Nl
Close

CREATIONS

Raf Debraekeleer (Radio Air Force): « L'émergence des maisons de production internes est une évolution irréversible »

Jeudi 5 Octobre 2017

Raf Debraekeleer (Radio Air Force): « L'émergence des maisons de production internes est une évolution irréversible »

Raf Debraekeleer est considéré par beaucoup de créatifs, à commencer par les copys, comme le "Monsieur Radio" du royaume. Il a fait les belles heures de feue Duval Guillaume Bruxelles, sans oublier celles de Whar, le studio son phare des années 2000. Passé de l'autre côté de la barrière fin 2008, époque à laquelle il crée son propre studio, Cobra, l'homme quitte aujourd'hui son bébé pour lancer Radio Air Force, RAF pour les intimes…
 
Pourquoi quitter le studio son Cobra que vous avez cofondé avec Christophe Cossement ?
 
C'est une décision qui n'a pas du tout été facile à prendre. Pour faire simple, disons que Christophe voulait aller à gauche, alors que je voulais aller à droite…
 
Qu'est-ce que Radio Air Force ?
 
C'est encore un projet. Mon envie est de créer une plateforme en ligne gratuite ou un blog sur lequel je partagerais ma passion pour la radio en particulier et le son en général. J'ai toujours aimé inspirer les gens en ces matières. J'y posterai tout ce que je trouve d'intéressant et surtout, qui aidera à améliorer les productions audios. Pour l'heure, je prends un mois pour aller à la rencontre d'un maximum de gens, histoire de comprendre leurs besoins et attentes à ce niveau.
 
En tant qu'expert de la radio, comment voyez-vous l'émergence des maisons de production internes aux agences ?
 
C'est avant tout une question financière. Par ailleurs, le matériel s'est tellement démocratisé ces dernières années, qu'il est devenu très facile de créer un studio à moindre coup. Tout cela a débuté avec la post-production image et l'étape suivante, encore plus facile, a été de simplement rajouter quelques plug-ins et un micro. C'est une évolution logique et irréversible. Personnellement, je trouve regrettable qu'elle se fasse uniquement dans un but économique, et non pour attirer des talents ou améliorer les productions. Ces décisions sont prises par les directeurs financiers, et non par les directeurs de création.
 
Les maisons de productions classiques sont-elles pour autant en péril ?
 
Je ne crois pas. Il n'y a que les grosses structures, avec un gros volume, qui peuvent se permettre l'investissement. Sur le marché belge, il y a beaucoup de productions pour de petits annonceurs qui n'ont pas forcément de grosses agences. Il suffit d'allumer sa radio pour le constater. Ce sont principalement des retailers pour qui la radio est un média important et stratégique. Ce genre d'annonceurs et leurs agences devraient assurer la pérennité du secteur.
 
Un retour en agence est-il envisageable ?
 
Je n'exclus rien. J'irai là où je pourrai continuer mon combat pour améliorer les productions radio.

Archive / CREATIONS