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MEDIA TALKS

Moins mais mieux, par Anne-Sophie Bailly (Rédactrice en chef, Le Vif/L'Express)

Dimanche 8 Mars 2020

Moins mais mieux, par Anne-Sophie Bailly (Rédactrice en chef, Le Vif/L'Express)

Toujours plus. D’infos. D’articles. De notifications. De newsletters. De posts Facebook. De tweets. Et toujours plus vite. 
 
Quand les médias sont entrés de plain-pied dans l’ère digitale, c’était devenu leur credo.  Occuper le terrain et être les premiers, partout, tout le temps. Une course permanente pour occuper les écrans et annoncer, avant les autres, la mort d’une célébrité, un résultat sportif ou un accord de gouvernement. Mais ça c’était avant.
 
Aujourd’hui, de nombreux éditeurs ont mis un stop à ce sprint sans fin.  Et c’est tant mieux.
Car, et il faut en être conscient, il est impossible pour un lecteur lambda de lire toute la production de son media préféré (lisez ici du Vif/L’Express ou levif.be). Même s’il est très très motivé.  Alors plutôt que de multiplier les contenus à l’infini, une série de rédactions ont adopté un nouveau mantra : « Less is more ». Y compris votre titre préféré (lisez ici encore levif.be).
 
Concrètement ? L’information vite produite, vite consommée, vite jetée, votre magazine préféré (lisez ici toujours Le Vif/L’Express ou levif.be) laisse cela aux moteurs de recherche et aux agrégateurs de contenus pour privilégier les productions abouties, anglées, éditées et soignées.  Aucun internaute ne se plaindra d’avoir X articles en moins si le contenu qu’on lui propose est à ce point qualitatif.
 
L’intérêt de l’information et la qualité de son traitement priment sur la rapidité.  Et les notions d’engagement, de recirculation, de rebond, de conversion et d’écosystème vertueux sont désormais dans tous les esprits.
 
Et ça marche ? Oui, si l’on en croit les chiffres de fréquentation du site du Monde ou le nombre d’abonnements au Guardian. Quant aux nombres de lecteurs du New York Times, il fait carrément rêver. C’est donc que c’est possible. Et c’est ce qu’on va faire.