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Radicalisation généralisée, par Bart Cattaert (MM)

Samedi 24 Mars 2018


Radicalisation généralisée, par Bart Cattaert (MM)
Le mois dernier, je lisais un entretien avec un DJ et patron de label discographique. Celui-ci exprimait sa frustration devant la facilité avec laquelle les "young kids" parvenaient de nos jours à se constituer un bagage musical «simplement en spéculant pendant quelques heures nocturnes sur les algorithmes de YouTube ». Alors que, dans les années 1980, il devait se conformer à l’humeur du disquaire et fouiner pendant des heures dans les rayons de disques.

Il est en effet impressionnant de voir comment la fonction "autoplay" de YouTube permet de découvrir des perles musicales rares issues du monde entier. Qui plus est, on a l’impression d’être soi-même à l’origine de la trouvaille, ce qui caresse encore plus notre égo. Pour prendre un exemple, commencez par un groupe pop assez connu comme Tuxedomoon, laissez les algorithmes faire leur travail et, de fil en aiguille, vous tomberez sur un morceau d’un obscur groupe post-punk de Manchester qui sonne beaucoup mieux que Joy Division. Cela dit, la surprise est parfois moins agréable, comme lorsque ma liste "autoplay" a été envahie pendant tout un temps par un groupe soporifique répondant au nom de Cigarettes After Sex…

Je me suis d’ailleurs longtemps demandé comment fonctionnaient les algorithmes de YouTube. J’ai trouvé la réponse il y a peu dans un article d’opinion de la "techno-sociologue" Zeynep Tüfekçi dans le New York Times, intitulé "YouTube, the great radicalizer", et dans son captivant Ted talk. Elle explique que, en 2016, alors qu’elle écrivait un article sur Trump, elle a consulté plusieurs vidéos de ses meetings sur YouTube pour trouver des citations. Un phénomène bizarre s’est alors produit : les fonctions "autoplay" et "vidéos recommandées" de YouTube ont commencé à lui proposer des vidéos de racistes blancs, de gens niant l’Holocauste et d’autres contenus aussi terrifiants. Pour en avoir le cœur net, elle s’est connectée sur un autre compte YouTube et a visionné quelques vidéos de Bernie Sanders et Hilary Clinton. Là encore, YouTube s’est vite mis à lui recommander des vidéos sur des services secrets, des théories du complot sur le 11 Septembre, etc. De même, les vidéos sur le végétarisme ont viré au végétalisme et les vidéos sur le jogging au marathon…

La logique est claire : pour convaincre les utilisateurs de rester plus longtemps sur la plateforme, les algorithmes élaborés par des ingénieurs de Google recommandent des contenus de plus en plus extrêmes. On passe de vidéos ordinaires à des vidéos de plus en plus obscures. Notre curiosité innée se laisse ainsi entraîner dans une spirale de radicalisation. Si ce procédé est plutôt inoffensif voire très instructif dans le cas de la musique, il en va tout autrement quand il s’agit de politique.

Selon Zeynep Tüfekçi, « YouTube est un restaurant qui nous sert des aliments de plus en plus gras et sucrés, et qui débarrasse nos assiettes dès que nous avons terminé notre dernier repas. Après un certain temps, nous adaptons nos goûts et nous voulons encore plus d’aliments gras et sucrés, que le restaurant s’empresse de nous procurer. Lorsque le ministère de la Santé ou des citoyens préoccupés en font la remarque aux patrons du restaurant, ceux-ci répondent qu’ils se contentent de nous servir ce que nous commandons »…



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