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Les ambitions de Kickstarter : construire un monde plus créatif

Jeudi 5 Octobre 2017


Les ambitions de Kickstarter : construire un monde plus créatif
Présente en Belgique depuis deux ans, la plateforme de crowdfunding américaine a réuni depuis sa création en 2009 près de 13 millions de personnes qui sont engagées à hauteur de 3,2 milliards de dollars, permettant de financer intégralement plus de 130.000 projets à ce jour. Rencontre avec l'un de son CEO, Yancey Strickler.
 
Au printemps 2015, alors que le tout Hollywood effectuait sa traditionnelle migration pour rallier le Festival du film de Cannes, deux réalisateurs chevronnés, Brad Bird et Cameron Crowe, entendaient bien monopoliser l’attention générale avec leurs productions respectives, "Tomorrowland" et "Aloha". Espoirs déçus, car c’est l’œuvre d’un nouveau venu qui allait leur voler la vedette. "Kung Fury", film truffé de références aux arts martiaux, avait tout d’une expérience. Un film sorti de l’imagination du Suédois David Sandberg, pratiquement dépourvu de moyens, qui n’avait jamais réalisé de film jusqu’alors, et qui cumulait de surcroît les fonctions de réalisateur et de personnage principal. A l’inverse des superproductions de Bird et Crowe, qui s’appuyaient sur des castings étincelants et des budgets de plusieurs millions de dollars, "Kung Fury" avait vu le jour à partir d’une campagne de crowdfunding sur Kickstarter.

Pour Yancey Strickler, CEO et co-fondateur de Kickstarter, cette histoire illustre à merveille ce que la plateforme de crowdfunding permet de réaliser.  « Le jour même où ces poids lourds de Hollywood débarquent avec leurs superproductions, ce Suédois sorti de nulle part réalise tout seul un film qui devient LE film incontournable à Cannes », raconte-t-il. « Nous sommes là pour aider ces outsiders, permettre aux gens d’être autonomes et potentiellement leur offrir la possibilité de prendre la main, pour un long moment. »

La campagne, à l’origine d’un véritable effet boule de neige, avait été un succès sans égal et suscité un intérêt exponentiel pour le film. Des dizaines de milliers de fans avaient afflué pour financer ce qui était décrit comme une « comédie d'action délirante, mettant en scène des robots de jeux vidéo, des dinosaures, des nazis, des vikings, des dieux nordiques, des mutants et un flic super kung fu appelé Kung Fury, le tout emballé dans une aventure pleine d'action, dans le style des années 80 ». En l’espace d’un mois, Sandberg avait récolté plus de 630.000 dollars. Un an plus tard, il était devenu une star à Cannes.

Strickler se souvient de l’excitation ressentie en découvrant la bande-annonce de "Kung Fury" et du succès rencontré par celle-ci auprès de la communauté d’investisseurs de Kickstarter. « Il suffisait de la visionner pour éprouver une sensation de jamais vu, avoir le sentiment de contempler quelque chose de totalement neuf. »
 
Soutenir la création
 
Assis dans un coin tranquille d'un hôtel Shoreditch, loin des douzaines de personnes accrochées à leurs ordinateurs portables Apple, Strickler profite d’un cappuccino et d'un green juice. Il porte une chemise écossaise verte et des lunettes épaisses à bords plastifiés.  Il explique à quel point cet exemple reflète la volonté de Kickstarter d’encourager les artistes indépendants à "briser le monopole" dont jouissent les grands studios en matière de production culturelle. « Notre raison d’être est de soutenir les personnes créatives et de les aider à concrétiser leurs idées », dit-il.

