Nl
Close

BRANDS

Conf Call Confessions - Steven Van Belleghem : "Aucun écran ne peut compenser le transfert d'énergie du contact physique", par Sofie Verstreken (Chief Strategy Officer, BBDO Belgium)

Dimanche 5 Avril 2020

Conf Call Confessions - Steven Van Belleghem :

L'art de tirer parti d'une crise : adieu les embouteillages, voici venu le temps de se lancer dans des projets qui étaient dans les cartons depuis une éternité. Dans mon cas, il s'agit d'une série d'entretiens avec mes héros du monde du marketing et des médias.

Quarantaine oblige, même les héros connaissent des hauts et des bas. Tout le monde se retrouve inopinément confronté à soi-même et à sa carrière. Cet arrêt forcé fait surgir des questionnements tant sur le passé que sur l'avenir. De « Ah, si seulement j'avais... » à « Pourquoi ne pas essayer de... ? » 

Bref, le moment idéal pour avoir une discussion franche et sans tabou. En respectant bien entendu les règles de distanciation sociale.
Mon premier héros personnel qui a accepté de se prêter au jeu de la Conf Call Confession est un entrepreneur, auteur à succès et professeur de marketing. J'ai nommé : Steven Van Belleghem (Nexxworks).

Comment allez-vous  ? Ces semaines de confinement ont-elles impacté votre travail ?

Absolument. Le début de la crise a été assez difficile à vivre pour moi. L'impact sur mon travail est immense.

Mon agenda - normalement très chargé en voyages et conférences - est complètement vierge pour les six prochains mois. Cela a été un véritable tsunami. À la fois inattendu et dramatique. Il m'a fallu deux bonnes semaines pour m'en remettre un peu. Maintenant que l'on se lance dans les conférences digitales, je commence à voir de nouvelles opportunités.

Je suppose que bon nombre de nos lecteurs sont aussi envahis par un sentiment d'incertitude. Avez-vous des conseils à leur donner pour gérer cette situation ? 

Au début de la quarantaine, je me réveillais souvent très tôt à cause du stress. C'est pourquoi j'ai décidé de faire de longues promenades. L'air frais, le rythme constant, la nature... Cela me remplit de sérénité et d'énergie. Chaque matin, je marche 15 à 20 km en écoutant des podcasts inspirants. 

Avez-vous fait le point sur votre carrière lors d'une de ces promenades  ? Qu'est-ce qui vous a permis d'arriver là où vous êtes aujourd'hui  ?

Je le dois à plusieurs grands jalons et tournants dans mon parcours. Au début de ma carrière, à la Vlerick (Management School), on m'a tout de suite "jeté aux fauves" en me faisant donner cours aux étudiants. Plus tard, à la Vlekho, j'ai aussi consacré beaucoup de temps à enseigner. Cela a été pour moi une belle école. Chez Insites Consulting, j'ai pu me familiariser avec l'entrepreneuriat. Ma mission consistait à suivre de près toutes les innovations digitales dans le secteur. Le succès de mon premier livre a été le déclencheur qui m'a poussé à tracer ma propre voie.

J'ai dû aussi faire preuve de persévérance. Si la réalisation et le partage de contenus me passionnent, je suis bien conscient que c'est un projet de longue haleine. Au début, ma chaîne YouTube comptait très peu d'abonnés. Il faut des années de travail acharné pour offrir un flux continu de contenus - de qualité parfois inégale - avant de voir ses efforts récompensés. Chaque article doit être de qualité, sans viser la perfection.

Mais ce qui me motive le plus est l'accueil favorable des personnes qui suivent mes conférences, quand je me rends compte que mes propos les incitent à prendre de nouvelles initiatives et des décisions audacieuses. C'est bien là l'objectif !

Avez-vous connu des moments d'incertitude dans votre carrière ? Où vous auriez souhaité disparaître en quarantaine à tout jamais ?

Avant, lors de présentations importantes, je commettais souvent l'erreur de vouloir proposer quelque chose d'entièrement nouveau. Le problème, c'est qu'on ne sait pas si ça va marcher. Le public va-t-il réagir ou rire au bon moment ? Lorsque le déclic ne se produisait pas, j'étais terriblement déçu et je m'en voulais beaucoup. Je me reprochais de ne pas m'être préparé suffisamment. Dans ces cas-là, il faut se concentrer sur la manière d'éviter le problème à l'avenir. Entre-temps, mon histoire évolue de façon beaucoup plus organique. Aujourd'hui, chaque présentation est un peu différente. Je n'ajoute qu'un seul élément à la fois. Cela permet de faire les essais nécessaires, comme un comédien. 

Que pensez-vous que cette période d'introspection vous apprendra sur vous-même ?

La façon de gérer l'incertitude. Je suis par nature quelqu'un qui planifie tout des mois à l'avance. Avec la crise, je ne sais absolument pas quand je vais pouvoir me remettre à voyager et à donner des conférences. Quel sera l'impact sur mon emploi ou sur l'économie ? Cela m'oblige à faire preuve de flexibilité. Et pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'élaborer toute une série de scénarios. Histoire de rendre cette incertitude plus supportable.

Qu'est-ce que les Belges retiendront de cette expérience ? Quelles habitudes vont-ils adopter définitivement selon vous ?

Le monde entier apprend à se débrouiller en ligne. Nous sommes tous contraints de recourir au digital pour nous informer, nous détendre, travailler, faire nos courses... Si votre aspirateur tombe en panne aujourd'hui, même si vous êtes peu versé dans le numérique ou n'aimez pas ça, vous serez bien obligé d'en acheter un nouveau sur Internet. C'est une évolution qui va s'ancrer définitivement. 

Archive / BRANDS