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Pourquoi la Chine ?, par Christophe Willocx (Serviceplan Beijing)

Dimanche 27 Août 2017


Pourquoi la Chine ?, par Christophe Willocx (Serviceplan Beijing)
C’est ce qui s’appelle "avoir de la chance dans son malheur". Après la compétition BMW, il y avait eu pas mal de changement chez Serviceplan Belgium, et cela m’avait amené à réfléchir. Le moment était peut-être venu de vraiment sortir des sentiers battus. 25 ans et célibataire, dans ce cas-là, on n’hésite pas beaucoup. Via la direction de l’agence belge, j’ai pris contact avec Serviceplan Beijing. Quelques skype calls plus tard, et une maman en larmes, j’étais dans l’avion. Mais cela aurait pu tout aussi bien tourner autrement. Outre Beijing, j’avais également des contacts avec Serviceplan Hamburg et Munich, le siège et berceau de la “Deutsche Werbung”. Mais une aventure aussi lointaine (la Chine !) a un côté irrésistible dont on prend rapidement conscience.
 
Les premières journées sont bouleversantes. Ce sentiment de “what have I done” ne vous quitte pas. Heureusement mon nouvel AD était venu m’accueillir à l’aéroport à 5h du matin et m’avait immédiatement intégré à son groupe d’amis. Une semaine plus tard, nous campions ensemble sur la Grande Muraille de Chine. Cela me fait bizarre de repenser à cette époque. Tout s’est passé avec une facilité surprenante. Ce qui avait commencé comme un baptême chaotique s’était rapidement transformé en nouveau foyer. Avec un effort minimal, vous pouvez construire votre vie ici. Le travail, les amis et les hobbys adéquats et le reste coule de source. J’en connais quelques-uns qui, après quelques mois, ne se voyaient pas prolonger l’expérience. S'ils vous racontent par la suite qu'ils étaient paralysés par la langue étrange, la spontanéité accablante des nombreux expatriés ou le confort de cette ville de service, vous vous rendez compte que la balle est complètement dans votre propre camp.
 
La publicité en Chine ?

Oui, c’est différent. Non, ils n'écrivent pas verticalement ici, mais finalement, vous ne pouvez pas y échapper. Ce que je fais ? De la conception. Le grand problème en Chine, c’est que l’esthétique prime sur l’idée. Je n’ai jamais vu autant de talents graphiques réunis, mais demandez-leur de concevoir une campagne rapidement, un petit sentiment de panique s’installe. J’exagère, mais on sent tout de suite la différence de culture. Parmi mes 130 collègues (une piqure de moustique par rapport aux grands requins qu’on côtoie ici), 100 sont Chinois. Certains clients exigent un team créatif international, d’autres préfèrent du 100% local.
 
En tant que Belge, je me sens parfaitement dans mon élément. Nous n’avons peut-être pas l’habitude de gérer de grands budgets, mais notre force, c’est de savoir ramener un problème complexe à un simple question/réponse.
 
Qu’en est-il des préjugés ?

Impossible de passer à côté, Beijing n’a pas une réputation des plus positives. Le smog, les gens, les constructions grises. Mais vous prenez rapidement conscience que cela n’a pas vraiment d’importance. C’est une ville qui vous avale complètement. Un alignement infini de grands blocs d’appartements, interrompu par des autoroutes à cinq voies, quelques parcs de la taille d’un village belge et une marée humaine inimaginable. Cela semble terrible et ce l’est. Cependant, c’est aussi une ville de la facilité. On y trouve une solution pour tout (oui, tout), ce qui ne veut pas dire que la solution soit toujours la bonne.
 
En tant qu’expat vous évoluez de toute façon dans une bulle, surtout au cours des six premiers mois. Vous apprenez la langue, ou pas, vous cherchez à vous faire des amis et vous vous rendez indispensable au bureau. Une connaissance basique du chinois est nécessaire, on n’est pas à Shanghai ou Hong Kong. J’appelle cela le "street speak". Je pourrais tatouer sur mon front Camarades, Copains, Maes. Vous vous faites des amis chaque fois que vous sortez, mais un an après, vous pouvez recommencer.
 
Beijing n’est pas une ville pour quelqu’un qui veut s’établir. La durée moyenne du séjour ici est de deux ans. Pensez au nombre de visages que vous voyez défiler. Oui, impossible de mettre de côté certains préjugés, mais finalement cela n’enlève au parfum d’aventure qui nimbe cette ville, ce pays.



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