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Parc d'attractions, par Griet Byl (MM)

Dimanche 23 Août 2026

Parc d'attractions, par Griet Byl (MM)

« La VRT est un gigantesque parc d’attractions, mais vous ne devez faire la file nulle part. » C’est avec cette boutade que Frederik Delaplace, CEO de la VRT, a lancé la traditionnelle présentation de rentrée de la chaîne publique.

Celle-ci, plus flamande que flamande, était placée entièrement sous le signe de "More together", variante anglophile de notre devise nationale et, depuis l’an dernier, le fil rouge de la stratégie de Var.

Le rôle de pilier central dans cette stratégie incombe à VRT MAX, qui compte désormais 4 millions d’utilisateurs actifs enregistrés, soit pas moins de 75% des 12+ en Flandre.

Cette volonté de renforcer l’in et output collectifs se traduira d’abord et comme annoncé précédemment, par l’ouverture imminente de la plateforme aux contenus d’autres acteurs locaux. Selon le CEO de la chaîne publique, une telle approche permettrait non seulement d’améliorer l’offre, mais aussi la visibilité des contenus locaux, l’efficacité des investissements technologiques et l’attrait du marché publicitaire. Pertinents comme arguments, bien sûr, et les discussions exploratoires ont dès lors commencé. Elles pourraient déboucher sur les premières collaborations concrètes d’ici la fin de l’année.

Dans la même logique, VRT MAX accueillera à partir du 1er septembre tous les contenus audio de la maison, ce qui entraînera la disparition des applications distinctes des différentes marques radio. Les auditeurs de telle ou telle chaîne peuvent toutefois s’attendre à une véritable expérience de marque sur la plateforme fédératrice. Il reste à voir à quoi celle-ci ressemblera exactement, mais l’idée est certainement utile à l’heure de la sur-offre média.

In fine, l’objectif de toute cette "togetherness" est bien sûr de préserver l’audience globale des contenus de la VRT. Dès lors, le fait que la chaîne présente aussi de nouveaux formats plutôt inhabituels pour un service public, comme "De Laatste Lach", dans lequel des humoristes écrivent avec des personnes en phase terminale leur discours funèbre, ne devrait pas nous surprendre. D’autant plus que les formats peuvent aussi constituer une source de revenus lorsqu’ils sont vendus à l’international.

L’autre grand défi, outre la mission de retenir les jeunes téléspectateurs au niveau local, évidemment de savoir comment faire en sorte que l’argent publicitaire reste en Belgique, maintenant que les centres de décision se mondialisent et que la concurrence se diversifie. Même si, en Belgique, la situation reste pour l’instant plutôt favorable, si l’on en croit la dernière édition du benchmark de l’UMA - qui fait état d’un rapport global versus local stable de 21/79 -, ce chiffre mérite toutefois d’être relativisé en fonction du média considéré. On peut également se demander comment il évoluera maintenant que, outre les Gafam, les chatbots vont eux aussi entrer dans la bataille pour leur part du gâteau publicitaire, avec Luminus comme premier annonceur belge.

Dans cette course effrénée aux euros, la facilité d’utilisation et un reporting efficace seront certainement aussi des arguments. Dans ce contexte, Var a annoncé travailler à un nouveau système de réservation et son CEO, Alex Thoré, a appelé, dans son style tout à fait personnel (et dans les deux langues nationales), à unir les forces pour développer la plateforme nationale tant attendue. Il l’a fait au nom des quatre P : "The Power of Local, People & Profit & Programs in Belgium". C’est la seule manière de maintenir nos médias localement, selon lui, et il a parfaitement raison.

Et pendant ce temps, à une vingtaine de kilomètres de là, à Malines, Telenet vend son parc d’attractions VR pour se concentrer sur son activité audiovisuelle principale, tandis que Play, qui n’a jamais eu peur d’expérimenter, repousse les limites de la notion même de télévision avec l’introduction de microdrames verticaux dans son app. Ceux-ci comptabilisent déjà quelque 7 millions de vues et une durée moyenne de visionnage de 23 minutes.

On peut dès lors se demander quelle place il reste pour Streamz, le service payant qui avait initialement fait du contenu local son USP, mais qui hésite aujourd’hui à financer plusieurs séries de fiction prestigieuses et semble leur préférer le sensationnel international localisé, avec des expériences à sensations fortes comme "Naked Attraction" et "Spuiten en Slikken".

Reste à voir quelles attractions DPG Media ajoutera à son propre TV & Videoland pendant la présentation de sa grille de rentrée à Vilvorde.

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