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Moulin à paroles, par Fred Bouchar (MM)

Lundi 22 Février 2021

Moulin à paroles, par Fred Bouchar (MM)

La première règle de Clubhouse : il est obligatoire de parler de Clubhouse.

La deuxième règle de Clubhouse : il est obligatoire de parler de Clubhouse. 
 
C'est même l'USP du dernier hit de la Silicon Valley : on en parle, beaucoup, de plus en plus. 

Et on y parle, de tout, tout le temps. On ne fait même que ça. 
 
Du Voice pur jus, porté par des célébrités de tous bords : entrepreneurs, rappeurs, acteurs… Depuis qu'il a convié Poutine à débattre (on ne sait trop de quoi), c'est la voix d'Elon Musk qui résonne le plus dans les salles de discussion du Clubhouse. 
 
C'est la règle numéro trois : se faire inviter (merci à Leila André et Gabriel Goldberg - je lis que certains internautes monnaient leurs deux invitations à prix d'or sur eBay) et s'inscrire sur ce réseau social aux airs de dîner VIP dans l'espoir de croiser les grands de ce monde, comme l'écrit Le Monde. Le fantasme du cercle de happy few. Même s'ils sont de plus en plus : les fondateurs de Clubhouse, Paul Davison et Rohan Seth, avancent 1,5 million de membres. 
 
On en parle, beaucoup, de plus en plus. 
 
Et on commence à faire sa pub en mode B2B sur cette hybridation de Linkedin et de podcast. Outre-Atlantique, si l'on en croit Ad Age, les marketers affluent : Fernando Machado, le CMO de Burger King, compare l'expérience Clubhouse à un "fun live radio talk-show". Avec nos mots à nous, on parlerait plutôt d’un truc comme la radio libre de l’époque. Avec un son de meilleure qualité, il est vrai.
 
Récemment, nos amis AdSomeNoise ajoutaient au bruit ambiant en nous invitant à venir "râler sur le marketing" en direct... Y a de quoi, en effet. Mais les premiers à se plaindre sont les Android maniacs : n'espérez causer de l'Homo Digitalis avec Thierry Geerts, les places du Clubhouse étant réservées aux propriétaires d'un iPhone. 
 
Il y a ceux qui sont à plaindre et il y a les jaloux. Il paraît qu'entre deux memos enjoignant ses équipes à "faire du mal à Apple", le patron de Facebook leur aurait aussi demandé de copier le jeune locataire de l'App Store… Zuck se sentirait-il à l'étroit dans ses meubles ? Serait-il atteint du syndrome FOMO comme tous les grands enfants gâtés ? 
 
En attendant de pouvoir s’amuser avec son propre Houseclub, pour se calmer, Mark devrait peut-être fréquenter la salle d’Axel Mansoor. Axel qui ? Le gars sur l’icône de l’app Clubhouse : un jeune auteur-compositeur, dont la salle de discussion réunit régulièrement plus de 5.000 personnes sur le thème des... berceuses. Sans doute un remède 2.0 pour éviter de causer en dormant. 
 
Mais avant de me coucher, une nième notification m’indique que c'est le moment de suivre un débat tout aussi existentiel : "Quel avenir pour Clubhouse ?" 
 
Quoi ? On se pose déjà la question ? Tu parles, Charles ! 

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