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CANNES LIONS 2015

« We are the world », par Stephan Salberter (ING)

Lundi 6 Juillet 2015

« We are the world », par Stephan Salberter (ING)

Contrairement à l’an dernier, il valait mieux ne pas quitter le palais cette année,tellement le programme était riche et les enjeux planétaires. Quand nouveau n’est pas assez, quand cela va trop vite, quand le sens de l’environnement l’emporte sur la surconsommation, quand  87% des consommateurs veulent stopper (et plus shopper) leurs achats de produits et services, nous devons d’abord réassurer et ensuite inspirer.

Notre communauté, splendide centrifugeuse intégratrice des contradictions les plus extrêmes,  semble avoir trouvé la parade en connectant "purpose and purchase", comme dirait Unilever. D’après Jamie Oliver, on ne lance plus des campagnes, mais des mouvements quasi d’intérêt public et selon David Guetta, il n’y a plus de distance entre les stars et les fans. A travers les médias sociaux, nous pouvons tous vivre la vie de nos stars…

Brands will save the world
Nous avons eu droit à un florilège d’exemples d’actions et de mouvements, qui veulent rendre le monde meilleur, voire le sauver: "Du pont de la vie" de Samsung au "Bright future" d’Unilever,  en passant par les glaces Ola, qui combattent la violence en Afrique de Sud, ou encore Gisèle Bundgen qui, la pauvre, doit affronter en lingerie "Under Armour", les critiques en direct sur son physique (oui il y en a), on finirait presque par croire qu’il n’y a plus que des marques avec une cause, des militants, et que le purpose vient avant le profit.

Heureusement, le meilleur festival de la créativité, nous a bien rappelé que nous devons changer notre business et non notre pub, comme l'a si bien fait Volvo (probable futur Advertiser of the Year) et sa peinture blanche pour rendre les cyclistes et autres "usagers faibles" visibles la nuit, strechant hors de son core business sa valeur de sécurié; ou Intermarché qui pour sa part a réhabilité les fruits et légumes "moches", comme a su le décliner à nouveau à merveille Dove sur un autre secteur ou enfin, Vodafone et son app' pour lutter contre les femmes battues en Turquie…

S'il y en a un qui a tout compris, c'est bien John Hogarty (Managing Director & COO Global Wealth & Investment Management @ Bank of America / Merrill Lynch, ndlr), qui aurait pu se laisser phagocyter avec le projet "Tell Everyone", qui sera annoncé mondialement le 25 septembre, avec un spot cinéma diffusé aux quatre coins du globe, à l’occasion du lancement des "Sustainable development goals".  Nous avons eu droit a un léger avant-goût , à savoir que nous ne sommes tous que des animaux dans un grand cirque ou une grande arche de Noé…

People and gosse hip
Mais Cannes ne serait pas Cannes sans l’observation des grands et moins grands de ce monde que nous aimons tant. Publicis et Heineken étaient on stage - séparément - (au passage merci à Heineken d’avoir offert des bières fraîches à 3.000 personnes) mais il y a fort à parier que le deal s’est conclu au Majestic où l’on apercevait un Maurice Levy en mocassins indiens et total look denim. Son grand rival, Sir Martin Sorrell, poussé dans ses retranchements par un hard talk de BBC, enregistré sur scène, s’est battu comme un lion pour défendre sa rémunération annuelle globale de plus de 60 millions de pounds (le numéro deux est 20 millions derrière lui). Il y a fort à parier que le Cannes Debate de vendredi avec Al Gore qu’il animait annonce une collaboration non profit visant à redorer son blason…

Par ailleurs, Google a quasi doublé la surface de sa plage toujours aussi créative et festive, DJ et BBQ chaque midi, et quasi autant d’employés que de  festivaliers. Par contre, Microsoft se l’est joué plus intime et haut de gamme n’ouvrant ses portes qu’à l’international. Les équipes belges ont dû rester à Zaventem et on a eu beau appeler le PR de Microsoft Belgique pour obtenir des pass pour la soirée du mercredi celui-ci nous a répondu « Je ne suis pas au courant d’une soirée à Cannes, cela doit être un event local ».

Pour la première fois Facebook a eu sa plage, la plus proche du palais. Tout y était gratuit pour les détenteurs du pass d’accréditation. On ainsi pu voir le CEO d’une très grande agence média belge et probablement le plus gros client de Facebook Belgique s’y faire refuser l’entrée car il ne possédait pas le fameux césame! Comme quoi être ami dans la vraie vie et sur Facebook ce n’est pas la même chose… Allez, c’était la première année qu’ils faisaient des RP, cela ira mieux l’an prochain.
Heureusement l’hospitalité européenne n’est pas un vain mot. Havas brille toujours de mille feux dans son Havas café face au Grand Hôtel: Yannick Bolloré en personne, Christian de la Villehuchet  ou Hughes Rey n’y ont pas fait de la figuration et savent, eux, ce que RP veut dire.

Soirée de Belges ou journée belge ?
Quant aux Belges (300 et trop peu d’annonceurs ou de CEO), ils ont tous attendu vainement la soirée des Belges. Ils n’ont pas compris que pour renaitre il fallait d’abord mourir. Bonne décision de Thierry et Patrick de Brightfish donc que d’observer et d’humer Cannes pour leur première édition en tant qu’agent belge du festival. Ils nous ont donc reçu au Bar connect, lieu officiel du festival en présence l'emblématique CEO des Cannes lions, Philip Thomas, en pre-warming à l’Eurobest qui se tiendra en décembre à Anvers.  
Alors que RMB a cédé le flambeau à Brightfish, Yves tenait toujours table ouverte du Baoli Beach, chez Gaston et Gastounette en passant par Mougins. Il n’ a pas son pareil  pour mélanger les bonnes personnes et créer le contexte propice au développement du business. Media Marketing a annoncé la soirée belge des créatifs là où l’an dernier nous avions pu suivre les exploits des diables rouges. Quant à la bande à Hollander, elle  aurait bien aimé nous gratifier d’un BBQ  autour de la créativité liquide mais malheureusement l’économie de partage symbolisée par Uber fut quelque peu contrecarée par la confrérie médiéviale des  "vrais" taxi et ce rendez-vous n’a pu avoir lieu faute de moyen de locomotion pour gagner leur villa… Comme quoi, en dehors du Palais, l’économie traditionnelle et corporatiste a encore de beaux jours devant elle.

J’ai raté Monika Lewinsky et Kim Kardashian au profit de Sir Martin Sorrell et d’un déjeuner avec Yves. Désolé.
Enfin, il se murmure que l’an prochain une journée belge se prépare tournée vers les industries créatives mettant en avant nos talents créatifs dans la pub, les médias, la mode et le design, ainsi qu’un volet consacré à la Belgique comme marché test, thème cher à l’UBA. Un groupe de travail  (composé de Christian de la Villehuchet, Yves Gérard, Thierry Jourquin, Philippe Wallez et moi-même) profitera des chaleurs estivales pour y plancher avec la ferme volonté d’amener quelques CEO de grands annonceurs belges.
 
Il parait que le temps d’attention est passé de 12 à 8 secondes. Donc si vous avez lu cette chronique  jusqu’au bout c’est que vous êtes … prêts pour les Cannes Lions!

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