Nl
Close

CANNES LIONS 2015

Tom Berth : « Je n'ai jamais vécu une atmosphère si silencieuse sur un plateau »

Lundi 29 Juin 2015

Tom Berth : « Je n'ai jamais vécu une atmosphère si silencieuse sur un plateau »

Nous avons rencontré Tom Berth, Creative Director chez Publicis Brussels, au lendemain du Silver remporté dans la compétition Film avec la campagne "Audio Cartoons" pour Reporters Sans Frontières. Il nous parle du tournage de ces films et également des autres prix et shortlists remportés par son agence.

Un Silver Lion Campaign pour RSF après d’autres Lions, la semaine de Publicis s’est bien terminée, non ? Quels sont vos sentiments par rapport à l'édition 2015 des Cannes Lions ?
 
C’est vrai que c'est une semaine réussie. Nous sommes bien sûr contents avec le Silver en Film et le Bronze en Web Design (ALS - "Eyeclickdonation") bien-sûr. Mais nous sommes également satisfaits avec nos quatre shortlists, dont trois pour BNP Paribas Fortis. Ce n'est pas facile de faire des campagnes remarquables pour une banque : j'ai énormément de respect pour les "guts" et le caractère décisif de l'équipe marcom de BNPPF et pour ce que Czar et Koen Mortier ont réalisé ensemble avec nos équipes créatives. Quel plaisir de travailler avec des gens si talentueux !

Dans le cas de "Eyeclickdonation", je suis également content pour le team qui a bossé dur pour réaliser ce site. C'est incroyable ce que Marc Vander Heyden, Naïm Baddich, Alexandre Simionescu et les gens de Indianen Antwerpen ont fait.

Pouvez-vous nous en dire plus sur toute l’équipe qui a collaboré à ces films, sur leur naissance et leur réalisation ?

Le Silver pour RSF me donne un sentiment très bizarre… Surtout qu’on le gagne un jour après de nouveaux attentats de EI en Tunisie et à Lyon. Je suis triste… et en même temps un peu heureux que ces films, qui sont un soutien à Charlie Hebdo et aux proches des victimes, vont finalement être vus par un public plus large. La presse les a un peu négligés à l'époque - sauf RTL, Rudi Vranckx et quelques autres. 
 
Je suis aussi content pour les caricaturistes courageux qui, à un moment très difficile pour eux, n’ont pas hésité à venir en studio son pour décrire leur dessins : Ilah, Marec, Kim, Quirit, Kanar et Dubus. Les films n’existeraient pas sans Raygun et Adult. Ils n’ont pas hésité une seconde. Comme nous, ils étaient horrifiés et avaient le sentiment qu'il fallait faire quelque-chose… Et ils l'on fait. C’était un shoot très émotionnel. Un ou deux prises par "audio cartoon", les caricaturistes encore sous le choc avaient les larmes aux yeux. Après la première prise de Marec, Walter, le réalisateur, m'a regardé. Il n'y avait rien à dire, rien à ajouter… C’était tellement puissant. Je n'ai jamais vécu une atmosphère si silencieuse sur un plateau. Pourtant il y avait pas mal de monde dans le studio : Peter, Toon, Menno, Norman, Tatiana, Kim, Seb, Geert, moi... Mais tout le monde était très ému et silencieux : "You could hear a pen drop".

Jan Macken, qui siégeait dans le jury Film, nous a dit que vous n’étiez pas loin du Gold avec ces films…

C’est un honneur. Gagner, même être shortlisté dans la catégorie Film reste très difficile. Même avec toutes les nouvelles catégories qu’ils inventent chaque année, les Film Lions restent un peu la catégorie reine du Festival. Donc, ça fait plaisir. Surtout d’y être avec des films simples et sobres. Preuve s'il en est qu’il ne faut pas toujours avoir des grands budgets et des effets spéciaux pour toucher les gens.

Archive / CANNES LIONS 2015