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Jeroen De Wit (Teamleader) : "Nos PME sont en quête d'inspiration et de networking"

Dimanche 5 Mai 2019

Jeroen De Wit (Teamleader) :

La cinquième édition de Work Smarter, un événement organisé par Teamleader, aura lieu le 16 mai au Flex Meeting Center de Flanders Expo à Gand. Le spécialiste du CRM convie les managers et collaborateurs de PME à ce rendez-vous annuel pour les inspirer et les aider à tisser des relations d’affaires. Entretien avec Jeroen De Wit, CEO de Teamleader, et Carole Lamarque, Founding Partner de Duval Union Consulting, qui prendra la parole lors de l’événement.

Comment cet événement cadre-t-il avec les activités de Teamleader ?

Jeroen De Wit : Nous avons développé un logiciel pour aider les PME à simplifier leur processus de "lead to cash". Nous nous concertons donc régulièrement avec ces entreprises, ce qui nous a permis de constater qu’elles étaient elles aussi en quête d’inspiration, de conseils et astuces concrets et de possibilités de nouer des contacts avec d’autres entrepreneurs. Cela nous a donné l’idée de lancer notre événement Work Smarter en 2014. 
 
Au cours de cette journée, nous convions les PME à une série de présentations et de rencontres informelles pour mettre en avant le leadership de Teamleader, sans toutefois insister sur l’aspect commercial. L’initiative connaît un succès grandissant : lors de la première édition, nous avons accueilli quelque 140 personnes ; aujourd’hui, le nombre de participants oscille autour de 800. Ce qui n’est pas mal du tout pour un événement payant…

Quelles leçons tirez-vous des éditions précédentes ?

Au début, nous avons surtout essayé d’attirer de grosses pointures, mais nous avons bien vite constaté qu’il ne s’agissait pas forcément des meilleurs orateurs. Aujourd’hui, nous sélectionnons très soigneusement les intervenants. Ils doivent envoyer leur présentation en amont et nous leur faisons part de nos commentaires sur le contenu. Qui plus est, le programme s’est fortement diversifié et inclut maintenant trois podiums distincts. 
 
Nous avons aussi créé un meilleur équilibre en termes de longueur des présentations. Avant, nous proposions des keynotesclassiques, que tout le monde trouvait ennuyeux. Ensuite, la tendance est allée aux présentations très courtes, mais cela ne permet pas à l’orateur d’aborder le fond du problème et l’oblige à rester à la surface. Désormais, nos keynotes durent une demi-heure. Soit juste le temps nécessaire pour traiter certains thèmes en profondeur. 
 
Nous nous sommes par ailleurs rendu compte qu’il fallait favoriser les contacts entre participants. C’est pourquoi nous avons recours depuis quelques années à l’application Conversation Starter qui permet aux assistants de communiquer entre eux et de prendre rendez-vous.Cela fonctionne très bien. 
 
La nouveauté de cette année est le lancement d’une sorte de Solutions Corner. Si les keynotes doivent surtout constituer des sources d’inspiration, de nombreuses PME ont toutefois des questions spécifiques sur certains thèmes tels que le marketing digital, le recrutement d’un premier employé, le coaching et le développement d’une équipe, l’identité visuelle, etc. Nous recherchons des experts pouvant répondre à toutes ces questions. Les participants peuvent réserver un entretien avec eux pour obtenir des conseils gratuits. 
 
Quel est le dénominateur commun de tous vos orateurs ? 

Le critère le plus important pour nous est qu’un orateur doit être à même d’appliquer son histoire à la PME. Nous essayons aussi de faire intervenir le plus possible d’entrepreneurs pour faire en sorte que le courant passe avec le public. Eline De Munck, fondatrice de Odette Lunettes, et Wouter Torfs, CEO de Schoenen Torfs, sont de véritables entrepreneurs. Thierry Geerts est l’auteur d’un livre et d’une conférence captivants sur la transformation numérique que les PME devraient opérer. Dans nos conversations avec nos clients, nous constatons que les PME sont très engagées dans l’innovation.

