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Is there anybody out there ?, par Griet Byl (MM)

Samedi 4 Avril 2020

Is there anybody out there ?, par Griet Byl (MM)

L'un des moments forts absolus de la semaine se produit généralement le samedi matin. Au lit, en compagnie de quelques tasses d'espresso fraîchement moulu, deux madeleines et les pages littéraires du magazine français Les Inrocks. 

En temps normal, la nouvelle édition tombe dans la boîte aux lettres tous les mercredis ou jeudis, anticipant la réjouissance attendue du week-end. Pour le moment hélas, confinement oblige, les abonnés belges doivent se contenter de la version numérique mise en ligne en avant-première certes, mais moins sensuelle à la lecture quand même. Heureusement, la richesse du contenu est restée inchangée.

En effet, la rédaction de l’hebdo met à profit cette période atypique pour interroger chaque jour une tête pensante de notre société : philosophes, politiciens, artistes et auteurs racontent à tour de rôle à quoi le monde ressemblera demain, quand cette terrible crise sanitaire sera derrière nous. Dans l'une des premières interviews de la série, l'économiste et écrivain français Daniel Cohen examine l'impact que la pandémie pourrait avoir sur la mondialisation et la percée définitive de ce qu'il appelle le capitalisme numérique.

Pour rendre la société post-industrielle dans laquelle nous vivons aussi rentable que possible, explique Cohen, un maximum d’aspects de notre monde et de notre société sont dématérialisés et transférés vers leur double virtuel. Le travail se fait à distance, le divertissement dans le cloud et le shopping en ligne.

En ce sens, cette crise est du pain béni pour les géants du Net : il ne faut plus quitter la maison pour le boulot, ni pour se détendre, ni pour faire ses courses, ni même pour voir ses amis. D’après Cohen, la crise sanitaire leur permet de tester à taille réelle jusqu'où ils peuvent aller pour rationaliser leur activité en la numérisant, et de voir comment leurs consommateurs réagissent à ce monde déshumanisé.

Bien sûr, tout ceci recèle aussi des opportunités pour le monde de demain, et pas seulement pour les acteurs internationaux. Les acteurs locaux peuvent également tirer parti des possibilités offertes par cette bulle virtuelle. Ce qu’ils font d’ailleurs, et rapidement, créativement, comme nous avons pu le constater ces trois dernières semaines.

« Il faudra une période de désintoxication après cette crise sanitaire », conclut Cohen. Et nous serons peut-être mieux en mesure d’imaginer de quoi aurait l’air un monde digital, déshumanisé. 

En attendant, mon libraire préféré est venu livrer sa sélection personnelle de nouveautés. A vélo. Gracieusement. Nous avons même discuté. À distance, mais chaleureusement. Un moment fort.

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