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MAMAA Mia !, par Fred Bouchar (MM)

Dimanche 8 Mai 2022

MAMAA Mia !, par Fred Bouchar (MM)

En ce jour de fête des mères, êtes-vous prêts à adopter ce nouvel acronyme : MAMAA plutôt que GAFA (ou GAFAM ou GAFAN, selon que l'on considère ou non Microsoft et/ou Netflix) ? 
 
Comme nous l'apprend Fortune, Jim Cramer, le showrunner de "Mad Money" sur CNBC, a en effet tranché : ce sera désormais Meta Apple Microsoft Amazon Alphabet, parlant de ce "quintech", dont le chiffre d'affaires cumulé a atteint près de $1.379 milliards l'an dernier. Pour ceux qui comme moi, peuvent difficilement imaginer ce que représente ce chiffre, on dira simplement qu'il équivaut pour ainsi dire au PIB de l'Espagne ou de l'Australie... 
 
Les fondateurs et les dirigeants - passés ou présents - des MAMAA font accessoirement partie du classement des hommes les plus riches de la planète, dominé, comme on le sait, par Elon Musk. Paradoxe : il a beau envoyer des voitures dans l'espace, nous promettre Mars, vouloir transformer son nouvel oiseau bleu en bastion de la liberté d'expression, à l'inverse de ses amis Zuckerberg, Cook, Nadella, Bezos et Pichai, Musk n'est donc pas invité à la noce des MAMAA. Ou disons, pas encore... 
 
Dans le monde des riches, l'argent, ça doit être amusant, chantait ABBA. Et Musk s’amuse beaucoup. 
 
Du moins, il n'a pas le temps de s'ennuyer. Rien que ces derniers jours, il a distillé plein d'idées pour doper les revenus ridiculement bas de Twitter ($5 milliards), comme celle de rendre le réseau payant pour certains utilisateurs ou facturer l'intégration de tweets pour les médias et les entreprises... Ce qui est assez cocasse, comme le relevait Le Journal du Geek : « L’idée de payer pour citer des messages de la plateforme pourrait entrer en conflit avec l’un des points fondamentaux de la Constitution américaine, à savoir le premier amendement, qui garantit la liberté d’expression. Plutôt embarrassant à l’heure où l’homme d’affaires a justement fait de cette liberté sa priorité. »
 
A ce propos, vous avez sans doute lu qu'une coalition d'ONG menée par Media Matters for America, appelle déjà les annonceurs à éviter Twitter si jamais la modération des contenus y devenait complaisante envers le harcèlement et les discours de haine. Et de les prévenir : « Votre budget publicitaire peut financer le caprice de Musk ou le responsabiliser. » 
 
Responsabiliser... Vraiment, vous y croyez une seconde ? Mama mia ! 

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