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33 to Follow 2025 - le Who's who: Hannes Van Roie (Mindshare)

Dimanche 8 Mars 2026

33 to Follow 2025 - le Who's who: Hannes Van Roie (Mindshare)

Dans cette rubrique, avec nos collègues de Pub et The Media Leader, nous vous présentons les lauréats de la promotion 2025 des 33 to Follow, une initiative de CommPass, en collaboration avec les précités et Media Marketing.

Cette semaine, c’est Hannes Van Roie (Data & Transformation Manager chez Mindshare) qui nous raconte son quotidien et ses expériences professionnelles.

Pouvez-vous nous résumer brièvement votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui et décrire votre fonction actuelle ?

J’ai entamé ma carrière juste après mes études chez MediaDonuts, un trading desk ensuite rebaptisé S1 Digital, où j’ai fini par diriger une équipe de six marketers de performance et quelques freelances. Puis j’ai eu envie de changer d’horizon. Passionné de cyclisme, j’ai pris contact avec Belgian Cycling Factory, la société mère de Ridley et Eddy Merckx, qui m’a chargé de développer leur performance et advertising stack. 

Je suis donc passé d’une agence à un annonceur. Très vite, j’ai ressenti un manque et le besoin de cette énergie qui vous tire vers le haut que je n’avais connue qu’en agence.

Grâce à ma rencontre avec Corentin Franszin, Mindshare s’est imposé comme la suite logique et évidente de ma carrière. J’ai commencé par y travailler pour des clients comme IKEA et Brussels Airlines. J’ai rapidement pu mettre à profit mon expérience plus technique en matière de données, tech et performance auprès d’un éventail plus large de clients, et j’ai maintenant rejoint le département stratégique de Mindshare/WPP Media.

Au sein de cette équipe, nous visons à créer la valeur ajoutée la plus importante possible pour le portefeuille de clients de Mindshare et, plus largement, de WPP Media, en mettant en commun nos expertises personnelles. Outre les données, tech et performance, la mienne porte également sur les discussions transformationnelles avec les partenaires.

Quel a été le moment ou la réflexion qui vous a décidé à travailler dans le secteur marcom ?

Deux événements, qui se sont produits simultanément, ont été déterminants.

Pendant mes études supérieures, j’avais créé un collectif musical avec quelques amis. Il nous a permis de clairement ressentir l’impact de la créativité, de la communication et des médias sur l’organisation (et le nombre de visiteurs) de nos événements.

Parallèlement, grâce à un stage chez Intracto (aujourd’hui iO), j’ai très vite compris tout ce qu’il est possible de faire dans le monde du digital et des médias.

Et pourquoi avoir choisi l’entreprise pour laquelle vous travaillez actuellement ?

Après un bref passage côté annonceurs, j’ai rencontré Corentin (CCO) et Suzanne (CEO) par l’intermédiaire d’une connaissance. Le professionnalisme, l’humanité, le niveau de performance élevé et la liberté d’initiative dont ils témoignaient m’ont marqué lors de nos premières discussions. Il était donc logique pour moi de repasser en agence.

Si vous pouviez changer une seule règle du secteur, laquelle serait-ce ? Y a-t-il un mythe que vous aimeriez déconstruire ?

« Une agence n’apporte aucune valeur ajoutée. » 

Les agences doivent jouer au niveau de la Champions League, sinon elles deviennent vite obsolètes. Cela crée un environnement énergétique, dynamique et propice au progrès technologique. 

La valeur ajoutée que procurent toutes les agences où j’ai travaillé est une évidence et va souvent de pair avec une croissance considérable pour les clients avec lesquels elles collaborent.  

Il y a bien sûr beaucoup d’autres intérêts en jeu, mais je réfute totalement le mythe selon lequel une agence n’apporte rien. 

Quel mot ou concept de notre industrie vous déplaît le plus ?

