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Tecteo rebat les cartes de la presse quotidienne francophone

Samedi 19 Octobre 2013


Tecteo rebat les cartes de la presse quotidienne francophone
Corelio et le groupe Tecteo dirigé par Stéphane Moreau (photo) ont signé le 6 septembre un accord de principe portant sur la reprise des Editions de l’Avenir et de Proximag (le pôle PRG du groupe). Outre 100% de ces deux sociétés, Tecteo reprend également les parts de Corelio dans Press Banking (16,7%), Copiepresse (14,87%), Belga (9,96%) et la scrl Journaux Francophones Belges (14%). Idem en ce qui concerne les 8,33% détenus par les Editions de l’Avenir dans Scripta - aux côtés d’IPM (33,33%), Concentra (33,33%) et Corelio (25%). En revanche, Corelio conserve ses 50% dans Nostalgie SA (aux côtés de NRJ Group) et, surtout, ses 16,34% dans Audiopresse, société holding qui détient 34% de RTL Belgium. 

On dit que la transaction s'élèverait à 26 millions d'euros - un chiffre cependant démenti par un proche du dossier - et que toute l’affaire aurait été bouclée en une dizaine de jours à peine. Parallèlement, Tecteo et la famille le Hodey, propriétaire d’IPM, ont confirmé ce que tout le monde savait : à savoir qu’ils étaient en négociation… Celles-ci  prennent désormais une nouvelle tournure : d’une ‘‘simple’’ prise de participation de Tecteo dans IPM, elles visent désormais la création d’un pôle média francophone « qui rassemblerait  IPM Group et les Editions de l’Avenir dans une entité commune ».

Corelio poursuivra l’impression et la régie de L’Avenir

Evoquant la reprise du groupe de presse namurois, Pol Heyse, CFO de Tecteo, a déclaré que ce rachat s'inscrivait dans une stratégie à long terme visant à « renforcer le contenu médiatique offert aux clients et à créer un nouveau modèle économique pour la presse quotidienne payante. » De son côté, Luc Missorten, CEO de Corelio, se dit « persuadé que ce transfert offrira de nouvelles opportunités pour une implémentation accélérée de la stratégie numérique de L'Avenir en Communauté française ». 

Les syndicats des Editions de l’Avenir ont pour leur part précisé que les journaux du groupe continueraient à être imprimés par Corelio et que tous les services, dont la régie publicitaire, fournis par l’ancien propriétaire à L’Avenir et Proximag seront maintenus, avec le personnel qui y travaille. Les syndicats ont également expliqué que Tecteo s’était engagé « à respecter la ligne éditoriale ainsi que l’indépendance rédactionnelle de notre journal », évoquant « une autonomie de gestion intacte ».

L’ombre du PS et l'indépendance de la presse

En attendant, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la stratégie poursuivie par Tecteo et son dirigeant Stéphane Moreau ; d’autres fustigent le manque de transparence du groupe, la manière dont le contrôle public s’y exerce, voire la mainmise du PS. « C’est interpellant », déclare l’Ecolo Stéphane Hazée dans Le Soir. « Dans une opération comme celle-là, quel est encore l’intérêt communal qui doit fonder l’action d’une intercommunale ? ». Au MR - pourtant représenté dans le bureau exécutif de Tecteo avec trois représentants, au même titre que le PS (3) et le CDH (2) - le président Charles-Michel a dénoncé « la totale opacité du rachat » et évoqué une « berlusconisation de la Wallonie ». 

De son côté, sur le plateau de l’émission Controverse (RTL-TVI), Bernard Marchant, CEO de Rossel, a souligné qu’en Belgique et en Europe, aucun organe de presse n’a jamais appartenu à un pouvoir public. Marchant a en outre plaidé pour une régulation de la presse : « L'énergie est régulée, l'audiovisuel est régulé, mais la presse ne l'a jamais été. Il n'y a que des opérateurs privés dans la presse. Elle est censée jouer un rôle de contre-pouvoir dans une démocratie normale. » Lors de la même émission, Stéphane Moreau a pour sa part déploré que toutes les rédactions du groupe Rossel se soient inquiétées de l'indépendance de la presse, alors que « tout le groupe concerné par l'opération se félicite plutôt de voir sa pérennité financière assurée ». Il a également rappelé que Rossel avait lui aussi déposé une offre pour le rachat de L'Avenir: « Je ne sais pas si la garantie d'indépendance serait plus forte si trois quarts de la presse francophone étaient aux mains d'une seule famille », a ajouté Moreau. 

