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Black Friday or Green Planet, par Thierry De Swaef (bapu)

Jeudi 28 Mars 2019

Black Friday or Green Planet, par Thierry De Swaef (bapu)

Le système productiviste qui nous pousse à la consommation est la cause principale des changements climatiques. Nous avons réussi, en moins de deux siècles, la gageure de créer les conditions non seulement de notre propre extinction, mais aussi de celle de dizaines de milliers d’espèces qui vivaient en parfait équilibre avant l’avènement de la nôtre. 
 
Il est bien naïf de croire que prendre des douches courtes, manger bio, local et de saison va nous sauver de l’apocalypse annoncée, dès lors que la machine du technocapitalisme continue à s’approprier sans vergogne les ressources finies et non renouvelables de la planète, du moment que la rentabilité est au rendez-vous.  
 
Penser que les progrès de la science vont tout arranger est une erreur, quand on sait à quel point cette "science" est trop souvent aux mains de puissants lobbies qui ne mesurent les bienfaits de celle-ci qu’au nombre de zéros sur leurs comptes off-shore. Si placer des panneaux solaires, des éoliennes ou rouler à l’électrique peut donner le sentiment d’aller dans le bon sens, ces soi-disant progrès ne peuvent se réaliser que grâce aux énergies fossiles qui génèrent des pollutions de l’autre côté de la planète, en passant par l’épuisement de ressources finies (terres rares notamment). 
 
Aujourd’hui, la lutte contre les changements annoncés est aussi une lutte contre la montre. Plus question de reculer. Promettre une croissance à tout crin est devenu un combat d’arrière-garde, dès lors que tous les paramètres sont dans le rouge : CO2, chute de la biodiversité, surpêche, acidification des océans, déforestation, fonte des glaciers, épuisement des ressources, pollution, etc. À l’heure où il est impératif de réduire la voilure, les professionnels de ce beau métier de la réclame font face aujourd’hui à une situation jamais vécue depuis l’invention de la publicité : pousser à la consommation ne peut plus être leur objectif premier. L’équation n’est pas simple pour autant. 
 
Pourquoi parler de biomimétisme ici ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une démarche scientifique dont l’intérêt est de reconnecter l’Homme à la nature, quand on sait que l’humanité en est totalement dépendante. Le biomimétisme étudie ce que la nature a mis au point depuis si longtemps et s’en inspire pour innover, car la nature, elle, sait ce que signifie le mot durabilité et le prouve depuis quatre milliards d’années. 
 
Le biomimétisme est assurément une voie à suivre et apportera son lot d’innovations dans les temps futurs, mais tant que les communicants resteront à la solde de leurs maîtres les annonceurs en leur promettant des courbes de vente toujours plus verticales la planète ne s’en sortira pas. À quand le boycott des Black Friday et autres inepties d’un autre temps à l’heure où l’urgence est précisément de permettre à la planète de reprendre son souffle ? 
Si le monde entier consommait comme la Belgique, les ressources naturelles de la planète seraient épuisées ce 2 avril. Il y a quelques cinq siècles, un certain François R. déclarait : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Publicité sans conscience… ?
 
"Homo imitator, la surprenante histoire du biomimétisme", Editions Jourdan.
 

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