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Droit d'auteur : les eurodéputés vont-ils céder au lobby des GAFA ?

Dimanche 9 Septembre 2018

Droit d'auteur : les eurodéputés vont-ils céder au lobby des GAFA ?

C'est donc ce mercredi 12 septembre que les députés européens réunis en plénière devront voter pour ou contre la réforme du droit d'auteur visant à inciter les plateformes à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), mais aussi à créer un nouveau "droit voisin" pour les éditeurs de presse (article 11), qui doit notamment leur permettre de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leurs contenus. 

Dans une lettre ouverte aux parlementaires européens parue dans de nombreux quotidiens, la plupart des associations sectorielles, dont La Presse.be et We Media (The Ppress et UPP) pour la Belgique, ont rappelé que les grands acteurs technologiques US exploitent sans rémunération leurs contenus et « continuent de renforcer leur position dominante sur le marché de la pub numérique dont elles contrôlent plus de 70% de la valeur et 100% de la croissance ». 
 
Pour rappel, deux camps s'opposent : d'un côté les créateurs et la presse ; de l'autre, une alliance inattendue entre ces derniers et des militants de tous bords qui craignent pour la liberté du Web. L'industrie numérique a remporté début juillet une première manche quand le Parlement a rejeté le texte. Plusieurs eurodéputés avaient alors dénoncé le lobbying "sans précédent" des GAFA.
 
Le vote de cette directive intervient en outre dans un contexte assez tendu au sein de l’UE, du fait même de l’incertitude qui pèse sur l’adoption d’une taxe GAFA. Soutenue par le gouvernement français, elle vise à taxer la collecte de données à hauteur de 3% du chiffre d’affaires. Or, elle rencontre une certaine réticence de l’Allemagne qui ne veut pas pénaliser ses exportations de voitures aux Etats-Unis, ni sa production d’automobiles connectées avec des données embarquées qui pourraient aussi être soumises à la taxe.
 
Selon un sondage publié par l'organisation Europe For Creators, qui milite pour l'adoption de la directive, deux Européens sur trois estiment que les géants du Net ont aujourd’hui plus de pouvoirs que l'Union Européenne. 

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