Nl

MEDIA

AI Overviews : les éditeurs français saisissent l'Autorité de la concurrence

Mardi 18 Août 2026

Après s’être déjà opposée à Google à plusieurs reprises ces dernières années, l’Association de la presse d'information générale (APIG), qui regroupe quelque 300 éditeurs de presse français, a une nouvelle fois saisi l’Autorité de la concurrence. Cette fois, le motif est la baisse redoutée du trafic vers leurs sites web à la suite de l’introduction des AI Overviews, dans un contexte où leurs revenus et leurs modèles économiques sont déjà sous pression.

Cette crainte ne semble d’ailleurs pas infondée, à en juger par les chiffres de Chartbeat, cités dans le Reuters Institute Digital News Report 2026. Ceux-ci indiquent qu’entre novembre 2024 et novembre 2025, le trafic vers les sites d’information en provenance de Google Search a diminué de 33% à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, la baisse a même atteint 38%. Les éditeurs citent ces chiffres pour illustrer l’impact potentiel des fonctions de recherche basées sur l’IA, même s’ils ne permettent pas de conclure que cette diminution est exclusivement imputable aux AI Overviews.

L’APIG demande à l’autorité d’intervenir, « car le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération spécifique, ne tient pas compte des engagements pris antérieurement ».

Les éditeurs font ainsi référence aux accords relatifs aux droits voisins et à la rémunération pour l’utilisation de contenus de presse protégés conclus en 2022 entre Google et un grand nombre d’éditeurs français. Ces accords permettent aux acteurs concernés de percevoir une rémunération lorsque leurs contenus sont utilisés par les grandes plateformes numériques.

Selon l’APIG, « les éditeurs ont été placés devant le fait accompli », sans qu’aucune négociation n’ait eu lieu, « sur la base d’une simple proposition de mise à jour du contrat de licence existant et avec, pour seule alternative, une exclusion technique qui entraînerait une diminution de la visibilité des sites médias », indique l’association.

« Le fait que l’IA soit construite à partir de contenus de presse montre clairement que ces informations ont une valeur considérable. Les éditeurs ne demandent pas que l’innovation soit stoppée. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leur production soit rémunérée, comme le prévoit la loi », déclare Marc Feuillée, président de l’Alliance et directeur général du groupe Figaro, dans le communiqué officiel, qui n’exclut d’ailleurs pas l’ouverture de négociations sur la question.

En Belgique, où les AI Overviews ont déjà été introduits en 2025, BPX indique, après consultation, qu’il n’est actuellement pas question d’entreprendre une démarche comparable. L’impact des moteurs de recherche et des chatbots pilotés par l’IA est toutefois suivi de près, notamment afin d’évaluer précisément une éventuelle diminution du trafic. Selon les informations disponibles, cette perte resterait, à ce stade, plus limitée que ne pourraient le laisser penser les chiffres de Chartbeat.

Archive / MEDIA