Strickler a co-fondé Kickstarter en 2009 avec deux amis, et l’objectif de financer les idées d’artistes et de personnes innovantes. Tous trois avaient un passé dans le domaine de la création et donc une motivation évidente pour lancer la plateforme. Strickler était journaliste spécialisé dans le domaine musical, Perry Chen un artiste et Charles Adler un designer graphique. En contrepartie du financement, les bailleurs de fonds recevraient des avantages tels qu'une version personnalisée d'un produit, un rôle dans un film... Tandis que Kickstarter, s’octroyait une part du financement - en l’occurrence 5%.
La plateforme a été bénéficiaire dès sa deuxième année d’existence. Huit ans après ses débuts, elle a franchi une nouvelle étape en atteignant le chiffre de trois milliards de dollars de financement. A ce jour, plus de 130.000 projets ont été financés par 12,8 millions d’utilisateurs.

Kickstarter n’a pas été coulée dans le même moule que la plupart des start-ups de la Silicon Valley. L’objectif final des cofondateurs n’a jamais été d’amasser des sommes faramineuses. « Nous savions que pour avoir la meilleure des plateformes nous ne devions pas l’exploiter avec l’idée de devenir aussi riches que possible. Nous n’étions pas motivés par l’argent et nous n’avions pas l’intention d’emprunter cette voie », raconte Strickler. « Nous avons toujours été animés par l’idée de ne jamais vendre et de ne jamais entrer en Bourse. »
 
A la manière des Médicis
 
L’apport de Kickstarter pour les créateurs est évident : tant que leur idée intéresse la communauté, ils peuvent trouver les moyens de la faire vivre sans grand risque. Mais les bénéfices sont moins évidents pour les bailleurs de fonds. Strickler admet que leur retour sur investissement n’est pas particulièrement élevé, et que la principale motivation est le sentiment de faire partie du projet.

Une éthique très proche de celle qui sous-tend le fonctionnement de l’entreprise. Il décrit les petits investisseurs comme les « mini Médicis d’aujourd’hui », référant aux célèbres banquiers italiens qui faisaient également partie des grands mécènes de la Renaissance. « Ni le Pape, ni le Roi, mais simplement des gens qui ont un travail quotidien et agissent en même temps comme bienfaiteurs bénévoles pour des gens qui apportent des idées nouvelles », souligne-t-il.

Kickstarter et ses rivaux Indiegogo et GoFundMe ont fait leur apparition à bref intervalle à la fin des années 2000, ouvrant un nouveau chapitre de l’histoire du crowdfunding. Cela se passait peu de temps après le début de la crise financière, et alors que les sources de financement auxquelles s’abreuvaient traditionnellement les jeunes pousses et les projets créatifs s’étaient considérablement asséchées. Cherchant des moyens de maintenir l’innovation à flots, les trois plateformes avaient puisé leur inspiration dans une méthode de financement à laquelle le secteur artistique avait eu recours pendant des siècles : demander au public de les aider en échange d’une contrepartie non-commerciale.

En 1885, le célèbre patron de presse, Joseph Pulitzer, avait lancé l’une des premiers grands appels au public pour le financement du socle en granit de la Statue de la liberté. Les Etats-Unis s’avérant incapables d’assurer les travaux eux-mêmes, Pulitzer avait placé une annonce dans son journal, The New York World, pour appeler les lecteurs à l’aide. Plus de 160.000 donateurs, des balayeurs de rue aux politiciens, avaient répondu à l’appel et apporté la somme requise de 101.091 dollars (l’équivalent de 2,4 millions aujourd’hui). Ils font désormais partie de l’histoire de la statue la plus symbolique de la ville.

Au départ, les fondateurs imaginaient que les donateurs allaient soutenir des projets initiés par des personnes qu’ils connaissaient déjà, comme par exemple un musicien apprécié à travers son premier album. Mais au fil du temps, le site a développé une communauté d’enthousiastes qui le visitent quotidiennement en quête d’idées neuves à soutenir. Plus de la moitié de l’argent engagé chaque jour provient d’investisseurs récidivistes. « Ils sont enthousiastes. Il s’agit de gens excités à l’idée de collaborer au lancement d’une nouvelle idée. Ils trouvent très positif de jouer un rôle », souligne Strickler. La mise la plus courante est de 25 dollars, et les projets qui retiennent le plus l’attention sont ceux dédiés aux nouvelles technologies et aux jeux de plateau. Strickler lui-même a consacré des dizaines de milliers de dollars au soutien de plus de 2.000 projets. Il pense figurer à la quinzième place d’un classement où l’on trouve des personnes ayant investi plus de 100.000 dollars.
 
