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Seen from Space : Kids & TV, the end of the fairy tale

Dimanche 1 Septembre 2019

Seen from Space : Kids & TV, the end of the fairy tale

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Les enfants passent beaucoup de temps devant des écrans. Souvent trop aux yeux de leurs parents. Ces écrans se sont multipliés, sont devenus nomades et toujours plus connectés, et ils sont évidemment devenus de terribles concurrents de la télévision traditionnelle. PC, laptop, tablette et smartphone sont venus au fil du temps s’ajouter à la liste des écrans privés avec le succès qu’on connaît. La télévision linéaire en a clairement fait les frais.

Il y a 20 ans, un enfant (4-14 ans) belge regardait presque deux heures de télévision en live en moyenne par jour, les chaînes généralistes (y compris françaises pour les petits francophones) en représentaient évidemment la grande majorité. En 2019, on ne parle plus que d’une quarantaine de minutes de vision live (hors guests) dans le Nord et d’une cinquantaine dans le Sud, auxquelles s’ajoutent plus de 20 minutes de guest viewing et de vision différée (évidemment absents de la mesure il y a 20 ans).

Il n’y a logiquement pas plus "digital natives" que les enfants actuels, qui sont, pour caricaturer, presque nés un smartphone à la main. Ils ont été habitués dès leur plus jeune âge au "tout à disposition, où on veut et quand on veut", qui comble bien leurs aspirations juvéniles d’autonomie, leur impatience et leurs envies de regarder/faire des trucs à eux (pas ceux des parents). Si l’adolescence se termine de plus en plus tard, la pré-adolescence commence par contre de plus en plus tôt. Dans ce cadre y a-t-il encore de la place pour la télévision traditionnelle ?

Vraisemblablement, mais entre les posts Instagram des amis et des stars, les tutos, les vidéos de gaming ou de YouTubeur et Netflix, on ne reverra jamais les volumes de vision TV de "la belle époque". Les chaînes kids ont d’ailleurs vu leur audience plonger ces dernières années, particulièrement dans le Nord, y compris la puissante Ketnet. Ce que proposent ces chaînes sont des dessins-animés et des fictions. Or, sur ce terrain Netflix et consorts ont clairement fait énormément de dégâts.

Doit-on en déduire que cette génération consommera toute sa vie la TV à très faible dose ? Ce serait hâtif, sachant que certains gros points forts de la TV classique intéressent les adultes mais pas vraiment les enfants : c’est notamment le cas de l’information et du sport (hors "grand-messes" : certains événements sont fédérateurs). Ils pourraient donc en consommer plus en vieillissant, mais l’espoir de voir revenir les enfants en masse à la TV linéaire semble aujourd’hui relativement utopique.

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