« AI will fix everything. »

On entend régulièrement, dans différents contextes, que l’IA est la solution à tous nos problèmes. Y compris dans les médias et la publicité. Ce ne sera pas le cas, du moins pas dans l’état actuel de cette technologie.

A contrario, l’aspect physique et humain prend de plus en plus d’importance dans les discussions qui font appel à la réflexion et à l’émotion. Ce qui reste pour l’instant l’élément essentiel de notre industrie média. It’s a people’s business.

Quelle importance accordez-vous à la problématique/discussion sur les médias locaux par rapport aux médias internationaux ?

C’est extrêmement important, voire plus, cela caractérise la manière dont nous effectuons notre travail et consommons du contenu. L’avantage des grandes entreprises telles que Google et Apple est qu’elles ont, d’une part, maximisé leur couverture et, d’autre part, simplifié l’achat publicitaire. Il est donc presque évident d’accorder de gros budgets à ces acteurs. Ils se situent aussi au premier plan en matière de technologie et d’innovation et influencent ainsi le marché dans lequel nous évoluons.  

La Belgique et la Flandre disposent d’un excellent maillage de marques média et d’organisations de qualité. Il reste encore beaucoup à faire, mais on voit toutefois se présenter des opportunités : un paysage local de données, éventuellement une méthode de mesure uniforme, une méthode de travail claire (voir Active Agent DSP en Allemagne), et plus encore.

De nombreuses initiatives très intéressantes ont déjà vu le jour et beaucoup d’autres suivront sans doute. Il reste important de rester sur le même pied que l’industrie mondiale.

Pensez-vous que notre secteur a un rôle social à jouer, indépendamment de son impact économique ?

Absolument. Les médias locaux ne sont pas seulement importants sur le plan professionnel, ils le sont aussi et surtout quant à la façon dont notre communauté consomme les médias. Avec toute la violence de l’IA et les fake news dont nous sommes inondés, il est crucial d’avoir un point d’ancrage local pour bénéficier d’un contenu honnête, sélectionné et de qualité. 

Des entreprises comme Google et Meta ne parviennent pas à les exclure totalement de leurs réseaux ; c’est particulièrement difficile à cette échelle. C’est pourquoi notre industrie média locale est la seule qui puisse nous fournir des informations fiables.

Selon vous, quelles sont les qualités d’un bon professionnel des médias en 2026 ?

Il ne faut pas craindre le changement. On a déjà parlé de l’IA, mais beaucoup de choses vont changer dans les années à venir. Les bons professionnels des médias devront se montrer flexibles et ouverts au changement. Pour pouvoir intégrer tout ce qui les attend de positif (et de négatif) dans leur job au quotidien.

À côté de cela, la connaissance des données, les compétences analytiques et de solides aptitudes en communication restent essentielles.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Rien ne me vient spontanément à l’esprit. La seule personne à laquelle je repense avec une affection particulière est mon ancien manager chez S1 Digital et désormais grand ami, Ab Polspoel. Il m’a aidé à faire mes premiers pas en people management et à beaucoup progresser sur le plan personnel.

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle à ce jour ?

En tout premier lieu, le fait d’avoir remporté un Gold AMMA dès la toute première inscription. Un autre souvenir me fait également sourire : chez MediaDonuts, on nous a demandé d’être les premiers en Belgique à tester Solimar (la nouvelle version de The Trade Desk DSP). Parce que TTD appréciait beaucoup notre honnêteté, notre ouverture d’esprit et notre niveau de compétence élevé. Mon input aurait été transmis à Jeff Green en personne… Un bref moment de l’existence, mais très agréable, qui m’a toujours servi de métaphore pour continuer à me concentrer sur l’honnêteté, la communication et la valeur ajoutée de chaque maillon de la chaîne.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Difficile à dire, le secteur évolue très rapidement. Ce sera en tout cas un environnement de données et de tech, où l’humanité et la chaleur humaine occupent une place prépondérante. 

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