A ce propos, en juillet dernier, et dans le cadre d’un dossier consacré au Groupe Rossel à paraître dans notre magazine trimestriel de septembre, nous avons longuement interrogé le CEO du groupe, notamment sur le devenir de L’Avenir à l’aune du rapprochement entre Corelio et Concentra, et sur d’éventuelles velléités de rachat. Preuve que les choses ont rapidement évolué, à l’époque, Bernard Marchant nous répondait ceci : « Nous, nous pouvons aussi développer des synergies et travailler sans liens capitalistes. L’Avenir est un journal assez différent de Sudpresse, ce n’est pas la même génétique. Il y a des combinaisons possibles, il y a des aspects industriels, il y a toutes des choses à faire mais éditorialement, ce sont des journaux avec des ADN très différents, même si complémentaires. Et Rossel n’a pas l’habitude de fusionner les titres. »

Pour rappel, le groupe Tecteo est actif dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications en Wallonie et à Bruxelles, au travers de quatre marques : Resa - gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz en Province de Liège -, l’opérateur telco VOO, Tecteo Invest, qui rassemble les participations financières dans d’autres sociétés à vocation énergétique et technologique, et Tecteo Energy, dédiée au développement de projets dans les énergies renouvelables. Le groupe emploie 2.000 personnes et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires consolidé de 570,9 millions d’euros. Tecteo est majoritairement détenu par la Province de Liège (61%) et les communes wallonnes (38,4%). Le groupe collabore déjà avec IPM au travers de la radio Twizz, qui vient d’être rebaptisée DH Radio et dans laquelle Tecteo détient 40%.

Un Yalta de la PQ belge

Outre les défis que l’on connaît et qui mobilisent l’ensemble du secteur, ces mouvements qui affectent le devenir des deux groupes concurrents de Rossel et celui de la presse quotidienne belge en général, trouvent leur origine dans la réorganisation en cours chez IPM et Corelio.

Chez IPM, il semble que certains membres de la famille le Hodey veillent vendre leurs parts ; il y a quelques mois, François le Hodey, CEO du groupe, nous confiait sa volonté de s’adosser à un partenaire pour poursuivre le développement et la diversification de son groupe. Les négociations avec Tecteo ont débuté il y a plusieurs mois. D’aucuns disent que les atermoiements des le Hodey, dont on sait l’art à faire durer les négociations, ont poussé Tecteo à d’abord jeter son dévolu sur les Editions de l’Avenir, histoire de mettre la pression sur IPM. François le Hodey évoque plutôt une réflexion menée parallèlement aux négociations avec Tecteo « sur l’opportunité de travailler sur une consolidation du marché de la presse ». Et d’ajouter : « Cette réflexion a été précipitée par une offre de Rossel pour acquérir l’Avenir, ce qui aurait débouché sur une consolidation de la presse régionale avec de graves problèmes d’équilibre concurrentiel. Tecteo a donc dû prendre cette initiative d’acquisition. »

La cession de L’Avenir par Corelio est quant à elle liée à la volonté du groupe de rapprocher ses activités de celles de Concentra pour se concentrer sur le marché flamand au travers de la mise en place de Het Mediahuis, officialisée en juin dernier. Un dossier sur lequel - entre parenthèse - l'auditorat de l'autorité belge de la concurrence vient d’émettre de « sérieux doutes », demandant au Collège de la concurrence de poursuivre l'enquête en profondeur… Par ailleurs, on rappellera que Corelio a récemment investi sept millions d’euros dans l’augmentation de capital de De Vijver Media, dont il est co-actionnaire avec Sanoma et Woestijnvis… Le besoin d’argent frais se faisait donc sentir. Sachant enfin qu’en 2012, Corelio a terminé l’année par un résultat net négatif de 3,9 millions pour un chiffre d’affaires de 370 millions (-4,6%).

A terme et en résumé, la reprise des Editions de l’Avenir et les négociations en cours avec IPM pourraient donc déboucher sur un Yalta de la presse quotidienne belge avec d’un côté, un axe Rossel-De Persgroep et de l’autre, un axe IPM/Tecteo-Corelio.

 

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