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La reconversion d'Emmanuel Denis: de directeur commercial à maître cirier

Samedi 17 Avril 2021

La reconversion d'Emmanuel Denis: de directeur commercial à maître cirier

Take Care. Cette expression de plus en plus usitée ces derniers mois, est aussi le nom d'une nouvelle marque belge de bougie, déposée il est vrai en novembre 2019, avant le confinement, par Emmanuel Denis.
 
Après 25 ans de carrière chez IPM, l'ancien directeur de la régie du groupe s'est en effet reconverti en entrepreneur. Au côté de Pauline Cantal, sa première collaboratrice, Emmanuel Denis s'est lancé dans ce marché hautement concurrentiel, assurant tout à la fois la production, la vente, le marketing, l’administration de sa start-up. Rencontre ou plutôt... retrouvailles.
 
Vous le dites vous-même : le marché des bougies d'intérieur est en plein boum et hyper concurrentiel... Comment s'imposer sur ce marché sans aucune expérience ?
 
C'est en effet une gageure, mais c'est aussi ce côté challenging qui me tentait. Tout comme je voulais me réinventer, j'ai embrassé ce nouveau business en essayant de faire de même, en toute modestie. C'est-à-dire en tentant de faire la différence au travers du positionnement produit : créer avec amour et délicatesse des bougies artisanales et écologiques, 100% belge.
 
Et vous vous êtes lancé seul en démarrant from scratch ?
 
Pas tout à fait. Je suis soutenu par un investisseur, mais pour le reste, oui, j'ai lancé l'entreprise et la marque seul. Depuis quelques semaines, je suis épaulé par Pauline, artiste photographe, qui partage avec moi la passion pour la nature, l’aromathérapie et l’envie d’élaborer des produits éthiques et éco responsables.
 
Le projet a pris un peu de retard en raison du confinement. J'ai démarré l'activité de production en octobre, après avoir suivi à Toulon une formation pour obtenir le diplôme de maître cirier. Une bougie, cela a l'air de rien mais en réalité, c'est une alchimie complexe entre le contenant et le contenu - la cire, la mèche et la fragrance ; la température de l'atelier est aussi déterminante, de même que l'humeur du maître cirier : il faut être patient et bienveillant... En amont, nous avons également suivi une formation de cinq jours en production bougies et une formation light en aromathérapie, pour mieux appréhender la composition de fragrances à partir de fleurs.
 
Vous parlez d'amour, de délicatesse, de fleurs et d'écologie... On l'a compris la marque Take Care se veut meaningful dans son approche, et son positionnement découle de la fabrication, c'est bien ça ?
 
En effet. Nous allons abandonner les parfums - car qui dit parfum dit combustion synthétique - pour nous tourner vers les huiles essentielles, j'ai aussi voulu m'attacher à des produits naturels que ce soit au niveau de nos cires et de nos mèches. La cire est à base d'une huile de soja produite en Espagne et certifiée bio, là où 80% de la production de bougies utilisent la paraffine qui, comme vous le savez, est constituée de résidus de produits pétroliers. Les mèches sont en coton. Pour l'huile essentielle, je fais appel à un couple belge de producteur de fleurs, installé à Madagascar, qui mise sur des plantations éthiques et qui soutiennent les villages avoisinants. 
 
Tout cela nous a permis d'obtenir le label de certification bio Ecogarantie de la TUV en Allemagne, et je suis très fier de préciser que c'est une première en Belgique !
 
Un autre élément constitutif de notre ADN, c'est le refill : donnez une deuxième vie à votre bougie. Que ce soit une bougie Take Care ou une autre, nous pouvons la recharger en 48h. C'est le circuit court, cela parle à de plus de plus de clients et cela contribue aussi à nous positionner différemment des autres marques que l'on trouve sur le marché.
 
Comment s'articule la gamme Take Care ?
 
Notre production s'articule autour de quatre collections, liées aux saisons et à des fragrances naturelles saisonnières, comme un blend de jasmin pour le printemps. Nous proposons également des éditions limitées - entre 100 et 200 exemplaires - soit liées à un événement, soit liées à un produit collector. Par exemple, les 150 ex. de notre bougie Saint-Valentin ont été vendus en 48h. Produite en même quantité, notre bougie Woodstock dans son contenant en bois noble a été en rupture de stock en 24h.
 
Quid des ventes et de la distribution ?
 
Outre nos ventes directes via takecare-candle.com, qui est très bien référencé, notre circuit de distribution est actuellement d'une dizaine de stores partenaires sur Bruxelles et le Brabant-Wallon. Nous avons l'ambition de nous développer en Flandre - plus précisément à Louvain, Gand, Anvers et Knokke -, ensuite nous viserons la France et les Pays-Bas, à l'échéance 2022.
 
Pour l'heure, les ventes proviennent à 50/50 du site et des shops.
 
Vous êtes satisfait des premiers résultats ?
 
Après trois mois, c'est évidemment un peu tôt pour se prononcer mais oui, je suis satisfait des ventes... Elles sont en constante progression et j'ai aussi le sentiment que cette croissance traduit déjà une belle fidélisation de notre clientèle actuelle. 
 
Et quid du marché B2B ?
 
Nous avons réellement démarré nos ventes à la mi-décembre 2020, principalement vers le B2C. Nous étions en pleine crise du Covid et de facto, le B2B n’a pas répondu à nos attentes. Pour autant, aujourd’hui, ce marché nous questionne sur nos possibilités de créer des collections de bougies brandées. Les bougies peuvent être aussi un cadeau d’entreprise original. Nous y croyons très fortement. 
 
D’ailleurs, si vous le permettez, j'aimerais offrir 10 bougies de notre nouvelle fragrance à vos lecteurs. Après tout, ce sont mes anciens collègues et clients (rires). Ceux qui sont intéressés peuvent m'envoyer un mail. First in, first served.

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