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Eendracht maakt macht, par Griet Byl (MM)

Samedi 16 Juin 2018

Eendracht maakt macht, par Griet Byl (MM)

La semaine dernière, le très occupé ministre flamand des Médias, Sven Gatz, annonçait la création d’un Fonds pour le journalisme flamand. Etonnante décision, si l’on sait qu’il existe déjà des organismes similaires dans le domaine. Citons le Fond Pascal Decroos et l’Association flamande des journalistes, qui défendent les intérêts de la presse écrite dans le Nord du pays, par exemple. 

Gatz souhaite toutefois lutter contre la fragmentation des ressources disponibles en créant une nouvelle structure, une ambition en soi louable. Car les temps sont durs pour la presse, et toute aide est donc plus que bienvenue. Même lorsque la main tendue est celle d’un frenemy comme Google, dont la Digital News Initiative a déjà octroyé 94 millions d’euros à 461 projets dans 29 pays européens, dont 14 en Belgique, pour un montant total de 3,7 millions. Et l’on ne peut que s’en réjouir, vu le rôle de repère joué par les marques d’information dans notre monde actuel infesté de fake news, de débats venimeux sur Facebook et d’échanges haineux sur Twitter. Autre nouvelle réconfortante : les consommateurs de médias partagent de plus en plus souvent cet avis, comme le Digital News Report de Reuters l’a montré cette semaine.

Tout cela est fort bien, mais il reste une petite question qui nous turlupine. Gatz annonce vouloir stimuler désormais des collaborations avec le Fonds pour le journalisme néerlandais, le SVDJ. « Les défis dans notre société d’information digitale sont les mêmes aux Pays-Bas qu’en Flandre », explique-t-il sur son site web. C’est sans doute vrai, sans l’ombre d’un doute même. Mais ne le sont-ils donc pas du côté francophone en Belgique ? Lorsqu’il s’agit du journalisme en général et du soutien à accorder à la discipline, on peut dès lors se demander pourquoi le ministre n’invite pas plutôt son homologue francophone pour discuter ensemble des aides à apporter aux médias locaux à l’échelle nationale… belge. Les journalistes travaillent-ils de manière foncièrement différente des deux côtés de la frontière linguistique ? Ne sont-ils pas animés des mêmes idéaux ? Ne respectent-ils pas la même déontologie ? Ou doit-on plutôt chercher la cause de ce manque d’ouverture par rapport à nos plus proches voisins dans l’étiolement de la marque Belgique qui n’a plus d’autre utilité que d’orner des canettes de bière ? Cela dit, nous souhaitons bon vent à nos Diables.
 

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