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Fact checking : Ventures Media pris la main dans le sac (de l'IA)

Dimanche 29 Juin 2025

Fact checking : Ventures Media pris la main dans le sac (de l'IA)

Dans le contexte actuel, c’est un coup de canif malvenu dans la brand safety des marques locales, et c’est édifiant. Une enquête très documentée menée par VRT NWS a dévoilé que le groupe Ventures Media a joué aux apprentis sorciers en publiant ces derniers mois quantité de contenus entièrement générés par l'IA. Des contenus signés de surcroît par de faux profils de "journalistes" - comme Sophie Vermeulen (photo) - et ce, dans ses différents titres - Elle, Marie Claire, Psychologies et Forbes. Et il ne s'agirait pas de cas isolés : selon la VRT, ces "articles" représenteraient plus de la moitié des contenus publiés entre mars et mai derniers sur le site belge de Elle et un peu moins de la moitié de ceux publiés par Marie Claire depuis le début de l’année. 
 
Plus grave, la VRT rapporte également que sur le site de Psychologies, la quasi-totalité des publications du mois de juin est signée d'une certaine Femke, qui se présente comme une "psychologue expérimentée" et qui, en réalité, n'existe pas. On peut d'ailleurs se demander si la ressemblance du nom avec le terme "fake" n'est pas une preuve supplémentaire du cynisme des développeurs maison. Quoi qu'il en soit, Femke a suscité l’indignation de la Commission des Psychologues de Belgique, rapportent encore les auteurs de l'enquête.
 
Contacté par la VRT, un responsable de Ventures Media parle d'un test technique et reconnait que le groupe génère des articles entièrement rédigés par l'IA qui ne sont pas relus par la rédaction et n’ont aucun lien avec elle. 
 
Update : Par le biais d'un communiqué, Florian de Waseige, COO de Ventures Media, a réagi aux révélations de VRT NWS à propos de la publication d'une série de contenus entièrement produits par l'IA et, surtout, signés par de faux profils sur les sites belges - principalement en néerlandais - de différentes marques du groupe. 
 
Ventures Media répète que « dans le cadre d'une stratégie numérique plus large », il a mené des tests avec l'IA générative « afin de mieux comprendre quels sujets trouvent un écho auprès de notre public en ligne, actuel et nouveau ». 
 
L’éditeur souligne que cette initiative était strictement limitée aux sites web et n'incluait aucun contenu publié dans les éditions print des titres concernés. 
 
Il reconnait qu’avoir publié ces contenus sous des noms fictifs, manquait de « transparence » et que « les lecteurs méritent plus de clarté sur la paternité des articles ». 
 
Et de conclure : « Nous restons pleinement engagés en faveur de la transparence, de l'intégrité éditoriale et d'un journalisme de qualité. Nous avons amélioré nos processus, notamment en indiquant clairement les contenus générés par l'IA et en supprimant les noms d'auteurs fictifs. »  
 

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