Un business ancré dans les nouvelles technologies
 
La passion de Strickler et l’histoire du crowdfunding indiquent à quel point la plateforme peut aider à dynamiser les arts. Mais au 21ème siècle, une autre industrie est aussi devenue l’un des grands bénéficiaires de ce phénomène. Kickstarter est probablement plus renommée pour sa contribution au lancement de produits liés aux nouvelles technologies.
Exemple des plus notables, en 2012, Palmer Luckey a lancé le casque de réalité virtuelle Oculus Rift via une campagne qui avait permis de recueillir 2,4 millions de dollars auprès de 9.522 bailleurs de fonds. Luckey avait alors à peine 19 ans et l'argent l'avait aidé à transformer le prototype qu'il avait construit dans le garage de ses parents en casque d'écoute de pointe, désormais propriété de Facebook.

La première smartwatch de Pebble a également commencé sa vie sur la plateforme. Au cours de l’année du lancement de l’Oculus Rift, Pebble récoltait un financement de près de 10,3 millions de dollars auprès de 68.929 bailleurs de fonds de Kickstarter. De la même manière, la société, récemment vendue à Fitbit, a recueilli près de 33,2 millions de dollars pour ses montres Time et Time 2.

Ces succès engendrés par Kickstarter ne peuvent masquer plusieurs flops majeurs qui ont quelque peu allégé les poches de donateurs désappointés. L’un des cas les plus notoires est celui du drone de poche Zano, qui, aux dires des initiateurs, allait pouvoir être connecté aux smartphones, et permettre ainsi aux images et vidéos prises d’être facilement partagées en ligne. Torquing Group avait recueilli plus de 3 millions de dollars auprès de 12.075 personnes, avant d’échouer dans la création du produit et de faire faillite. Kickstarter avait embauché un journaliste d'investigation pour découvrir ce qui avait mal tourné.
« Si l’objectif est de créer un système sans faille, vous vous retrouvez avec un organisme plus conservateur qu’une banque, ce qui est totalement contre-productif », souligne Strickler. Kickstarter estime que 40% des projets sont considérés comme propices au financement et qu’environ 9% d’entre eux connaissent l’échec. Le problème est en partie dû au fait que les investisseurs sont plutôt des amateurs et que les vérifications préalables peuvent s’avérer difficiles. Mais Strickler précise également que le service n'a jamais été conçu pour être complètement infaillible. « Nous avons été très transparents à ce sujet, en envisageant dès le départ la possibilité de l’échec », dit-il. Cette notion d’échec est intégrée dans le business model de Kickstarter, qui privilégie la créativité avant le retour sur investissement.
 
Un groupement d'intérêt public
 
En 2015, quelques mois seulement après le lancement de "Kung Fury", l'entreprise a été transformée en "public benefit corporation" (PBC), que l’on pourrait traduire par "groupement d’intérêt public", une forme de société à but lucratif dont l’objectif ne consiste pas à maximiser les profits des actionnaires.

Dans l’énoncé des missions de Kickstarter, figurent la défense des droits des artistes, la promotion de l’éducation artistique et musicale et celle de l’égalité. Pour Strickler, l’accès à des offres de financement indépendantes n’a jamais été plus important. « Le futur du financement artistique aux Etats-Unis et au Royaume Uni est vraiment remis en question. Il n’est pas difficile pour moi de constater à quel point la tendance a été inversée. Nous passons beaucoup plus rapidement qu’on ne l’imagine d’une société d’abondance culturelle à une véritable pénurie dans ce domaine », ajoute-t-il. Dans un monde où Donald Trump est Président des Etats-Unis, la créativité et l’innovation sont beaucoup plus menacées qu’elles ne l’ont été au début de la crise financière.
 
Cara McGoogan (The Telegraph/The Interview People)



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