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CREATIONS

Aventures Sonores : la B-side de Paul Wauters

Vendredi 26 Avril 2019

Aventures Sonores : la B-side de Paul Wauters

Dans cette rubrique, nous mettons à l'honneur des professionnels du secteur qui ont une activité créative à côté de leur job principal. Cette semaine, le copywriter et directeur de création international Paul Wauters (Duval Guillaume, Leo Burnett, Famous, TBWA Italy, Being, Babel…) nous parle de ses livres audio pour les enfants.

Quelle est votre B-side ?
 
Depuis une petite quinzaine d’années, j’écris des histoires audio pour les enfants, ou plutôt pour toute la famille. Au départ, il s’agissait uniquement de la série "Heerlijke Hoorspelen" (Aventures sonores), mais vu le succès et la demande croissante de contenus audio, toutes sortes d’autres projets sont venus s’ajouter en marge. Il y a quelques mois, j’ai rédigé un conte pour la ville d’Anvers dans le cadre de la programmation d’hiver "Winter in Antwerpen".
 
Comment l’idée vous est-elle venue ?
 
L’idée de revisiter de vieux contes pour en faire des livres audio a été lancée par la maison de production Het Geluidshuis. Ils m’ont demandé de rejoindre l’équipe après la première histoire. Le concept part du constat qu’il existe très peu de divertissements pour les enfants susceptibles également d’intéresser les adultes (ou du moins qui ne leur tapent pas sur les nerfs). Ce que Pixar avait réussi à faire au cinéma, nous voulions le réaliser en audio. 
 
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
 
Personne ne voulait publier ces histoires, pas une seule maison d’édition ! Trop cher, marché inexistant, incapacité des enfants de rester attentifs pendant une histoire aussi longue, ringard... Nous avons tout entendu. Finalement, Koen Brandt (de Het Geluidshuis, ndlr.) a décidé de fonder sa propre maison d’édition et nous avons en quelque sorte créé nous-mêmes le créneau, ou du moins fait redécouvrir le plaisir d’écouter des histoires. 
 
En soi, nous n’avons rien inventé, nous nous sommes contentés d’apporter une touche plus contemporaine, tant dans l’écriture que dans la production. Et il existait bel et bien un public pour ces livres, puisque chaque nouvelle édition caracole en tête des classements de littérature jeunesse pendant un ou deux mois…
 
En quoi votre métier vous aide-t-il dans votre B-side ?
 
Notre équipe se compose uniquement de publicitaires : Koen Brandt, Mark Borgions, au départ aussi Philip Maes, et moi-même. Ce qui a nous a donné un fameux coup de pouce, c’est que notre profession a fait de nous des "attention whores". Chaque jour, nous mettons tout en œuvre pour capter l’attention, et c’est pourquoi notre principe de base a été de ne pas avoir un seul temps mort dans l’histoire. Le récit devait avoir un rythme soutenu et nous étions résolus à sortir toute l’artillerie pour ne perdre aucun auditeur en chemin. Quand nous avons vu que la série recevait un accueil favorable, nous nous sommes un peu calmés et nous sommes devenus, je pense, de meilleurs conteurs. Les formats longs étaient quelque chose de nouveau bien sûr, et il a fallu nous y habituer.
 
En quoi votre B-side vous aide-t-elle dans votre métier ?
 
Cette série est de la création à l’état pur. Nous faisons ce que nous pensons être bon, sans le moindre test, sans analyse de données, avec un minimum de filtres rationnels. Nous adaptons même régulièrement notre groupe cible. En fait, nous transgressons pratiquement toutes les règles du marketing, mais voilà : ça marche. 
 
Je pense que la clé de notre succès est le plaisir. Le public ressent le plaisir que nous prenons en créant cette série, c’est ce que nos fans ne cessent de nous répéter. Or, la joie de créer et la spontanéité me semblent de plus en plus absentes en publicité. Tout y est rationalisé à outrance, les réunions sont interminables, les points de vue divergent, il se passe trop de temps entre l’idée et l’exécution… Comment voulez-vous rester enthousiaste dans ces conditions ? 
 
Où peut-on trouver le fruit de votre travail ?
 
Sur le site de Het Geluidshuis.
 
De quoi avez-vous besoin pour booster votre projet ?
 
D’un développement international. Notre marché est vraiment trop petit. Nous vendons très bien à l’échelle flamande, mais c’est précisément ce qui pose problème. Les efforts et coûts de production sont exorbitants pour un marché aussi restreint, avec un nombre dingue d’heures passées en studio et à chaque fois plus de 10 comédiens, voire aujourd’hui un orchestre symphonique. 
 
Nous avons publié deux aventures sonores en français avec de grosses pointures comme Cécile de France, Guillaume Gallienne et Camélia Jordana. Les critiques ont été très positives et le bouche-à-oreille a fait le reste, mais nous avons eu pas mal de problèmes avec la distribution, ce qui nous a obligés à ranger temporairement ce projet au frigo. Mais pas dans le même frigo que celui des idées publicitaires non réalisées, car ce dernier ne conserve absolument rien…
 
A qui souhaitez-vous passer le relais ?
 
A Laurent Van Loon.

 

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