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PR chez Facebook : le job le plus éreintant du monde, par Fred Bouchar (MM)

Samedi 25 Septembre 2021

PR chez Facebook : le job le plus éreintant du monde, par Fred Bouchar (MM)

A la lecture des Facebook Files du Wall Street Journal, pour ne citer que cette dernière salve de frappes chirurgicales à l'encontre de sa petite entreprise, on comprend que Mark Zuckerberg meurt d’envie de se plonger dans le métavers. C'est peu dire que la vie IRL ne lui fait pas de cadeau. Aujourd'hui, même ses employés s'y mettent : la plupart des documents qui étayent l'enquête du WSJ proviennent en effet de sources internes. 
 
« Parlant de cette enquête, le plus choquant de l'histoire, c'est que toutes ces infos infernales proviennent de la bouche même des dirigeants de Facebook, sous forme de mémos qu'ils rédigent eux-mêmes. Ils savent parfaitement le mal qu'ils font, les mensonges qu'ils formulent, et ils ne font rien pour changer. Leur souci est de tout cacher. Facebook est une organisation corrompue et pourrie. Zuckerberg et Sandberg savent parfaitement ce qui se passe et sont au centre d'une culture dépravée qui gagne toute leur entreprise », fustige l'ancien copy publicitaire Bob Hoffman dans sa newsletter Ad Contrarian.
 
Nick Clegg, le VP Global Affairs de Facebook, a bien tenté de calmer le jeu - « le WSJ soulève des questions sérieuses et complexes, et il est tout à fait légitime que Facebook soit tenu de rendre des comptes » -, pour mieux botter en touche, évoquant « des interprétations délibérément erronées de ce que la firme essaie de mettre en place ». Il n'a pas convaincu.
 
« Dude, your company is a shit factory and you are a clown », lui a balancé Bob Hoffman.
 
Mark a beau répéter que Facebook est une force pour le bien social, dont les avantages l'emportent sur les dommages, ses prosélytes semblent de moins en moins nombreux. A l'inverse de ceux qui considèrent que « les problèmes persistants de la plateforme sont plus des fonctionnalités que des bugs », écrit Vanity Fair.
 
Du coup, frustré de ne plus pouvoir contrôler son storytelling, Zuckerberg aurait décidé de passer à l'offensive, et il a un plan pour réparer l'image de Facebook : fini les excuses, place au projet Amplify. 
 
Selon le New York Times, il s'agirait de nourrir les utilisateurs du réseau d'histoires pro-Facebook directement placées dans le fil d'actualité pour donner une vision plus positive de l'entreprise. Une première : jamais Facebook n’avait utilisé le fil d’actualité pour préserver sa propre réputation, rappelle le NYT, qui ajoute que plusieurs cadres ont d’ailleurs été choqués par cette initiative... Ce qui, soit-dit en passant, accrédite l’idée que les RH maison sont peut-être autant sous pression que les PR. 
 
Quoi qu'il en soit, pendant que la maison brûle, Amplify aurait été testé cet été dans plusieurs villes américaines. Le NYT rapporte que les utilisateurs du réseau social pouvaient voir des posts avec un logo Facebook les renvoyant vers des contenus publiés par l’entreprise et/ou par des sites d’information locaux. L'un d'eux présente "les dernières innovations de Facebook pour 2021", expliquant comment l’entreprise a réussi à atteindre "100% d’énergies renouvelables pour ses activités mondiales"... A l’évidence, typiquement le genre d’info qui renforce la crédibilité de FB. 
 
Une chose est sûre, avec ou sans leurs Amplify Stories, les PR de Facebook n'ont pas fini de s'arracher les cheveux, et on peut prédire sans trop risque quelques sévères burn-out en perspective au sein des équipes. 
 
Keep on surfin’ Mark !

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