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CREATIONS

La peinture acrylique : la B-side de Laurent Van Loon

Dimanche 1 Septembre 2019

La peinture acrylique : la B-side de Laurent Van Loon

Dans cette rubrique, nous mettons à l’honneur des professionnels du secteur qui ont une activité créative à côté de leur job principal. Cette semaine, le directeur artistique Laurent Van Loon nous parle de sa passion pour la peinture à l’acrylique.
 
Quelle est votre B-side ?
 

Il y a environ six ans, j’ai (enfin) commencé à peindre. Je peins à l’acrylique parce que ça sèche rapidement, vu que je n’ai pas la patience que requiert la peinture à l’huile à ce niveau. J’y trouve l’énergie pour travailler rapidement, ce qui se reflète dans mon œuvre. Je peins essentiellement des portraits, parfois sur toile, mais j’aime aussi travailler sur d’autres matériaux, comme le bois, le carton ou des peintures existantes. Je trouve les toiles blanches plutôt stériles et effrayantes.
 
Comment l’idée vous est-elle venue ?
 
J’ai toujours eu le sentiment que je devais m’adonner aux arts visuels, mais sans travailler sur commande. A vrai dire, je le faisais déjà auparavant dans le domaine du graphisme, en réalisant des affiches de pièces de théâtre, par exemple. Je pense que beaucoup de directeurs artistiques ont un peintre en eux, tout comme beaucoup de rédacteurs publicitaires rêvent d’écrire un roman.
 
Il y a quelques années, j’ai commencé par un petit portrait d’un ami pour une pochette de CD. Concevoir cette pochette a été quelque chose de tout à fait nouveau pour moi, mais j’y ai pris plaisir et je me suis dit que j’avais du potentiel en peinture. J’ai ensuite adopté des formats de plus en plus grands, l’œuvre la plus monumentale que j’ai réalisée jusqu’ici étant un tableau en deux volets qui fait en tout 120 cm de large sur 160 cm de haut.
 
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
 

Des difficultés, j’en rencontre encore aujourd’hui ! J’ai par exemple du mal à peindre dans un seul et même style. Autrement dit, je suis encore à la recherche de mon style, tout en ne voulant pas me limiter à un seul. D’un point de vue commercial, ce n’est pas une bonne idée, car les galeries d’art préfèrent les artistes au style reconnaissable. Mais je ne veux pas m’imposer trop de restrictions pour l’instant, je veux surtout faire ce dont j’ai envie.
 
En quoi votre métier vous aide-t-il dans votre B-side ?
 
Dans la publicité, on acquiert l’habitude selon de se juger avec sévérité et de bien se préparer avant de mener un projet. On apprend à se plier à des processus. On n’a pas peur de repartir de zéro si nécessaire, parce qu’on sait entre-temps comment encaisser les coups et rebondir. En tant que directeur artistique, il faut développer un œil averti parce qu’on entre en contact avec des réalisateurs, photographes, illustrateurs et autres artistes. Il faut par ailleurs étudier les œuvres d’autrui, s’intéresser à tout ce qui touche de près ou de loin aux arts visuels, purs ou appliqués. Tout cela forme le cerveau et procure un bagage immense.
 
En quoi votre B-side vous aide-t-elle dans votre métier ?
 
Je me suis rendu compte au fil des ans que la peinture boostait mes performances. Elle me fait voir les choses sous un autre jour, avec un regard neuf et une énergie renouvelée. J’ai aussi développé mes aptitudes techniques, notamment en dessin, et appris à être plus attentif aux détails. Même sur le plan conceptuel, ma vision a changé. Les tableaux ne doivent ni être simples ni immédiatement décodables. Cela m’a fait comprendre qu’un concept publicitaire doit parfois tout simplement raconter une histoire, sans fioritures ni trop d’humour forcé.
 
Où peut-on trouver le fruit de votre travail ?
 
Aucune exposition n’est prévue dans un avenir proche. Je planche pour l’instant sur un projet qui me prendra plusieurs mois. En attendant, vous pouvez jeter un coup d’œil sur mon site.
 
A qui souhaitez-vous passer le relais ?
 
Dernièrement, j’ai appris qu’Inge Van Der Haegen s’adonnait à la sculpture depuis quelques années.

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