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Ludovic Blecher (Google DNI) : "Les éditeurs devraient envisager la monétisation de manière plus large"

Jeudi 25 Janvier 2018


Ludovic Blecher (Google DNI) :
Le fonds d’innovation Google DNI entame sa dernière année. Ce qui avait démarré comme une offensive de charme de la part de Google auprès des éditeurs de presse européens s'est transformé en une plateforme d'information dédiée à l'innovation pour l'industrie européenne de l'information. Ludovic Blecher, Head of Google DNI Innovation Fund, dresse pour nous un premier bilan.
 
Projet trisannuel, le Google DNI Innovation Fund est entré dans sa dernière année d’existence. Quelle suite allez-vous donner à cette initiative ?
 
Il est important de considérer Google DNI comme une plateforme permettant de dialoguer avec les éditeurs européens. Celle-ci s’appuie sur trois piliers : le développement de produit, la recherche et la formation, ainsi que linnovation. Le premier pilier concerne la manière dont Google peut répondre, par le biais de la technologie, aux défis auxquels sont confrontés les éditeurs. Une des solutions proposées est l’Accelerated Mobile Pages (AMP). En ce qui concerne la formation et la recherche, en collaboration avec Reuters Institute, nous formons des journalistes à la manière d’utiliser de bons outils. Le troisième pilier est le fonds de 150 millions d’euros, qui nous permet de concrétiser des projets innovants d’éditeurs européens. L’initiative arrive à son terme cette année et nous n’avons pas encore décidé de ce qui se passera ensuite.

Quel bilan tirez-vous ?
 
Notre fonds est ouvert aux éditeurs, aux diffuseurs, aux start-ups, mais aussi aux particuliers. Jusqu’ici, nous avons enregistré 3.070 inscriptions en provenance de 30 pays européens (sur les 32 pays où il est possible de s’inscrire, ndlr.) et nous avons réalisé 950 interviews de candidats. Nous avons déjà organisé quatre tours, au cours desquels nous avons sélectionné 460 projets émanant de 21 pays et distribué plus de 94 millions d'euros. Les projets sélectionnés reçoivent une avance de 30% du montant nécessaire à leur réalisation. Nous procédons ensuite à des évaluations intermédiaires, de manière à poursuivre le dialogue.
 
Nous voulons être certains que l'argent est investi dans le projet et nous souhaitons en partager les enseignements. Il s’agit d’une plateforme permettant à chacun d’apprendre des autres. Au plus les éditeurs s'inspirent les uns des autres, au mieux c'est. Nous partageons également les informations via notre rapport Google DNI. Je pense que la relation avec les éditeurs est aujourd’hui bien meilleure que lors de la mise en place de Google DNI en avril 2015. Nous avions naturellement entamé le dialogue avec eux bien plus tôt. Google DNI est en fait le résultat de ces discussions.

Avez-vous constaté une évolution dans la nature des projets inscrits ?
 

Il est fascinant de voir comment l'innovation est perçue par les éditeurs. Cela va dans tous les sens. Nous pouvons grosso modo les répartir en sept catégories : intelligence, data management & work, interface & discovery, business model, distribution & circulation et next journalism.
 
Les projets des catégories next journalism et intelligence sont les plus nombreux. Dans le premier cas, il est question de nouvelles formes de storytelling, telles que la gamification, le data journalism, la VR, le fact checking, etc. Dans la catégorie Intelligence entrent des projets relatifs à l’analyse et l’accroissement de l’audience.
 
Au-delà, cela nous permet également de constater l’émergence de tendances et de voir comment elles évoluent. Nous avons organisé le premier tour de Google DNI fin 2015. A l’époque, personne encore ne parlait de fact checking ou de fake news, mais nous avions déjà 15 projets dédiés. En d’autres termes, ces sujets préoccupaient déjà les éditeurs, mais pas encore de manière générale.
 
Lors du deuxième tour, au milieu de l’année 2016, sont apparus les premiers projets relatifs aux chatbots. Ensuite, les projets ont tourné autour de la manière de rendre le contenu audio plus facile à consulter. Ce contenu audio est abondant, mais si vous effectuez une recherche, vous en trouvez très peu. Les projets émanaient également d’éditeurs de presse désireux de publier des podcasts. De là, on est passé à la voix, aux assistants audios, dans le but de créer plus d'engagement avec l'utilisateur. Les premiers projets dédiés à la VR étaient centrés sur la vidéo 360°. Ensuite, il a été question de la manière de rentabiliser cela, et de la façon de diversifier via le journalisme VR.
 
Nous espérons voir, lors de prochains tours, davantage de projets liés à la diversification et à la monétisation. Celle-ci doit être envisagée de manière plus large que la simple mise en place de murs payants. Certains éditeurs réfléchissent à la personnalisation et à un meilleur ciblage. Pour d'autres, il s'agit de proposer le bon contenu au moment adéquat et de donner à un article un cycle de vie plus long.
 
Comment évaluez-vous les projets soumis en Belgique ?

Au total, nous avons sélectionné 14 projets belges, soit 20% des inscriptions belges, et distribué 3,7 millions d’euros. Il s’agit de bons chiffres pour un petit pays. Du reste, on constate une grande diversité quant à la nature des participants et des projets. Ceux-ci vont du journalisme via robot à l’user generated content en passant par la VR et la vidéo.
 
Les éditeurs belges se sont révélés innovants, tant en termes d'idées que d'approches. Par exemple, la Belgique a été le premier pays dans lequel les éditeurs ont soumis un projet commun (Infotelligence, un projet de Rossel, IPM et Les Editions de l'Avenir réunis au sein du collectif Lapresse.be, ndlr.).

A côté d’un collectif de grands éditeurs (El Pais, The Guardian, Les Echos, etc.) qui soutient explicitement le projet, on a vu l’éditeur allemand Axel Springer âprement critiquer le fonds Google DNI, parlant d’espionnage industriel et disant que ce n’est pas le rôle de Google de financer la presse…

Je ne suis pas d’accord avec cette accusation d’espionnage industriel déguisé. Je peux seulement dire que nous ne partageons pas les informations que les éditeurs nous confient avec les différents départements de Google. Nous ne devenons pas propriétaires de l'idée et nous ne mettons pas les gens en contact avec des ingénieurs de Google. Les éditeurs sont libres de travailler avec les produits Google. Des accords contraignants sont conclus à ce sujet.
 
En ce qui concerne le second point, je pense que nous faisons partie de l'écosystème. Nous ne finançons pas la presse, nous l'encourageons. Je pense que Google doit jouer un rôle à cet égard, surtout à une époque où la transformation numérique est devenue la clé. Nous stimulons les éditeurs et nous les encourageons à prendre des risques.



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