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Lost in translation in Munich, par Fred Bouchar (MM)

Samedi 14 Octobre 2023

Lost in translation in Munich, par Fred Bouchar (MM)

Cette semaine, j'ai assisté à l'Innovation Day de Serviceplan. Un événement placé cette année sous le thème "Expanding Horizons" qui a réuni quelque 500 personnes au siège du groupe, à Munich. 

Parlant d'élargissement de nos horizons, à défaut de visiter cette ville que l'on qualifie de capitale allemande de l'art de vivre (non, ce n'est pas un oxymore), j'ai découvert ce que signifiait vraiment ce concept de House of Communication cher au cœur du CEO Florian Haller et de tous les patrons d'agence partenaires de la holding. 
 
Un bâtiment assez incroyable, ou plutôt une enfilade de trois bâtiments reliés par des ponts internes et un système de circulation axial qui traverse le premier étage sur toute sa longueur, relié à une installation lumineuse de 130 mètres de long. L'espace surélevé auquel on accède par un escalier de 6 mètres de haut, sert d'espace événementiel et accueille quantité d'œuvres d'art contemporain. Issues de la collection du co-fondateur Dr. Peter Haller, elles valent à elles seules la visite du siège de Serviceplan (il paraît d'ailleurs que le père Haller organise régulièrement des visites guidées nocturnes pour quelques happy-fews…).   
 
L'architecte qui a conçu l'ensemble parle de "office urbanism" pour décrire son approche, évoquant une combinaison d'espaces de travail, de lieux de rencontre, de restauration et de détente… Pour moi, c'est surtout un lieu inspirant, qui porte haut les composantes intrinsèques de la créativité publicitaire que sont l'expérience, l'émotion, le design, l'art ou encore le storytelling.
Pour en revenir aux différents exposés qui ont émaillé cet Innovation Day, je retiendrai que nos voisins allemands partagent les mêmes préoccupations que les nôtres. Qu'il s'agisse de  la question de la transformation - sociétale et entrepreneuriale -, de la place de l'Europe dans le contexte du développement de la tech, ou de la nécessité de soutenir des marques médias locales fortes pour se prémunir des fake news et, plus largement, de toutes les prises de position extrémistes. Ce dernier thème résonnait évidemment avec l'actualité de ces derniers jours et la recrudescence de la désinformation liée au conflit israélo-palestinien constatée par l'UE sur les plateformes de Meta et sur X…

En résumé, l'alpha et l'omega de cette journée tournaient autour de l'importance de l'innovation et l'espoir - davantage que la crainte - que suscite le développement exponentiel de l'IA, qualifiée de « troisième révolution de ce siècle après l'Internet et le smartphone » par Florian Haller.

Mais finalement, c’est un autre hype issu d’un passé récent qui aura retenu toute mon attention (et sans doute aussi celle du "macho féministe" qui m'accompagnait - il se reconnaîtra) : en l’occurrence, la bonne vieille blockchain, illustrée par le "POC" disruptif de Laura-Marie Geissler.
  
Cette pilote allemande de 23 ans a capté l'assemblée par sa passion, son franc-parler et son jusqu'au-boutisme à redéfinir les normes genrées de la compétition automobile et son mode de financement. Plutôt que faire appel à des sponsors classiques, et soutenue par l'agence Amsterdam Berlin, elle a eu l'idée de créer le racing team LMG GT N°1 à partir d'un étonnant modèle de financement décentralisé axé sur le Web3 et les NFT : de l'empowerment au féminin pur jus.
Le plus étonnant de cette histoire, ce n’est pas tant que le projet de LMG semble fonctionner que le côté robotique, un peu irréel de sa présentation. Comme si une IA avait pris possession du corps de la jeune pilote, comme dans un épisode de Black Mirror.     

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