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Les agents d'IA représentent une opportunité de transformation, mais une question essentielle reste à éclaircir, par Rob Hill (CEO, Ogilvy Social.Lab)

Dimanche 18 Janvier 2026

Les agents d'IA représentent une opportunité de transformation, mais une question essentielle reste à éclaircir, par Rob Hill (CEO, Ogilvy Social.Lab)

Je suis sincèrement enthousiaste quant à l’impact que les agents d’IA auront sur notre secteur.
 
J’ai vu comment ils réduisent le temps passé sur des tâches administratives, créent de l’effet de levier et transforment des savoirs silotés en quelque chose de "scalable" et de fiable. Lorsqu’ils fonctionnent bien, ils ne font pas qu’accélérer l’exécution : ils nous font progresser plus vite et élèvent le niveau pour tout le monde.
 
Et pourtant, une question me taraude…

Les agents IA ne se contentent pas de nous aider et d'automatiser des tâches. De plus en plus, ils commencent à codifier le jugement : comment une personne aborde un problème, comment elle réfléchit à des cas spécifiques, comment elle fait des compromis ou reconnaît des schémas à partir de son expérience. Lorsque cela se produit, nous ne faisons pas que d'accélérer et de développer le travail. Nous transformons l'expertise d'une personne en un asset organisationnel réutilisable.

C’est un véritable changement dans la dynamique employé-entreprise.

Historiquement, une grande partie de notre valeur restait incarnée en nous. Oui, nous avons documenté, rédigé des manuels, formé et partagé, mais les connaissances les plus difficiles à acquérir, l'intuition acquise au fil des ans, n'ont pas été entièrement transférées. Les agents IA commencent à changer cela. Pas complètement, mais progressivement.

Du point de vue business, c’est à la fois puissant et nécessaire. Les agences ont besoin de résilience, de cohérence et de la capacité à faire évoluer l’expertise au-delà des individus. Cette "scalability" est indispensable pour retrouver une viabilité économique dans une industrie de plus en plus sous pression.
 
Mais du point de vue humain, cela soulève des questions délicates. 
 
Si le savoir-faire d’une personne devient infiniment réplicable, qui bénéficie de la création de valeur ? À quoi ressemble l’équité lorsque le jugement et l’expérience sont démultipliés par des logiciels ? Et où se situe la frontière entre le partage de connaissances et le fait de se rendre soi-même remplaçable ?
 
Ce n’est pas un argument contre les agents. C’est un plaidoyer pour les personnes.
 
Parce que « merci d’entraîner l’agent » ne peut pas discrètement devenir « entraînez le système qui réduit votre influence », sans règles claires en matière de transparence, de consentement, de crédit et de réciprocité. La reconnaissance seule ne suffit pas. Et « nous avons toujours capitalisé la connaissance » n’est pas une réponse éthique suffisante lorsque l’échelle change fondamentalement les rapports de pouvoir.
 
Si nous faisons les bons choix, les agents d’IA pourront amplifier les capacités des individus plutôt que de les exploiter, en libérant les experts afin qu’ils opèrent à un niveau plus élevé, tout en préservant la dignité, la confiance et les perspectives de développement.
 
Mais cet avenir ne s’imposera pas de lui-même.
 
Il nécessite des choix explicites sur la manière dont l’expertise est captée, dont les contributeurs sont crédités, et sur la façon dont les humains continuent d’évoluer aux côtés des systèmes qu’ils contribuent à construire
 
Les agents sont réellement impressionnants, et ils représentent une opportunité pour notre industrie de reconstruire une durabilité économique. La vraie question est de savoir si nous les concevons d’une manière qui permette de faire croître les organisations tout en respectant les personnes qui les rendent intelligentes.
 
Ce n'est qu'une réflexion...
 

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