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MEDIA

Ain't no Sunshine, par Griet Byl (MM)

Dimanche 15 Mai 2022

Ain't no Sunshine, par Griet Byl (MM)

En Grande-Bretagne, la BBC a réalisé une étude inhabituelle et intéressante. 80 familles ont dû passer neuf jours - dont deux week-ends - sans pouvoir consommer de contenu du vénérable radiodiffuseur britannique. Ainsi, ils n'avaient pas accès aux JT de la télévision publique, ni à ses bulletins météo, ni aux recettes de BBC Food, ni aux épisodes de "The Archers" sur BBC4, ni aux clips du "Graham Norton Show" sur Instagram, etc. 
 
À la fin de la période d'essai, la majorité des répondants se sont dit étonnés par l'ampleur et la fréquence du manque perçu. Ce qui était exactement l’objectif poursuivi : avec cette étude, la BBC souhaitait non seulement justifier la redevance TV (£159 par an), toujours obligatoire au Royaume-Uni, mais elle voulait surtout montrer l'importance et la diversité du rôle qu'elle joue dans la vie quotidienne des Britanniques. 90% des adultes l'utilisent en moyenne 18 heures par semaine, mais la plupart d'entre eux n'ont aucune idée de l’ordre de cette consommation et considèrent que cette omniprésence comme une évidence.
 
Que la valeur des choses (et des personnes) ne saute aux yeux que lorsque celles-ci disparaissent, est un fait notoire en psychologie et un phénomène profondément humain, assez souvent utilisé d’ailleurs pour créer un besoin, que ce soit en marketing ou ailleurs. Mais ce n’est pas l’insight que nous voudrions mettre en valeur ici. Les résultats de cette étude nous ont semblé une bonne occasion pour rappeler la légitimité d'un service public de radiodiffusion à part entière et de qualité. Pour répéter l’importance de son rôle nécessaire afin de nous tenir informés et éveillés en ces temps tout en noir en blanc.
 
D'ailleurs, des médias locaux privés financièrement sains et viables ressortent de la même nécessité. Comme un barrage contre le monopole et la voix unique, un moteur pour le pluralisme. Comme un contrepoint rafraîchissant et une bulle d’oxygène pour respirer entourés que nous sommes par l'uniformité internationale. Et parce que la concurrence (loyale) maintient les acteurs et les consommateurs en alerte, de sorte qu'ils continuent à placer la barre et leurs attentes à un niveau suffisamment élevé.
 
Des questions telles que la concentration croissante des médias, l'attribution des licences radio FM flamandes qui est actuellement réexaminée par le Conseil d'État ou les nouveaux accords de gestion de nos radiodiffuseurs publics, méritent donc notre plus grande attention. Car qui a envie de consacrer les nombreuses heures de vision et d’écoute qui caractérisent notre consommation actuelle exclusivement aux réseaux sociaux ?

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