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MEDIA TALKS

Les médias classiques, arme d'influence massive de nos démocraties, par Amid Faljaoui (Directeur des magazines francophones, Roularta)

Lundi 25 Novembre 2019

Les médias classiques, arme d'influence massive de nos démocraties, par Amid Faljaoui (Directeur des magazines francophones, Roularta)

L’influence, cela ne se décrète pas, cela se mérite. Au jour le jour. Et les médias dits classiques ont exercé leur influence depuis des décennies. Un peu comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. Vous avez des doutes ? Regardez les derniers scandales mis en avant ces dernières années : Panama Papers, Lux Papers, Cambridge Analytica (Facebook), Diesel Gate, Nethys, etc. Tous ces dysfonctionnements de nos démocraties ont été dévoilés par des médias classiques. Les réseaux sociaux ont toujours été à la traine et se sont contentés de relayer ce qui été découvert par d’autres. 

En clair, l’arme d’influence massive de nos démocraties, c’est le média papier et sa déclinaison web.  

D’ailleurs, il est remarquable de noter que dans le dernier classement du magazine Le Vif-L’Express des 100 personnes les plus influentes de Belgique, on ne retrouve pas dans la section "média " un seul influenceur de type Instagram ou Facebook. D’ailleurs, cette notion d’influence va s’estomper sur les réseaux sociaux assez rapidement. La raison ? En avril dernier déjà, Instagram avait annoncé sa volonté de cacher le nombre de "likes" sous les publications de ses utilisateurs. L’idée n’était pas un ballon d’essai mais un mouvement de fond. La preuve, après un premier test réussi au Canada, Instagram a étendu son expérimentation à d’autres pays comme le Brésil, le Japon, l’Australie ou l’Italie. Bien entendu, le seul indicateur qui restera à disposition des "influenceurs sociaux" sera le nombre d’abonnés, qui comme chacun le sait, est loin d’être pertinent vu les manipulations dont il peut faire l’objet. Tout comme pour le krach boursier, le krach à l’engagement n’est pas loin pour les réseaux sociaux. 

Pour moi, la mère de toutes les batailles, c’est la confiance. Et sur ce plan, les médias classiques ont fait leur preuve. Lorsqu’on l’avait interrogé sur la splendide évolution du chiffre d’affaire de sa division vins et spiritueux, Bernard Arnault, le CEO de LVMH, le géant mondial du luxe a dit malicieusement : « Je ne sais pas si dans 100 ans Facebook sera là, mais je sais qu’on boira encore du Champagne ». La presse média (print et web) existe depuis Gutenberg et procurera le même plaisir que le champagne. A condition de sauvegarder notre crédibilité, la source principale de la confiance.