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INTELLIGENCE

Seen from Space : sans TV, mais pas sans connexion

Dimanche 14 Janvier 2024

Seen from Space : sans TV, mais pas sans connexion

Evénement de ce début d’année en France : le détenteur de la mesure d’audience audio-visuelle Médiamétrie y publie désormais des audiences portant sur la consommation TV de « tous les Français, sur tous les écrans et en tous lieux ». Le "en tous lieux", c’est-à-dire hors domicile, était déjà d’application via un appareil portable de mesure depuis quelques années. L’étape franchie en 2024 peut sembler paradoxale : l’étude d’audience TV intègre désormais les foyers non équipés d’un téléviseur. Jusqu’ici, comme en Belgique, le panel de foyers servant à l’étude et les extrapolations de résultats se limitaient aux "équipés TV", à ceux donc chez qui on peut trouver un téléviseur en état de regarder des programmes de TV. 

Chez nos voisins français, le panel a donc été élargi à des foyers sans téléviseur et les extrapolations portent maintenant sur l’ensemble de la population française, équipée ou non. Du coup, à nombre de spectateurs équivalent, le pourcentage de pénétration est (un peu) plus faible, parce que rapporté à une population plus large. 
Parlant de la différence entre équipés et non équipés TV, petit coup d’œil sur les données belges. Selon la dernière vague de l’Establishment Survey (ES) du CIM, 95% des foyers belges ont un téléviseur et celui-ci est utilisé au moins une fois par mois pour regarder effectivement "la TV" - sans plus de précision - dans 94% d’entre eux. 

Si on se place au niveau des individus, les "inactifs TV", c’est-à-dire ceux qui soit ne possèdent pas de téléviseur chez eux, soit ne l’utilisent pas pour consommer des programmes TV représentent un peu plus de 5% de la population âgée d’au moins 12 ans. On note une différence Nord/Sud sensible, puisque cette proportion est de l’ordre de 3% dans la partie néerlandophone et de 8% pour le Sud de la Belgique. Le phénomène est clairement générationnel et peu lié à la situation économique. 

On constate en effet une surreprésentation des inactifs TV au sein des catégories sociales 1 et 2, les plus favorisées, et donc pas nécessairement gênées par les coûts liés à la possession et l’utilisation d’un téléviseur. Par contre, l’approche par étapes de la vie montre une forte concentration du phénomène dans trois "cases" : celle des jeunes adultes célibataires, celle des même jeunes mais en couple, et finalement celle des individus d’âge moyen vivant sans enfants. A l’inverse, la présence d’enfants et une progression dans l’échelle des âges ramènent les Belges vers la possession et l’utilisation d’une télévision.
 
Maintenant ces inactifs TV sont pratiquement tous connectés et à tout le moins actifs sur Internet, et environ 9 sur 10 de ces individus consomment de la vidéo en ligne. Ceci démontre l’utilité de l’extension des panels d’audience TV en-dehors des possesseurs d’appareils spécifiquement dédiés à la télévision : à un moment où l’on parle maintenant de consommation "total vidéo", cette évolution a priori paradoxale s’avère indispensable. Les contenus visés par les mesures d’audience ont en effet dépassé le cadre du seul téléviseur, particulièrement chez les jeunes, et c’est un devoir pour les mesures de s’y adapter.

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