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Vincent Delmotte (Azerion) : "Le nombre de gamers explose, en Belgique comme ailleurs"

Jeudi 2 Avril 2020

Vincent Delmotte (Azerion) :

Parmi les différentes activités du groupe Azerion (création et publication de contenu, adtech ou solutions de monétisation pour les éditeurs), les produits de "casual gaming" occupent une place de choix. Le groupe propose plus de 13.500 jeux. Sa croissance, exponentielle à l'échelle européenne, procède par acquisitions ou partenariats. Comme en témoigne la récente joint-venture "Talpa Gaming, powered by Azerion" issue d'un accord stratégique avec le groupe néerlandais de John de Mol.

Azerion et Vincent Delmotte, Managing Director de la filiale belge du groupe, sont donc bien placés pour nous éclairer sur la croissance actuelle du gaming online (et souvent sur mobile) dans un contexte qu'il ne faut plus expliquer. 

Alors qu'elle s'était jusqu'ici montrée plutôt critique à l'égard des jeux vidéo pratiqués à trop forte dose, l'OMS encourage désormais leur usage ; elle va même jusqu'à soutenir l'initiative #Play Apart Together de plusieurs éditeurs pour inciter les gamers au bon respect des consignes de confinement... On remarque d'ailleurs que les jeux vidéo gratuits suscitent le même type d'engouement que les plateformes de streaming et que la télévision en ce moment : le nombre de joueurs explose un peu partout. Est-ce également le cas chez nous ? 

Très clairement. Selon nos données, en Europe, l'augmentation du nombre de joueurs atteint 43%, et même beaucoup plus dans les pays où le confinement a démarré plus tôt, comme l'Italie (+55%) et l'Espagne (+64%). En Belgique, la croissance était de 27% entre le 25 février et le 24 mars... Autant dire qu'elle ne cesse d'augmenter depuis le confinement. Et ce phénomène touche toutes les tranches d'âge.

Au-delà du nombre de joueurs, ce qui frappe également, c'est l'explosion du temps passé sur les jeux gratuits. Par exemple, sur la plateforme sociale Hotel Hideway, il a presque doublé à 120 minutes/jour. En moyenne, l'augmentation du temps passé en mode "casual gaming" est de 71% en Europe. Chez nous, sur mobile et sur la période février-mars, nous sommes à +53% en moyenne.

Quels types de jeux rencontrent le plus de succès actuellement ?

Les trois types de jeux les plus prisés du moment sont les jeux de poker comme Monopoly Poker ou Governor of Poker, les jeux de social gaming comme Habbo et le casual gaming plus généralement.

Parvenez-vous à "monétiser" cette audience accrue ?

Globalement, les revenus du gaming digital sont en hausse. Il y a deux types de revenus issus de cette activité : la publicité et la partie payante provenant des joueurs eux-mêmes (les jeux "free-to-play" proposent souvent des achats virtuels intégrés sous forme de micro-paiements, ndlr.). On constate que l'augmentation des audiences suscite un intérêt croissant à la fois pour les annonceurs et pour les éditeurs. Ces derniers peuvent en effet à leur tour bénéficier de cet engouement en intégrant nos jeux sur leurs propres sites. 

Nous sommes en discussion avec plusieurs groupes de presse à ce niveau. IPM, pour ne pas le citer, va ainsi prochainement offrir aux lecteurs en ligne de La Libre et de La DH une série de jeux Azerion.

Vous dites que les revenus sont en hausse. Est-ce également le cas de ceux liés à la pub ?

Comme partout, les ventes directes sont en recul. En revanche, les revenus liés au programmatique restent relativement stables grâce notamment aux investissements du secteur de l'entertainment.

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