Jonas Dhaenens (Combell) expliquera ensuite comment il a construit depuis sa chambre à coucher l’une des plus grandes sociétés d’hébergement web en Europe. La joueuse de basket Ann Wauters soulignera l’importance d’un bon esprit d’équipe et la dimension mentale de l’entrepreneuriat. C’est une réalité souvent sous-estimée. Joost Callens, CEO de Durabrik, parlera quant à lui du leader vulnérable.

Pour finir, je suis moi-même impatient d’entendre le keynote de Jacco van der Kooij, fondateur de la société de conseil et de coaching Winning by Design, qui n’a pas son pareil dans l’art de la vente.

Vous avez réparti les orateurs en trois podiums…

C’est exact. Le Growth Stage sera réservé aux histoires inspirantes de petits projets à l’origine qui ont grandi peu à peu. La Teamleader Stage présentera nos produits et nos customer cases. Enfin, le Get Stuff Done Stage accueillera des experts qui donneront des conseils concrets sur la façon de s’attaquer de façon professionnelle à certaines questions.

Nous sommes heureux que Carole vienne nous expliquer comment une PME peut faire la différence sans que la concurrence en détecte les raisons. Dans son ouvrage "Unfair advantage", elle expose un nouveau modèle d’entreprise passionnant.

Dans quelle mesure est-il plus facile pour une PME (par rapport aux grandes entreprises) d’utiliser le modèle de l’avantage déloyal ?

Carole Lamarque : 80% de mes clients sont des PME et tous les cas et conseils exposés dans mon livre ont été rédigés en fonction de ce groupe cible. Les PME flamandes sont surtout préoccupées par la concurrence proche. Il est bien sûr intéressant de tenir compte des autres acteurs locaux, mais se concentrer uniquement sur eux peut déboucher sur une grave menace pour l’entreprise. Mon conseil est de voir les choses sous une perspective plus internationale, même en tant que PME. 
 
Si l’on aligne sa stratégie sur celle de son voisin, tôt ou tard un acteur international viendra vous écraser tous les deux. Il suffit de penser à ce qui s’est passé dans le monde du retail avec l’arrivée de Zalando et Amazon. J’aime commenter l’exemple de Torfs. Cette entreprise a continué à investir malgré le contexte difficile. J'en vois beaucoup trop qui sont dans le déni de la réalité et sombrent dans l’attentisme. En agissant de la sorte, elles se condamnent elles-mêmes à disparaître. 

Pouvez-vous concrétiser quelque peu votre pensée ? En synthétisant par exemple en une phrase le possible avantage déloyal détenu par quelques autres conférenciers présents à Work Smarter ?

Si seulement c’était aussi simple que cela ! (rire). Dans mon livre, je décris les sept éléments sur lesquels il est possible de construire un "unfair advantage". Un tel avantage n’est d’ailleurs pas visible au monde extérieur. Souvent, on ne sait pas pourquoi l’un de ses concurrents obtient d’aussi bons résultats… Mon conseil à toutes les PME est de devenir un concurrent que tout le monde envie sans savoir ce qui fait exactement sa force. 

Je me souviens que lorsque je travaillais encore pour Belgacom, nous étions surpris de la rapidité avec laquelle Telenet ripostait à nos lancements. Nous ne pouvions que faire des suppositions sur les raisons de cette réactivité. Lorsque je suis entrée plus tard chez Telenet, j’ai compris. Cela tenait à leur agilité incroyable et à l’innovation qui était inscrite dans leur ADN. C’était d’ailleurs aussi le cas de Proximus, mais il négligeait cet atout.

J’encouragerai tous les participants de Work Smarter à se poser la question de savoir s’ils possèdent un tel avantage déloyal. Votre entreprise ressemble-t-elle à celle de votre voisin dans la salle ? Si tel est le cas, je vous recommande de tout mettre en œuvre pour redevenir unique dans un délai de 36 mois, et ce, de préférence à l’échelle mondiale…

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