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Pour replacer la créativité au coeur du média OOH

Dimanche 19 Avril 2026

Pour replacer la créativité au coeur du média OOH

Depuis quelques semaines, l’expert en la matière et véritable féru du média, Philippe Blondé, poste sur LinkedIn "Let’s GOOH", une série de vidéos dédiée à la puissance créative de l’Out Of Home, en partenariat avec Bauer Outdoor Media et Media Marketing.

Let’s interview !

D’où vient l’idée d’une série vidéo SoMe autour de l’OOH ?
 
L'Out-of-home n’a jamais été aussi puissant qu’aujourd’hui, et pourtant il reste encore trop souvent sous-exploité sur le plan créatif. 

​On parle beaucoup d’adaptations, de data et de programmatique… mais beaucoup moins d’idées, pensées spécifiquement pour l’OOH. Alors que c’est précisément ce qui peut transformer un panneau ou un emplacement en une expérience marquante, qui rend la journée des gens un peu plus intéressante, voire plus fun : quelque chose qui reste, pour laquelle on s’arrête, on sort son smartphone et on prend une photo. Seul l’OOH peut générer ce type d’émotion.
 
Avec Media Marketing et Bauer Media, nous avons ressenti le besoin de remettre l’idée au centre. De reparler de création. Pas seulement de campagnes, mais de ce qui les rend réellement mémorables. La série vise à replacer la créativité au cœur du média OOH.
 
Pouvez-vous expliquer brièvement le concept ?
 
La série est dédiée à la création d’idées OOH fun et inattendues. Nous partageons parfois des conseils, des insights ou des lieux pour inspirer. Mais nous allons aussi plus loin en mettant en lumière des idées qui n’ont, par exemple, jamais été réalisées par une marque, mais qui sont pourtant brillantes. Elles trouvent ici leur place.
 
L’objectif est de créer un format qui génère des idées OOH et montre tout ce que ce média permet.
 
D’où vient votre fascination pour l’OOH ?
 
À 10 ans, je construisais déjà des villes en Lego et Playmobil dans lesquelles j’intégrais des panneaux publicitaires. Les vraies villes en avaient, donc mes villes miniatures aussi. Je collais des stickers de marques sur toutes les voitures et fabriquais des petits panneaux sandwich pour les figurines.
 
Adolescent, j’ai passé plusieurs étés à New York, et la culture OOH là-bas m’a profondément marqué. Ça n’existait pas en Belgique à l’époque. J’adorais le côté ludique de l’OOH et sa capacité à influencer l’environnement.
 
Bref, ça a toujours été mon média préféré. Je me souviens de mon passage chez Duval Guillaume, où j’essayais d’intégrer une idée OOH dans chaque briefing. Je conserve encore un exemplaire de Media Marketing dont la cover était consacrée à une de mes installations OOH préférées pour Alfa Roméo.
 
Plus tard, avec ma propre agence, nous avons réalisé de nombreuses installations OOH dans les premières années, ce qui nous a même valu un Grand Prix OOH aux Creative Belgium Awards avec une création pour Visit Antwerp
 
Au fil du temps, j’ai pu créer beaucoup de projets pour des marques nationales et internationales. Puis il y a eu une période où cela s’est atténué, les clients se tournant davantage vers la vidéo, le digital et les réseaux sociaux. Après le rachat et la fermeture de Friendship par Duval Union, j’ai commencé à partager sur LinkedIn mes idées OOH préférées, accumulées au fil des années. Cela a progressivement donné naissance à une communauté de près de 45.000 passionnés d’OOH.
 
L’OOH est sans doute le média le plus honnête qui existe. On ne peut pas le skipper, pas le hyper-cibler, pas le "fermer". Soit l’idée fonctionne, soit elle disparaît.
 
C’est précisément cette contrainte qui le rend si intéressant. C’est un terrain exigeant, mais aussi libérateur. Une bonne idée OOH n’a pas besoin d’un budget média énorme. Elle peut être simple, juste, contextuelle… et toucher tout le monde. Ce qui me fascine surtout, c’est que l’OOH est un média public, dans le monde réel, au sens le plus pur. Il fait partie de la ville. Bien exécuté, il devient presque une intervention culturelle.
 
La Belgique était connue comme un grand pays de l’affichage… Cette époque vous manque-t-elle ? Pourquoi a-t-elle disparu ?
 

Je ne pense pas qu’elle ait disparu. Notre focus s’est simplement déplacé, et, aujourd’hui, tout ce qui se trouve dans l’espace public peut devenir un média.
 
Autrefois, l’affichage constituait un véritable terrain de jeu créatif. Les contraintes étaient claires, donc les idées devaient être fortes. Aujourd’hui, le paysage média est plus fragmenté, plus digital, et beaucoup plus vaste. Mais le potentiel est toujours là, peut-être même plus que jamais. L’OOH peut aujourd’hui être amplifié, connecté, interactif. Le média a évolué, mais notre manière de penser ne l’a peut-être pas encore suffisamment fait.
 
"Let’s GOOH" veut précisément contribuer à ce changement : réinjecter de l’ambition et de la créativité dans un média qui le mérite.
 
"Let’s GOOH" est aussi un concours créatif. À qui s’adresse-t-il et quel est le défi ?
 

Le concours s’adresse à toute personne ayant une idée : créatifs, planners, étudiants, freelances, votre mère… La créativité OOH est aujourd’hui accessible à tous.
 
Le défi est volontairement simple : créer une idée OOH pour une marque. Pas une adaptation d’une campagne digitale. Pas une "belle affiche". Mais une idée qui exploite réellement le média et son contexte. Nous partons toujours d’un lieu, d’une marque et d’un budget. La personne qui propose l’idée la plus intéressante verra son projet réalisé, et remportera également un prix.
Un dernier mot ?
 
Ces 20 dernières années, j’ai vu énormément de talent créatif en Belgique. Dans les agences, chez les annonceurs, chez les jeunes créateurs… mais trop souvent, les idées restent trop prudentes, trop petites ou confinées en interne. Elles sont rejetées à tort et finissent dans des tiroirs.
 
Il y a 15 ans, la Belgique faisait partie du top mondial en créativité publicitaire. Nous devons retrouver ce niveau. Et cela passe par le fait d’ouvrir ces tiroirs, de produire davantage d’idées et de les rendre visibles. Je suis convaincu que l’OOH est le média idéal pour cela.
 
Avec "Let’s GOOH", nous voulons libérer l’inspiration et donner aux bonnes idées une chance d’être réalisées, afin de les promouvoir ensemble et de les faire rayonner à l’international. Ce n’est pas une critique de l’existant, mais une invitation à aller plus loin. Même si le secteur est sous pression, nous devons continuer à créer des choses qui marquent, qui se partagent, et dont nous sommes fiers en passant devant.

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