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33 to Follow 2025 - le Who's who: Candice Scheecqmans (DPG Media)

Dimanche 29 Mars 2026

33 to Follow 2025 - le Who's who: Candice Scheecqmans (DPG Media)

Avec nos collègues de Pub et The Media Leader, nous poursuivons la publication des interviews des lauréats de la promotion 2025 des 33 to Follow, une initiative de CommPass, en collaboration avec les précités et Media Marketing.
 
Cette semaine, et en pleine forme de retour de vacances, Candice Scheecqmans, Account Manager Agencies chez DPG Media.
 
Rappelez-nous brièvement votre parcours professionnel jusqu’ici et décrivez-nous vos fonctions actuelles ?
 

J’ai étudié la communication à l’IHECS, où j’ai développé mon intérêt pour les médias et la publicité. Pour l’anecdote, le jour même de la présentation de mon mémoire, je passais mon premier entretien chez JCDecaux. C’est là que tout a commencé.
J'y ai fait mes armes pendant cinq ans, et j'y ai appris la puissance de l'OOH en gérant les secteurs Beauté, Pharma & Leisure. Il y a un an et demi, j'ai voulu relever un nouveau défi : passer de l’affichage à la richesse du cross-média chez DPG Media.
 
J’ai choisi DPG Media pour sa force d'innovation locale. C’est une entreprise qui prouve qu'en Belgique, on peut être un géant technologique tout en restant proche du cœur des gens.
 
Quel a été le moment, le déclic qui vous a donné envie de travailler dans le secteur marcom et qu’est-ce qui a motivé le choix de l’entreprise pour laquelle vous travaillez actuellement ?
 

Je crois que le déclic a toujours été là. Petite, je connaissais les slogans publicitaires par cœur. J’ai toujours été fascinée par la capacité d’un message, d’une campagne ou d’un média à marquer les esprits et à créer une émotion collective. Aujourd’hui encore, je vais au cinéma en avance pour voir les spots, je fais ma pige tous les mardis matin pour observer quelles affiches sont apparues dans la nuit, je ressens toujours cette même excitation qu’au premier jour.
 
Mais le vrai déclic s’est fait lors d’un stage chez l’annonceur Neuville, où j’ai parcouru les routes de France avec les commerciaux. J’y ai compris que je voulais allier ma passion pour la publicité avec l’aspect vivant et humain de la vente.
 
Si vous pouviez changer une règle du jeu dans le secteur, laquelle serait-ce ? Un mythe du secteur que vous aimeriez déconstruire ?
 
J’aimerais déconstruire le mythe du "TV is dead". On l'entend depuis des années, comme si chaque nouvelle technologie devait effacer la précédente. Mais les usages ne fonctionnent pas par remplacement, ils s'additionnent et se transforment. La télévision n’a pas disparu, elle a simplement changé de forme, se vit différemment, mais elle reste un moment partagé. Dans un monde de plus en plus fragmenté, c'est l'un des rares médias capables de créer cette petite émotion toute particulière qui fait qu’on discute des programmes regardés avec ses collègues le lundi matin à la machine à café.
 
Le mot, le concept qui vous fatigue le plus dans notre industrie ?
 

Le "reach", lorsqu'il est déconnecté de l'attention réelle. C’est un indicateur historique, rassurant, que l’on brandit souvent comme une preuve absolue de succès. Mais en 2026, saturer l’espace ne suffit plus. On vit dans une économie de l’attention où les gens sont experts pour ignorer ce qui ne les touche pas.
 
Ce qui me fatigue, c'est cette course aux gros chiffres qui n’ont aucune valeur s’ils oublient la qualité de l'environnement et la pertinence du moment. Il est juste de se rappeler que derrière une "impression", il y a toujours une personne. A-t-elle reçu mon message ? L’a-t-elle ressenti ?
 
Êtes-vous sensible au débat "local vs global" ?
 
