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Great Scott, par Frederik Braem (Brightfish)

Vendredi 20 Juillet 2018


Great Scott, par Frederik Braem (Brightfish)
A Cannes, on butine d’un séminaire à l’autre dans l’espoir de ne pas perdre une seule goutte de ce précieux nectar. Malheureusement, cela arrive parfois. C’est ainsi que j’ai failli manquer le séminaire du professeur Scott Gallowy, ayant décidé d’aller écouter un individu lambda qui promettait de tout me dire sur les nouvelles stars de YouTube et de m’expliquer pourquoi je devais absolument faire leur connaissance. Je ne sais plus ce qui avait motivé ce choix.

Par chance, mon itinéraire d’un auditorium à l’autre passait par la salle où Galloway était justement en train de parler. Ceux qui le connaissent un tant soit peu savent que l’on reste immédiatement suspendu à ses lèvres. Je ne suis donc pas allé plus loin. Il faut dire que je suis tombé en plein milieu de son exposé, alors que Galloway était déjà à moitié essoufflé à cause de son style d’élocution exubérant. Je voyais des gens au premier rang qui tentaient discrètement d’essuyer les gouttelettes de salive dont il les aspergeait. De toute façon, j’avais déjà entendu ce speech. (Un TED talk qui commence par la pancarte "viewers discretion advised", ça retient tout de suite l’attention !)

Dans ce speech (et dans son livre "The Four"), Galloway s’en prend avec virulence aux Big Four que sont Amazon, Apple, Facebook et Google. Ou du moins il s’emploie à expliquer pourquoi ces entreprises sont devenues si prospères et en quoi cela pose problème. Je vous fais un topo, sans les postillons ni les essoufflements. Comme toujours, c’est une affaire de sexe. Et de cœur. Et de ventre. Et de tête. Tant que ça ne dépasse pas le niveau des besoins primaires.

Google, c’est la tête. L’assouvissement de notre soif de réponses et de certitudes. (« Google sait plus sur vous que votre mère ou votre confesseur. Pensez à toutes les requêtes que vous avez jamais entrées dans sa barre de recherche ! ») 

Facebook, c’est le cœur. Donner et recevoir de l’amour. Et aussi de l’attention. 

Amazon, c’est le ventre. Notre désir de posséder toujours plus. 

Enfin, Apple, c’est le sexe. C’est dire au monde : « Regardez donc mon iPhone. Vous pouvez compter sur moi pour m’occuper de votre descendance. » 

Tout cela, Galloway l’explique de façon amusante, mais ce qu’il affirme ensuite est tout bonnement terrifiant : ces entreprises, qui excellent à répondre à nos besoins primaires, aspirent surtout à faire un maximum de profits, et ce, par tous les moyens. (« They’re here to sell us a fucking Nissan. ») Et elles ont réussi à convertir "qui nous sommes", notre moi profond, en chiffres d’affaires. Enfin, ce sont des menteurs invétérés qui vendent notreâme pour accroître leursdividendes. Voilà pour le résumé.

La conclusion de Galloway est claire comme de l’eau de roche : « We need to break up these companies ».Et quand on examine attentivement tous les arguments, on ne peut que crier « aux barricades » et attraper la première fourche venue. Or, nous restons inactifs. En dépit de toute la presse négative sur ces entreprises (les conditions de travail chez Amazon, l’atteinte à notre vie privée, les fake news sur Facebook…), les Big Four continuent à se développer. Et pas un peu. Amazon en tête. 

C’est pourquoi Galloway a raison d’affirmer que les Big Four sont si bien parvenus à répondre à nos besoins primaires que nous ne pouvons plus nous en passer. (Ou avez-vous supprimé votre compte Facebook après le scandale de Cambridge Analytica ?) 

On en frémit.

D’autant plus que, un peu plus tard, les Cannes Lions élisait Google Advertiser of the Year. La salle Lumière bondée a réagi à cette annonce par des applaudissements plutôt tièdes. Les collaborateurs d’Apple étaient-ils présents en masse ou Galloway avait-il converti la foule avec son sermon tonitruant ?
Quoi qu’il en soit, les Big Four s’en soucient comme d’une guigne. Leurs actionnaires sont heureux, leurs activités continuent à se développer et, à Cannes, non loin du Palais, les Facebook Beach et Google Beach grandissent d’année en année. Au point de nous cacher un jour la mer ?



ARCHIVE / CANNES LIONS 2018






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