c’est oublier que le service public n’est pas une variable d’ajustement, mais un pilier.
 
Ces débats me concernent directement. Cette semaine, nous avons lancé le pôle Relations Presse de BeInfluence, avec une approche creator-led assumée. Et je veux être très claire : il ne s’agit en aucun cas ‘d’influenceuriser’ le journalisme. Le journaliste est un créateur de contenu. Un créateur rigoureux, exigeant, fondé sur l’enquête, l’analyse et la vérification. Il mérite qu’on lui propose des informations à la hauteur de cette exigence. Notre vision creator-led ne met pas journalistes et créateurs en opposition : elle s’inspire de la créativité, de l’innovation et de l’adéquation à l’audience développées par BeInfluence depuis huit ans, pour les appliquer au champ éditorial et créer des synergies. Dans un monde où l’information circule majoritairement via le digital, remettre l’éditorial au cœur des stratégies de marque n’est pas une option, c’est une responsabilité.
 
Heureusement, la semaine ne s’est pas terminée uniquement sur des tensions. Deux notes plus légères et pétillantes sont venues rappeler que la création et le plaisir restent des moteurs puissants.
 
D’abord, la nomination du créateur belge Pieter Mulier à la direction artistique de Versace. Une confirmation éclatante : la Belgique continue de dominer le mercato mode international, non par effet de réseau, mais par la force de sa création. On est fiers.
 
Et enfin, jeudi soir, BeInfluence a clôturé la semaine avec le lancement de Spa Touch Piña Colada, lors du premier pop-up bar d’eau aromatisée de Belgique, le temps d’une soirée. Une expérience festive, joyeuse, alignée avec la Tournée Minérale, et la preuve qu’on peut danser, célébrer et créer du lien sans alcool. Comptez sur moi, j’ai beaucoup dansé. Et, mon Dieu, que ça fait du bien un peu de légèreté ! »

 

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