Absolument. C’est l’un des grands enjeux de notre époque. En Belgique, le marché est "petit" mais particulièrement complexe et fragmenté. On ne communique pas de la même façon à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Même les plus grandes marques mondiales doivent s’adapter pour rester pertinentes ici. Il n’existe pas de "plan belge" universel. Si les plateformes globales apportent une puissance technologique et une échelle indispensables, les médias locaux offrent la justesse et sont des ancres de confiance. Ils préservent notre culture, notre identité, et ces nuances belges que les algorithmes internationaux ne saisiront jamais totalement.
 
Pour moi, l’enjeu aujourd’hui n’est pas d’opposer les deux, mais de mieux les équilibrer. Soutenir le local, c’est avant tout protéger la diversité et la richesse de notre propre écosystème.
 
Estimez-vous que notre industrie a un rôle sociétal à jouer, au-delà de son impact économique ?
 

Oui, clairement. Notre industrie est au premier plan car nous façonnons les récits que les gens consomment quotidiennement. Ces dernières années, nous avons vécu un basculement majeur : le passage au tout digital, les changements de repères, la vitesse, la saturation d’informations… Cette transition nous a appris l’adaptabilité, mais nous a aussi ramenés à un besoin fondamental : celui de l’authenticité, de la proximité, du lien, du local, de ce qui compte vraiment et a du sens ici et maintenant.
 
Pour moi, les médias sont une matière vivante : ils ne font pas que diffuser des messages, ils relient les gens, les marques, les cultures et challengent notre vision des choses et du monde.
 
Faire partie de ce secteur, c’est - à son échelle - avoir la responsabilité de soutenir un écosystème sain et de contribuer à quelque chose qui va bien au-delà de la simple communication
 
Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon professionnel des médias en 2026 ?
 
La curiosité insatiable. Notre industrie change de peau tous les six mois : nouvelles technologies, nouveaux usages, nouvelles plateformes. Pour rester pertinent, il faut savoir "prendre la balle au bond".
 
Un bon pro en 2026 n’est pas seulement celui qui maîtrise son marché, c’est celui qui accepte de réapprendre tous les jours. Dans notre métier, ne plus apprendre, c’est déjà être dépassé.
 
Quels sont vos sources d’inspiration ?
 
Je m’inspire avant tout du réel et de l’humain. J’aime observer ce qui capte l’attention, les campagnes que je vois, les échanges avec les partenaires… mais aussi et surtout ce qui crée une émotion.
 
Mon parcours a aussi été jalonné par des mentors inspirants qui m’ont façonnée et avec qui ça a été une vraie chance de travailler. Stéphanie Mouraux m’a montré qu’on pouvait être performante tout en restant douce et profondément humaine ; Alexandre Devleeschouwer, de son côté, m'a transmis une passion pour l’audiovisuel qui va bien au-delà de la technique : c'est le genre de personne capable de changer votre regard sur un média en quelques minutes seulement.
 
Je n’oublie évidemment pas mes racines à l’IHECS et des professeurs comme Sophie Pochet, Jonathan Romain ou Jean-Claude Jouret, qui ont été les premiers à allumer cette petite étincelle.
 
Votre plus grande fierté professionnelle à ce stade ?
 

Ma fierté c’est d’avoir trouvé ma place dans ce secteur tout en restant fidèle à mes valeurs. J’ai choisi de placer l’écoute, la douceur, la conviction et le dialogue au cœur de mon approche métier.
 
Cette authenticité m’a permis d’évoluer avec assurance et de construire des relations de confiance durables. Si être sélectionnée parmi les 33 to Follow est une reconnaissance magnifique, ma fierté la plus concrète est d’avoir été choisie récemment comme formatrice interne chez DPG Media. Passer de celle qui apprend à celle qui transmet est pour moi, la plus belle preuve qu’on peut réussir tout en restant profondément humaine.
 
Où vous voyez-vous dans cinq ans et pourquoi ?
 

Toujours au cœur des médias, car c’est un secteur vivant qui ne cesse de se transformer. Mon but est de garder intacts mon enthousiasme et ma passion d’enfant pour la publicité, mais avec l’expérience nécessaire pour apporter une réelle valeur ajoutée au marché.
 
J’ai aussi cette envie de transmettre : accompagner, inspirer et faire grandir d’autres talents. Dans un monde de plus en plus automatisé, je suis convaincue que la dimension humaine et la création de confiance vont prendre encore plus de valeur.

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